Propagande

Parlons de souveraineté à l’école


À voir les fédéralistes dénoncer sitôt la propagande dissimulée en littérature, il n'y a rien de surprenant. Ce qui l'est, par contre, c'est la vitesse à laquelle la plupart des séparatistes ont dénoncé le livre publié, rappelons-le, par la maison d'édition Les Intouchables sous la direction de Gérald Larose et du Conseil pour la souveraineté du Québec, nouvelle mouture.
Demandé par Larose, ce livre tiré à 11 000 exemplaires devait être un outil pratique pour les enseignants afin d'équilibrer dans les salles de cours la «propagande fédéraliste» et son contenu sur les anciens combattants et Statistique Canada.
Pour une fois, personne n'a défendu Larose, même si une lecture rapide de son contenu répète chacun des mythes véhiculés par les séparatistes. En joignant le premier ministre Jean Charest, André Boisclair a pris ses distances face à ce livre à odeur de propagande soviétique.
Et parce que le livre n'est rien d'autre qu'une grossière copie des maux collectifs dont se servent les séparatistes pour blâmer le Canada, Boisclair pouvait difficilement demander la démission de la présidente du Parti québécois Mme Monique Richard.
Le livre ressasse la litanie postséparatiste sur l'argent épargné advenant l'élimination du poste de gouverneur général. En réalité, un pays séparé aurait des millions à dépenser pour mettre sur pied les services que les Québécois et Canadiens reçoivent déjà.
Le livre avance la création d'un timbre du Québec alors que déjà des dizaines de timbres à l'effigie du Québec sont régulièrement mis en circulation, et c'est sans compter le nouveau service postal qu'il faudra mettre en place.
Pouvez-vous imaginer les embouteillages si on doit s'arrêter aux postes frontières de l'Ontario et du Nouveau-Brunswick? En comparaison, les files d'attente à la frontière Canada - États-Unis seront de la petite bière. Enfin, combien coûteront les nouveaux passeports et autres documents de sécurité?
Autre mythe du livre, les intrusions fédérales. Dans la plupart des cas de dédoublement, le gouvernement du Québec reproduit une institution canadienne. Il y a plus de quarante ans, le gouvernement canadien créa l'assurance-chômage, aujourd'hui l'assurance-emploi. Le système québécois des prestations aux familles s'est basé dessus.
Copies conformes
En roulant dans la ville de Québec, on voit des panneaux nous invitant à visiter la «Colline», même si l'Assemblée nationale se trouve plus bas que Sillery. Comment le mot colline a-t-il été choisi? Dans leurs recherches d'un modèle pour administrer la zone ceinturant la colline, les bureaucrates de la Ville de Québec sont allés à Ottawa et ont copié la législation régissant la Commission de la capitale nationale et la «colline» parlementaire.
Maintenant que nous en avons deux, les séparatistes ont lancé le débat pour déterminer des deux Commissions de la capitale nationale laquelle est la véritable. Le Conseil canadien des arts, une organisation établie depuis près de cinquante ans et dont le budget annuel dépassera bientôt les 200 millions de dollars, réalise ses investissements les plus importants au Québec.
Avec un mandat similaire, le Conseil des arts et des lettres du Québec a été créé presque quatre décennies plus tard et son récent budget atteint 72 millions. Qui dédouble qui?
La raison pour laquelle les séparatistes prennent leurs distances si rapidement du livre des Intouchables est précisément parce qu'ils ont besoin de convaincre les Québécois qu'ils disent la vérité et que les Canadiens, eux, ne colportent que de la propagande.
Un rapide survol des titres parus aux Intouchables révèle une tout autre histoire. Des titres comme Le Livre noir du Canada anglais, Pour sortir de l'impasse référendaire, Mafia gouvernementale, Le Référendum volé, Les Secrets d'Option Canada.
Comme pour ces [Canadiens propagandistes->1027], les savantes publications des Intouchables ont été rendues possibles grâce à la généreuse contribution du Conseil canadien pour les arts et du gouvernement canadien. André Boisclair avait raison de tuer dans l'œuf la controverse. Il a tout intérêt à espérer que personne ne cherche trop à savoir quelle sorte de pensée de groupe séparatiste on cherche à propager au nom de la littérature.




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