L’ancien stratège conservateur Rodolphe Husny, qui a été conseiller politique dans le gouvernement Harper ainsi que dans l’opposition, a écrit ce qui suit dans une opinion publiée le jeudi 15 janvier : « Le scrutin se déroule [en Israël] selon un système de représentation proportionnelle dans lequel aucun parti ne peut gouverner seul. La formation d’un gouvernement repose sur de longues négociations de coalition qui peuvent durer plusieurs semaines après le vote, rendant l’issue du scrutin incertaine. Contrairement à ce que l’on peut croire, ce n’est pas toujours le parti qui obtient le plus de voix ou de sièges, qui garantit à son chef le fauteuil de premier ministre. Que les partisans de la proportionnelle au Canada ou au Québec se le tiennent pour dit. » [1]
M. Husny n'est pas sans savoir que le mode de scrutin proportionnel en vigueur en Israël est celui intégral [2], où les sièges sont répartis proportionnellement aux voix obtenues par liste sur l'ensemble du territoire, avec un seuil électoral (actuellement 3,25 %) pour qu'un parti soit représenté, ce qui reflète fidèlement le paysage politique, mais qui mène fatalement à un fort émiettement et à des gouvernements de coalition complexes [3].
Concrètement, la coalition au pouvoir en Israël est composée actuellement des partis suivants – et entre parenthèses, le nombre de sièges –, pour une population d’environ 10 millions d’habitants (soit 1 million de plus qu’au Québec) : Likoud (32) ; Shas (11) ; Judaïsme unifié de la Torah (Agoudat Israel, Degel HaTorah) (7) ; Parti national religieux – Sionisme religieux (7) ; Force juive (6) ; Noam (1). Tandis que l’opposition est composée des partis suivants – et entre parenthèses, le nombre de sièges : Yesh Atid (24) ; Parti de l'unité nationale (12) ; Israel Beytenou (6) ; Liste arabe unie (5) ; Hadash–Ta'al (5) ; Parti travailliste (4) [4]. Une jolie macédoine.
Ce n'est pas la proportionnelle souhaitée au Québec. Celle qui semble faire consensus ici est le mode de scrutin proportionnel mixte avec listes régionales.
L’ancien ministre Jean-Pierre Charbonneau a écrit le 3 novembre dernier ce qui suit dans Le Devoir : « Selon notre projection basée sur la plus récente agrégation de Qc125, avec 15 % du vote populaire pour l’ensemble du Québec, la CAQ aurait récolté 15 députés régionaux plutôt qu’aucun que lui promet le système actuellement en vigueur. Étant soutenu par 36 % de l’électorat, le PQ terminerait premier avec 62 députés, soit 3 sièges de moins que la nouvelle majorité de 65 fixée par le fait que l’Assemblée nationale comprendrait dorénavant 4 sièges de plus, soit 129. (…) Viendraient ensuite le PLQ, avec 33 élus grâce au soutien de 25 % des gens, puis le Parti conservateur aurait 13 députés avec un appui populaire de 14 % et enfin Québec solidaire (QS) récolterait 6 parlementaires à la suite de l’obtention de 7 % des votes. En appliquant les résultats de cette agrégation de sondages à chacun des 49 sièges des 17 régions et à chacune des 80 circonscriptions locales, ce nouveau système électoral aurait pour effet très important d’installer une représentation parlementaire plurielle de tous les partis ayant récolté plus de 4 % des suffrages au niveau national. » [5]
Certes, les pourcentages d’appréciation des partis diffèrent légèrement aujourd’hui, mais cela donne tout de même une bonne idée. Nous sommes loin de la situation prévalant en Israël.
Sylvio Le Blanc
2. https://fr.wikipedia.org/wiki/Isra%C3%ABl
3. https://prezi.com/m9ppfriq46uj/le-systeme-electoral-israelien-explique/
4. Partis parlementaires en Israël (à la fin) :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_partis_politiques_en_Isra%C3%ABl
https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_membres_de_la_25e_Knesset













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