Quel méchant mot : Athée !!

Tribune libre 2008


On a déjà dit que le ridicule ne tue pas. L’hypocrisie non plus
semble-t-il. Peut-être que le ministère préfèrerait le mot agnostique ?
Certaines personnes croient à un dieu quelconque, une entité mythique, un
dieu personnage à grande barbe ou non. C’est tout à fait leur droit.
D’autres n’y croient pas. C’est aussi leur droit. Comment se fait-il que le
gouvernement Charest pousse la frilosité, l’hypocrisie jusqu’à bannir ce
mot qu’ils ne sauraient voir ?
Toutes les religions théistes, celles qui croient à un dieu, ont, dans le
passé et même présentement, commis les pires exactions pour forcer les
populations à croire en leur dieu, parce que c’était, bien sûr, le seul
vrai ! Actuellement les islamistes massacrent à qui mieux mieux les
mécréants (nous, les autres) dans le même style que l’Église catholique au
Moyen-âge. Ils se massacrent même entre eux. Comment ne pas parler des
tueries entre catholiques et protestants qui ont eu lieu il n’y a pas si
longtemps, en Irlande. Les exemples de telles déviations sont légion dans
l’Histoire.
Le Bouddhisme, qui n’est pas une religion comme telle mais bien un mode de
vie suggéré par le Bouddha, n’a jamais connu ces guerres de religion. C’est
un peu comme si je vous disais : « je vais te tuer parce que tu pratiques
le Yoga » Ça n’a pas de sens. Le Bouddha ne se prétendait pas un dieu,
c’était un homme éclairé et dans son enseignement, il n’a jamais parlé non
plus d’un quelconque dieu. Ce qui voudrait dire que les bouddhistes sont
des athées, des agnostiques. Comme le Christ, le Bouddha a parlé d’Amour,
de Pardon, de rendre le bien pour le mal etc. Cela n’a pas suscité de
guerre.
Donc si l’on suit une certaine logique, le gouvernement Charest devrait
aussi bannir le mot Bouddhisme puisque il est fondamentalement athée. Quand
les bouddhistes se prosternent devant une statue du Bouddha, ils n’ «
adorent » évidemment pas une statue mais c’est une marque de respect pour
les extraordinaires enseignements que le Bouddha a laissé. (quand j’étais
petit, les catholiques me disaient que les boudhistes étaient des païens,
il adoraient des idoles ! Quelle ignorance !) Ceux du Christ ou de Mahomet
sont aussi pleins de sagesse mais c’est sur la notion d’un dieu que les
hommes ont buté. Le mien c’est le vrai ! Si ce n’était des horreurs que
cela a suscité, ce serait risible : mon père est plus fort que le tien !
Il y a aussi un point important, le pouvoir. Une religion (qui relie les
fidèles à croire à un seul dieu) qui devient puissante de par le nombre de
ses adeptes, a une forte tendance à accumuler richesses et pouvoir. Ça
devient politique. Souvenons-nous de la religion catholique au Québec, de
l’Islam dans les pays arabes, au Moyen-Orient, en Afrique du nord. Une
religion d’état devient presque invariablement intolérante.
Alors ceux, qui ont décidé qu’ils ne voulaient plus s’inféoder à un dieu
organisé, ou ceux qui ont entrepris des démarches spirituelles
personnelles, (la spiritualité devrait toujours être une décision et une
démarche personnelle) n’ont pas de droit de cité, parce qu’ils sont athées,
des méchants dignes des souffrances et du feu de l’enfer du Dieu d’Amour
selon les catholiques et les islamistes.
C’est de l’ignorance, de l’hypocrisie ou de la lâcheté ? Si je travaillais
au ministère de l’Éducation j’aurais honte de telles aberrations. Ça c’est
typiquement du « p’tit canadien-français » peureux à la Charest.
Ivan Parent
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Ivan Parent403 articles

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Pianiste pendant une trentaine d'années, j'ai commencé
à temps partiel d'abord à faire du film industriel, de la vidéo et j'ai
fondé ma compagnie "Les Productions du LOTUS" Les détails seront visibles sur mon site web.
Site web : prolotus.net





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6 commentaires

  • David Poulin-Litvak Répondre

    2 mai 2008

    Vous m'excuserez, M. Parent, tout d'abord d'avoir signé par mes initiales, DPL, pour David Poulin-Litvak. Cela n'avait pas un but d'anonymat, mais je suis parfois un peu lâche... surtout dans les commentaires.
    Tout d’abord, je crois que certaines précisions s’imposent. Dire que le Bouddha était un athée, c’est peut-être défendable, mais je ne crois pas que le concept, exactement existait dans son temps ! Après tout, c’est un concept plutôt occidental, pour ne pas dire du monde chrétien. Bien sûr, certains occidentalisés comme Nehru ont pu se réclamer de ce qualificatif. Mais cette idée, de s’opposer au fondement de la religiosité monothéiste, le plus simplement du monde, en s’opposant à l’idée centrale, Dieu, elle, eh bien, par définition, s’ancre en monde monothéiste, plus particulièrement dans le monde chrétien. Je la vois donc comme la réaction de l’adolescent, typifiée, qui atteint ses sommets, si l’on veut, chez Nietzsche, qui se révolte contre ses parents, comme doit le faire, notons-le, l’adolescent pour s’émanciper et parvenir à l’âge adulte. Disons-le ainsi : il avait un grand complexe d’Œdipe, cet homme, il prenait sur lui tout le complexe d’Œdipe du monde chrétien !
    J’aimerais donc préciser que, pour moi, l’athéisme est une position supérieure, en bien des points, à la croyance littéraliste, que je qualifie, non sans risquer de provoquer quelques scandales de plus, d’enfance spirituelle. L’enfant suit aveuglément ses parent, l’adolescent se révolte, l’adulte, lui, assume, si on veut, sa divinité. Il déclare, comme al-Hallâj, anâ al-Haqq. Je suis le Vrai (l’un des noms d’Allah dans l’Islâm). Il affirme, moins flamboyant, comme Jésus : « Mon père et moi sommes un. » Nietzsche a fini dans un asile, al-Hallâj, décapité.
    Le baby-boom, au Québec, je le soutiens, c’est un peu ça, une grosse passe d’adolescence sociétale, politiquement, peut-être, typifiée par René Lévesque, M. Je veux sortir du Canada, mais garder un pied dans la maison familiale. Dans le domaine signifiant (j’utilise ce terme pour englober, religion, philosophie, idéologie signifiante, spiritualité, ce qui donne sens à la vie), le Québec a connu un éclatement, les uns sont allés vers l’athéisme, le laïcisme militant, d’autres, eux, vers le New Age, ou les religions orientales, d’autres vers les OVNIs, et je ne sais quoi. Mais, ce qui est clair, c’est qu’il y a un éclatement, typique de l’adolescence, un manque de cohésion, qui illustre bien qu’il s’agit d’une phase de transition, qui, espérons-le, sera suivie par une recomposition.
    Cette recomposition ne saurait, en ce sens, revenir sur l’apport de l’athéisme, l’esprit critique, mais elle pourra chercher à relire le religieux sous un autre angle, et, pour ce faire, eh bien, justement, il devra être critique, mais pas seulement de manière destructive, ce qui a déjà été fait, aussi plus de manière reconstructive. Évidemment, je suis conscient ici que je ferai peur à certaines personnes, qui ne veulent pas que rien ne soit reconstruit. Pour eux l’idéal, comme les gogauche de la pensée signifiante, c’est d’en rester au non sens du littéralisme religieux. D’accord, d’accord, les ados, mais cela ne m’empêchera pas de chercher à reconstruire, relire la pensée religieuse, pour la re-synthétiser, la reconstruire, la refondre, pour qu’elle soit à la hauteur de l’avenir, et non pas seulement un fossoyage du passé.
    Ne vous en faites pas, je suis aussi pour que l’on discute de l’athéisme, de la pensée scientifique, de la laïcité idéologique, dans les cours de je ne sais quoi qu’il faille réformer. Il est impossible de comprendre l’Occident sans comprendre la pensée scientifique, ses ramifications jusque dans le domaine signifiant, puis ses interactions originelles dans le monde chrétien, et les recompositions qui ont suivies. Pour moi, c’est ça qui manque au programme du pseudo-gouvernement, et ne vous en faites pas, le mot athée y figurera, avec tous les gros noms que vous mentionnez, car ils sont les Pères de l’Occident. Il faut bien comprendre que cet héritage, car ç’en est un, il faut non seulement le valoriser, mais aussi chercher à le comprendre, dans son cadre historique, et la transmettre, sans quoi la fibre de l’occidentalité signifiante moderne, n’est rien. Je ne suis pas de ceux qui veulent faire un cours de je ne sais qui à leur image, les laïcs militants, en biffant tout, les chrétiens réactionnaires, en revenant au catéchisme, les multiculturalistes, en se prosternant devant le relativisme, etc.
    Plutôt, je crois qu’il faille comprendre que toutes ces pensées ne sont pas si circonscrites que l’on le croit, elles s’articulent entre elles, et forment partie de la pensée occidentale moderne. L’athéisme répond au littéralisme, la recherche ailleurs, elle, tout comme le repli, sont des réactions à l’anomie de l’effondrement de sens interne. Ce sont ces articulations, un peu complexes, parce que la transition n’est pas achevée, la recomposition n’est pas faite, qu’il faille expliquer. Il faut arrêter de se faire le prêtre de ci et de ça pour tenter de voir le big picture, et brosser le portrait de cela, avec ses questionnements, ces « je ne sais pas », et ses folies, ces « je suis sûr de savoir », qui font toutes partie d’un tout, sociétal, le Québec, qui s’insère en Amérique du Nord-les Amériques, en Occident et dans le Monde.

  • Archives de Vigile Répondre

    1 mai 2008

    Monsieur Nadeau,
    Je pourrais allonger votre liste et en écrire une autre, tout aussi longue, qui affirme exactement le contraire.
    Soyons sérieux. La vérité ne se décide pas voie référendaire. Ou l'addition des partisans optant pour une voie ou l'autre. On peut être minoritairement dans la vérité et une large majorité peut se trouver parfois dans l'erreur.
    La vérité, ici, est au bout d'un raisonnement. Ici, comme ailleurs, certains peuvent raisonner de travers. Voltaire a raison de dire ce qu'il dit.
    Pierre B.

  • Archives de Vigile Répondre

    1 mai 2008

    «’L’athéisme, pour ma part, spirituellement, je qualifie ça d’adolescence» .
    - Commentaire de DPL
    À titre d'illustration, voici les noms de quelques «adolescents spirituels» célèbres.
    (Pour distinguer entre athées, déistes, théistes et agnostiques, visitez les sites référencés plus bas.)
    Quelles que soient les nuances quant à leurs convictions, tous ont dénoncé soit l'enseignement, la promotion ou le financement public de cette "bouillie pour les chats" religieuse fondée sur le mythe de l'existence d'un dieu, d'une puissance supérieure ou d'une idée nébuleuse quelconque qui serait concepteur ou créateur de notre univers.

    Paul Nizan,
    Louis Aragon,
    Simone de Beauvoir,
    Claude Simon,
    Albert Jacquard,
    Georges Bataille,
    Cyrano de Bergerac,
    Spinoza,
    Abraham Lincoln,
    Albert Einstein,
    Aldous Huxley,
    Isaac Asimov,
    Ernest Hemingway,
    Arthur C. Clarke,
    Charles Darwin,
    Marie Curie,
    Auguste Comte,
    Serguei Eisenstein,
    Ingmar Bergman,
    Milan Kundera,
    Ayn Rand,
    Benjamin Franklin,
    Carl Sagan,
    Bertrand Russell,
    Voltaire,
    Galileo Galilei,
    Freidrich Nietzsche,
    George Bernard Shaw,
    John Stuart Mill,
    Karl Marx,
    Leo Tolstoy,
    Kurt Vonnegut,
    Napoleon Bonaparte,
    Jawaharlal Nehru,
    James Joyce,
    Dr. James Watson,
    Walter "Walt" Disney,
    Frank Lloyd Wright,
    Denis Diderot,
    Alfred Hitchcock,
    Karl Popper,
    George Orwell,
    Mark Twain,
    Robert Frost,
    Vincent Van Gogh,
    Thomas Edison,
    Sigmund Freud,
    Jonathan Swift,
    Anaxagore,
    Democrite,
    Epicure,
    Sénèque,
    Albert Camus,
    Jean Paul Sartre,
    B. F. Skinner,
    Fidel Castro,
    Woody Allen,
    Desmond Morris,
    Salman Rushdie,
    Linus Torvalds,
    Bill Gates,
    Michel Onfray,
    Angelina Jolie.
    ---
    http://www.youtube.com/watch?v=fdVucvo-kDU
    http://www.wonderfulatheistsofcfl.org/Quotes.htm
    http://www.machineslikeus.com/cms/famous-atheists.html
    http://en.wikipedia.org/wiki/List_of_atheists
     
    ---
    Jacques A Nadeau

  • Archives de Vigile Répondre

    30 avril 2008

    Je suis quelque peu surpris d’avoir eu en commentaires deux thèses quasi philosophiques sur l’existence ou non existence de Dieu. Là n’était pas le but de cet article. À mon avis chacune est libre d’épouser la croyance, la philosophie de son choix quelle soit théiste, nihiliste ou autre.
    Le but premier de mon texte était de dénoncer, premièrement la bouillie pour les chats religieuse qu’on va servir à des enfants incapable dans l’ensemble de comprendre les « vérités » intrinsèques de chaque religion, deuxièmement la position tartuffe du ministère de l’Éducation d’éliminer le mot athée de son vocabulaire.
    J’ai fait un cours classique dans un séminaire (Mont-Laurier) et j’en suis ressorti révolté. C’est pour moi l’endroit idéal pour cesser de croire. Je ne me considère pas plus intelligent que qui que ce soit sauf que mon type d’intelligence se rebelle quand devant une question existentielle on me répond : ‘’Crois parce qu’on te le dit’’ ou ‘’Crois parce que Dieu l’a dit’’ Foutaise…et je ne parle pas des problèmes personnels avec la « clergitude ». J’ai aussi par la suite cessé de faire de la masturbation intellectuelle, aride, contraignante et mentalement sclérosante. Je n’ai pas cessé de réfléchir, au contraire. Je me considère athée dans le sens où je ne crois plus depuis longtemps à des personnages mythiques d’un dieu quelconque pour remplir un vide intellectuel. Dans le dernier commentaire, le scripteur anonyme a dit :’’ L’athéisme, pour ma part, spirituellement, je qualifie ça d’adolescence.’’ Le Bouddha dans son prolifique enseignement n’a jamais parlé de quelque dieu que ce soit. Cela voudrait-il dire que tous les bouddhistes dans l’esprit de ce monsieur sont des adolescents spirituels ? Voyons, soyons sérieux !
    De toutes manières dans le programme religieux du ministère, qui va enseigner les religions ? Qui en a les capacités ? Qui ne teintera pas son enseignement de ses convictions personnelles. J’ai un jour assisté et filmé un personnage qui se disait docteur en religion et, dans un des quatre sujets traités il a parlé du bouddhisme. Je n’ai jamais entendu autant d’inepties, alors si c’est ça que les enfants vont apprendre, le terme bouillie pour les chats est une locution polie. Voilà, c’est contre ça que je m’insurge.
    Ivan Parent

  • David Poulin-Litvak Répondre

    30 avril 2008

    Pour contribuer un peu à cette discussion, il ne faut pas oublier que la conception monothéiste de la divinité n'est pas unique, la seule. Les hindous, notamment, dans la philosophie de l'advaïta, de la non-dualité, conçoivent de "Dieu" non pas comme un être, mais comme une réalité. Pour eux, la conception personnalisée de la divinité a sa place, inférieure, à la conception impersonnelle. Selon cette philosophie religieuse (il n'y a pas de séparation entre philosophie et religion en Inde), le but de l'existence est, non seulement de réaliser la réalité du Brahman, le nom qu'ils attribuent à cette réalité, mais, surtout, qu'il est de même nature que le soi véritable, l'Atman, mot qui a une même racine que le mot français âme. L'on pourrait donc dire, pour traduire, que l'âme et Dieu, sont d'une même nature, non identiques, mais d'une même substance. Comme le disait Jésus, usant de sa métaphore père-fils: Mon père et moi-même sommes un. L'on peut donc lire cette affirmation comme une manifestation de sa réalisation, plutôt que comme une prétendue affirmation de sa nature cosmologique de Fils unique de Dieu le Père.
    Il est vrai que cet autre sens a peut-être aussi son sens, propre. Pas au niveau des réalités transcendentales, mais plutôt au niveau des âmes, des relations des âmes entre elles. Cela ne placerait pas Jésus hors du champ humain, hors de l'atteignable, mais cela le placerait, néanmoins, à un niveau spirituel plus élevé, relativement aux autres esprits. Il ne serait plus le Fils Unique, du moins, littéralement, mais bien le Grand Frère, l'exemple premier et plus élevé.
    L'athéisme, pour ma part, spirituellement, je qualifie ça d'adolescence, tandis que le littéralisme dogmatiqe, lui, hélas, est une enfance spirituelle. Il ne faut donc pas faire de l'athéisme un mal, ni un bien absolu, mais un bien relatif, en relation avec le stade primaire de la croyance littéraliste. Bien sûr, au-delà du primaire et du secondaire, il y a l'université! Quoiqu'il en soit, il a des athées qui ont relativement raison, notamment s'ils s'opposent aux conceptions littéralistes du religieux sans avoir d'autres conceptions sur lesquelles s'appuyer. Plusieurs membres de la secte du baby-boom sont des adeptes de l'athéisme. Cela est justifié, explicable, de par leur situation historique. Je suis cependant d'avis qu'il faille dépasser ce stade, celui de l'antithèse, pour s'élever vers les sublimes lumières de la synthèse. Cette synthèse ne pourra ni être anti-scientifique, comme les bibles literalists des États-Unis, ni être anti-religieux, comme ces laïcs plutôt comiques avec leur nom (laïc...) - ils devraient vraiment se rebaptiser, oups pardon, se renommer. Il faudra espérer qu'une lumière descende du ciel, un ovni sans doute, pour nous sauver des relents prébaby-boomistes et baby-boomistes, pour en arriver, enfin, au post baby-boom, là où le Québec, politiquement, culturellement et spirituellement, même, pourra connaître son indépendance.

  • Archives de Vigile Répondre

    29 avril 2008

    Voilà reposé l'éternel problème de l'existence de Dieu.
    Habituellement, les humains confondent croire en Dieu ou avoir foi en Dieu (domaine de la théologie) et admettre l'existence de Dieu (domaine de la philosophie).
    Avant de croire en un Dieu, faut-il se poser la question suivante: Dieu existe-t-il?
    Les réponses ne sont pas multiples: oui, non, je ne sais pas.
    La réponse à l'existence de Dieu peut se discuter en classe de philosophie. Et en fait, elle l'est dans la grande majorité des pays dans le monde. La France, - État laïc - permet de discuter cette question dans les cours de philosophie. Il y a donc, dans la grande majorité des pays occidentaux, des cours de philosophie où la question de l'existence de Dieu est posée.
    Au Québec, société distincte oblige, on ne veut plus poser cette question. Dans le collège où jadis j'enseignais, la direction du Cégep m'a même demandé de ne plus soulever cette question en classe. L'ignorance fait des progrès, au plus haut niveau.
    Comment enseigner la philosophie, sans soulever le problème de l'existence de Dieu? Des présocratiques à nos jours, tous les philosophes, Platon, Aristote, Descartes, Kant, Hegel, y compris Marx et Nietzsche ont parlé de l'existence de Dieu. Soit pour le nier, soit pour confirmer son existence. Les scientifiques -je pense à Einstein - soutenait un ordonnateur du monde. Ce monde, dans l'ordre où je le vois, ne peut être causé par le hasard.
    Certains, uniquement par la raison, arrivent à démontrer (?) l'existence de Dieu. On dit qu'ils «admettent» l'existence d'un dieu personnel et unique. S'ils adhèrent par la suite à une forme de monothéisme ( il y en a trois sur la planète), on dira qu'ils «croient» en Yaweh, au Dieu trinitaire des chrétiens ou au dieu Allah des musulmans. Après avoir adhéré à l'existence de Dieu, avec l'aide de la raison, certains «croient» à un des trois dieux dont je viens de parler. Ici, on entre dans des questions théologiques.
    D'autres, uniquement par la raison, arrivent à démontrer que Dieu n'existe pas. Habituellement, dans notre vocabulaire occidental, ces gens sont prénommés «athées». L'athéisme, est une doctrine qui nie l'existence de Dieu. Pourquoi se priver de le dire?
    Un certain nombre, enfin, ne sont pas capables d'opter ni pour la première catégorie, ni pour la seconde catégorie. On dira de ces gens qu'ils sont «agnostiques». L'agnosticisme (terme créé par Th. Huxley en 1896) est une doctrine selon laquelle tout ce qui dépasse les apparences sensibles est inconnaissable.
    Ces explications ou précisions données, il est donc possible de croiser quelqu'un qui admet l'existence de Dieu, tirant sa conclusion uniquement de l'usage de sa raison. Voltaire soutenait l'existence de Dieu. Il n'adhérait cependant à aucune foi, surtout la foi catholique. Mais, dans son Traité de Métaphysique, on trouve cette étonnante réflexion: «Dans l'opinion qu'il y a un Dieu, il se trouve des difficultés; mais, dans l'opinion contraire, il y a des absurdités». Opinion. Jamais certitude !
    Sur le sujet de l'athéisme, Blaise Pascal a tout dit dans la fameuse formule: «Athéisme, marque de force d'esprit, mais jusqu'à un certain degré seulement.» (Pascal, Pensées, Ed. Brunschicg III, 225, p.431). Ailleurs, l'auteur des Pensées ajoute: «Dieu n'est pas évident, s'il était évident, il n'y aurait pas d'athées».
    Bref, il ne faut craindre d'employer le mot athée. Comme il ne faut pas craindre d'employer son contraire: théisme. Et même déisme.
    Être athée, c'est affirmer que le monde dans lequel on est, est le seul être, qu'il n'a pas besoin d'un autre être pour être, pour expliquer son être, puisqu'il a en lui toute sa raison d'être. Je cherche toujours quelqu'un qui est prêt à me démonter cette thèse.
    L'histoire des religions démontrent qu'on a fait bien des choses, plus ou moins belles, avec les religions. Et on en fait encore. Ce n'est pas toujours rigolo à lire. Mais cela ne change en rien au fait de nier ou d'affirmer l'existence de Dieu. La question préalable est toujours là, et doit être posée honnêtement: Dieu existe-t-il? C'est-à-dire, y a-t-il un être qui n'a d'autre raison d'être que d'être et qui, éventuellement, donne l'existence à la multitude des êtres qui n'ont pas en eux-même leur propre raison d'être, et que s'ils l'avaient, ils l'auraient eue depuis toujours?
    A chacun de pousser le plus loin possible son raisonnement, et...possiblement conclure.
    Pierre B.