Un collège accusé de contribuer à l'anglicisation du milieu de l'aéronautique

PQ et bilinguisme

Un programme de maintenance d'aéronefs en anglais au Collège Édouard-Montpetit contribuerait à l'anglicisation d'un milieu de travail où le français peine déjà à s'imposer, ont clamé en choeur des représentants des syndicats ainsi que des mouvements pour la défense du français.
Le conseil d'administration du Collège Édouard-Montpetit (CEM) se prononcera ce soir sur l'ouverture en septembre 2008 d'un programme offert exclusivement en anglais à son campus de l'École nationale d'aérotechnique. La communauté du collège s'est mobilisée contre le projet, réprouvé par la commission des études de l'établissement.
«Nous n'avons pas à voir la mission d'un établissement d'enseignement supérieur modifiée pour contribuer à l'assimilation, à l'érosion culturelle et travailler à l'anglicisation des milieux de travail», s'est exclamé le président d'Impératif français, Jean-Paul Perreault, accompagné par ses collègues du Mouvement Montréal français et de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal.
La coalition s'inquiète de voir l'anglais s'immiscer dans un domaine où il est déjà difficile d'enseigner en français, vu la rareté de la documentation technique en français. «C'est un combat d'enseigner en français dans certains programmes techniques», fait valoir le président de la Fédération nationale des enseignants, Ronald Cameron.
Ce n'est pas d'hier que la direction du CEM caresse le projet d'offrir certains programmes techniques en anglais. Dans son plan d'action stratégique 2006-2011, le CEM proposait d'offrir tous ses programmes d'aérotechnique en anglais ainsi que celui de technique d'orthèse visuelle.
Pour le moment, la direction est allée de l'avant seulement avec le programme de maintenance d'aéronefs. Seuls huit postulants ont manifesté leur intérêt pour septembre prochain. Le CEM a donc reporté l'ouverture à septembre 2008, ce qui a incité six des huit inscrits à opter pour le programme français.
Soulignant qu'il y avait d'importants efforts à faire pour que le français soit bel et bien la langue commune de travail, la vice-présidente de la CSN, Denise Boucher, a déploré le manque de leadership du gouvernement et a invité les partis d'opposition à appuyer la coalition.
Le directeur général du Collège, Serge Brasset, souligne que l'abandon du programme en question par le cégep anglophone John-Abbott forcera les étudiants anglophones intéressés par la maintenance d'aéronefs à s'expatrier en Ontario, si le CEM ne prend pas la relève. Jusqu'à l'an dernier, le collège John-Abbott offrait les deux premières années dudit programme en anglais et la dernière année était dispensée au CEM, en français. Il écarte l'idée de permettre aux anglophones d'effectuer leur formation générale dans un cégep anglophone et de suivre leurs cours techniques en français, comme c'était auparavant le cas pour la troisième année. «Ce ne sont pas des conditions gagnantes pour la réussite. Ils vont se franciser par la vie étudiante», indique M. Brasset.
Si le conseil d'administration décide d'aller de l'avant avec le programme ce soir, il apparaît évident que le ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, donnera son aval. «Si on ne le permettait pas, les anglophones ne pourraient plus suivre cette formation au Québec. La préoccupation d'accessibilité va peser dans la balance», explique son attaché de presse, Jean-Pascal Bernier.


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