Conseil de la fédération

Conseil des bouffons à Moncton

Maintenant, ne me dites surtout pas que c'est à cause des vacances, comment se fait-il que je n'aie rien entendu sur la position des deux partis d'opposition à Québec par rapport à cette question névralgique de transport interprovincial d'énergie?

Tribune libre - 2007

Dans [Le Devoir de ce matin->8108], j'ai lu que le pétillant premier ministre de
Terre-Neuve, M. Danny Williams, a invité ses collègues des autres provinces
à soutenir l'Alberta, en ce sens qu'ils ne doivent pas tenter de sauver la
planète au détriment de l'Alberta et de sa propre province, tant qu'à y
être. Gonflé à bloc par les pétrodollars et les gazodollars que sa
province reçoit déjà et ceux qu'il espère reprendre d'Ottawa, M. Williams a
ajouté la petite perle désintéressée qui suit: en regard des émissions de
gaz à effet de serre et du protocole de Kyoto, il a déclaré qu'il faut
offrir plus de souplesse à l'Alberta qui traverse - tenez-vous bien - des
temps difficiles.
Pour passer à un autre bouffon s'illustrant avec moins d'éclat à ce forum
provincial de Moncton, Jean Charest, l'air fatigué et un peu défrisé,
celui-là même qui avait misé tellement sur son concept du Conseil de la
fédération, ayant aussi beaucoup surestimé ses capacités d'exercer un
leadership positif auprès des autres provinces pour aboutir à sa fantaisie
de fédéralisme d'ouverture pour la nation annexée du Québec, Charest a
tenté de marquer des points auprès de son électorat - québécois dois-je
préciser ici - en proposant quelque chose qui aurait ressemblé à un
amendement constitutionnel, une hypothétique reconnaissance de la nation du
Québec dans ce fameux Canada uni, à être incluse dans la mythique
constitution canadienne, éventuellement...
Va sans dire que sa proposition a rencontré l'indifférence, voire la
froideur de ses collègues et elle n'est même pas apparue à "l'ordure du
jour" de cette si fraternelle réunion de canadians.
Également, et c'est là un strict minimum à exiger, M. Charest s'est
positionnné contre une intrusion potentielle ou éventuelle du fédéral dans
le champ du transport hydroélectrique réservé jusqu'à maintenant uniquement
aux provinces. M. Charest s'est prononcé contre l'alliance de l'Ontario et
de Terre-Neuve qui cherchent l'aide bienveillante d'Ottawa pour faciliter
le transport d'électricité entre ces deux provinces, et ce, sans avoir le
désagrément d'avoir Hydro-Québec leur jouer entre les pattes.
Il faut comprendre que pour faire plus écolo et plus vert, la très riche
et puissante Ontario doit disposer de l'électricité à bon marché du
Labrador pour faire disparaître quelques centrales au charbon du paysage de
sa grise province. Le bouffon en chef de cette province, le discret Dalton
McGuinty, encourage ouvertement le gouvernement fédéral d'investir dans une
infrastrusture permettant le transport d'électricité du territoire du
Labrador vers sa province.
Maintenant, ne me dites surtout pas que c'est à cause des vacances,
comment se fait-il que je n'aie rien entendu sur la position des deux partis d'opposition à Québec par rapport à cette question névralgique de transport interprovincial d'énergie?
Gros vide à combler...
Le PI va voir le jour bientôt. En tant que militant en attente de ce
parti à venir, j'aimerais savoir comment on se positionnerait par rapport à
cette problématique de transport interprovincial d'électricité dans la
perspective d'un Québec - économiquement et culturellement - indépendant?
Sur le plan personnel, ma lecture de l'histoire me fait pencher vers la
position suivante: à savoir qu'à l'avènement d'un Québec indépendant - si
jamais ça se réalisait et j'ai le droit bien intime d'y rêver - le Labrador
devrait être revendiqué et/ou réintégré à ce que fut le Bas-Canada, soit
le Québec d'aujourd'hui.
Un petit rappel, une étroite bande côtière, nommée le Labrador, avait été
cédée à Terre-Neuve en 1809 par Londres. Avant ça, en 1791, au moment de
la partition du bas et du haut Canada, le Labrador faisait partie du
Bas-Canada. En 1927, nos tuteurs du conseil privé de Londres attribuèrent
le territoire du Labrador à Terre Neuve, province britannique qui n'était
pas encore annexée au Canada. Plus tard, en 1949, les frontières modernes
du Labrador furent reconnues par le gouvernement du très superstitieux
William Lyon Mackenzie King.
Certains d'entre vous diront qu'avec la faiblesse actuelle du mouvement
indépendantiste, pourquoi ramener cette vieille histoire du Labrador sur le
tapis du débat sur l'indépendance du Québec? Pourquoi pas?
Daniel Sénéchal

Montréal
-- Envoi via le site Vigile.net (http://www.vigile.net/) --


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1 commentaire

  • Archives de Vigile Répondre

    11 août 2007

    Bravo monsieur Sénéchal pour votre intervention. Au fait, bienvenue au PI!
    Effectivement la question du Labrador n'a jamais été réglée et aucun premier ministre du Québec jusqu'à aujourd'hui n'a reconnu ce découpage arbitraire du territoire québécois.
    Oui, le Labrador est québécois et sachez que votre humble serviteur,pour paraphraser René Lévesque, a l'intention d'en faire un cheval de bataille au sein du nouveau Parti Inpendantiste.Il faut réparer cette pure écoeuranterie de l'histoire.