Éducation

L’art de jeter le bébé avec l’eau du bain

L’histoire des Plaines d’Abraham selon Carney

Tribune libre

Adopté en avril 2025 dans la foulée de la loi visant à renforcer la protection des élèves, le code d’éthique impose aux centres de services scolaires ainsi qu’aux écoles privées une série de règles à suivre « selon la forme prescrite par le ministre ». Selon ce code d’éthique, les membres du personnel doivent maintenir « une distance professionnelle avec tout élève» en raison de leur «situation d’autorité». Ils doivent ainsi éviter «toute situation susceptible de générer de l’ambiguïté» dans leurs «rapports avec l’élève», et ainsi «refuser toute invitation ou participation à une activité ou à un événement à l’extérieur du cadre scolaire», peut-on y lire.

Or une enseignante d’expérience a reçu un avis disciplinaire provenant de sa direction parce qu’elle a annoncé son intention d’organiser un souper à la fin de l’année avec ses élèves et leurs parents pour souligner la fin de leur primaire comme elle le fait depuis déjà plusieurs années, une initiative qui contrevient, peut-on lire dans l’avis, au code d’éthique imposé au personnel scolaire.

En vertu de quel principe une activité sociale regroupant une enseignante, ses élèves et leurs parents s’ingère-t-elle dans l’obligation de « distance professionnelle» entre l’enseignante et ses élèves en raison de sa « situation d’autorité », les parents étant de surcroît présents à l’activité? Ne s’agit-il pas là d’un code d’éthique qui va au-delà du gros bon sens? Où est passée l’école « milieu de vie » qui faisait jadis l’apanage d’une école dans la continuité de la société?

Somme toute, il m’apparaît tout à fait hors propos de confondre éthique et socialisation entre l’enseignant et ses élèves, une contorsion malveillante qui ne peut que cantonner l’école dans son rôle éducationnel et en oublier son rôle communicationnel essentiel entre l’enseignant et les élèves qui lui sont confiés.

L’histoire des Plaines d’Abraham selon Carney

Si Mark Carney avait l’intention de lancer un appel à l’unité nationale sur les Plaines d’Abraham à Québec, encore eût-il fallu que ses références à l’histoire soient fondées, ce qui, de toute évidence, est à tout le moins idéalisé.

Primo en référence aux Plaines d’Abraham, Carney parle de coopération et de partenariat alors que l’histoire révèle que c’est le site où notre peuple a été conquis par la force. Deuzio les Plaines d’Abraham sont un lieu de conquête et de résistance et non pas de coopération. Tertio le Québec n’a jamais choisi d’entrer dans le Canada. Nous avons été soumis à des décisions imposées par des élites avec la force et la violence. Parler de « choix » aujourd’hui efface cette réalité. Et quarto la douceur et la coopération vantées par Carney tiennent de la pure fabulation alors que, dans les faits, nous avons dû lutter pour chaque droit, chaque espace de liberté, chaque usage du français si bien que rien ne nous a été donné, et que tout a été conquis par la force de notre mobilisation.

Le peuple du Québec connaît son histoire et il continuera de la défendre ad vitam aeternam. De facto, M. Carney, je vous invite à lire [ou relire] les événements relatant l’histoire des Plaines d’Abraham à Québec au lieu d’élaborer sans scrupule une mise en scène irréaliste cherchant à allumer l’unité nationale… à tout prix!


Henri Marineau, Québec



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