Les ministres ne chômeront pas

Gouvernement Charest minoritaire

Québec - «Quand allez-vous dormir?» C'est une des premières questions qui ont été posées hier à Monique Jérôme-Forget, qui a ajouté trois gros portefeuilles -Finances, Services gouvernementaux, Administration gouvernementale - à sa tâche déjà considérable de présidente du Conseil du trésor. La ministre a répondu être assez «équilibrée» pour relever le défi. D'autant plus, selon elle, que les responsabilités dont elle a hérité sont compatibles. Cela va assurer plus «d'efficacité pour réagir rapidement», un avantage dans le contexte d'un gouvernement minoritaire, a-t-elle fait remarquer.
Mme Jérôme-Forget n'est pas la seule à voir ses responsabilités croître au sein de ce cabinet «compressé». En plus de la Santé, Philippe Couillard a hérité, à l'aube du 400e, de la région de la Capitale-Nationale, où le gouvernement Charest a subi une dégelée le 26 mars. Cela en fera-t-il trop? Ce sont les gens occupés qui bouclent les dossiers, a-t-il répondu en anglais («Busy people get things done»). Est-il déçu de rester à la Santé, comme des sources sûres l'ont encore répété au Devoir cette semaine? «Est-ce que j'ai l'air d'un gars malheureux? Bien sûr que non. J'ai de nouvelles responsabilités: la capitale, la présidence du comité des priorités, c'est très stimulant», a-t-il dit.
La palme du ministre actif revient toutefois à Benoît Pelletier, qui hérite en tout de huit dossiers (Affaires intergouvernementales, autochtones, francophonie canadienne, réforme des institutions démocratiques, accès à l'information, leader adjoint, Outaouais et Nord-du-Québec). Dans son entourage, on confiait hier être déjà débordé au cabinet avec les quatre dossiers initiaux. «Imaginez huit! Ça va être très très très actif! On va travailler jour et nuit!», affirmait un membre du cabinet de M. Pelletier hier.
Ministre des Ressources naturelles, Claude Béchard devient aussi ministre responsable de trois régions formant un gigantesque territoire. La perte de circonscriptions dans l'est du Québec et l'importance du dossier de la forêt ont conduit le premier ministre à confier ces dossiers au pugnace M. Béchard. «En plus de ces fonctions, vous serez ministre responsable des régions du Bas-Saint-Laurent, de la Côte-Nord, du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Éventuellement, vous reviendrez à l'Assemblée nationale du Québec», a même plaisanté M. Charest hier en s'adressant à son ministre.
Les exclus
Certains auraient voulu être actifs mais n'ont rien obtenu. C'est le cas de l'ancien ministre de l'Environnement Pierre Paradis, élu du PLQ depuis 1980, qui avait très mal pris d'être exclu du cabinet en 2003 et qui, à l'époque, n'avait même pas assisté à la cérémonie au Salon rouge. Hier, toutefois, il était présent et prenait la chose avec philosophie. Il a reconnu hier avoir eu des «attentes» ces dernières semaines tout en sachant que dans le cadre d'un «cabinet rapetissé», les places n'étaient pas nombreuses. «Quand vous avez des attentes et que ces attentes ne sont pas réalisées, vous ne pouvez pas sauter de joie. Mais il faut que vous partagiez le bonheur et la joie de ceux qui, aujourd'hui, ont des responsabilités importantes qui viennent de leur être confiées», a-t-il déclaré. Le député de Brome-Missisquoi s'est fait une raison, surtout que dans le cadre d'un gouvernement minoritaire, le rôle du député sera plus intéressant. «Le député sera davantage la préoccupation des électeurs vers Québec plutôt que du message de Québec vers l'électeur», a-t-il ajouté, précisant que si c'est la prérogative du premier ministre de former son cabinet, «c'est la prérogative des électeurs de Brome-Missisquoi que de choisir leur représentant».
Le candidat-vedette et ancien grand patron de Corus, Pierre Arcand, aussi exclu du cabinet, a eu cette phrase hier: «Il faut se rendre compte que je ne suis pas quelqu'un d'expérimenté sur le plan parlementaire. Donc, c'est parfait, on va apprendre.» Quant à Lawrence Bergman, qui a perdu le portefeuille du Revenu, il s'est avoué «très déçu».
Les surpris
Certains appelés ont soutenu ne pas avoir eu d'attentes. «Je ne souhaitais rien, ç'a été une surprise», a confié la nouvelle ministre de la Culture et des Communications, Christine St-Pierre. Son conjoint, Jean-Pierre Plante, est un auteur bien connu dans le monde du spectacle et de la télévision, à qui on doit des textes d'humour bien connus: aux Bye Bye, lors de galas des prix Gémeaux, de l'ADISQ et des MétroStar. M. Plante a collaboré avec plusieurs humoristes, dont Dominique Michel, Daniel Lemire, etc. Ceux qui pourraient y voir un problème se trompent, a protesté l'ancienne journaliste et nouvelle ministre hier: «Mon conjoint est un artiste, certes, c'est un auteur, il travaille pour des artistes. Le gouvernement était très au courant de ça. C'est sa carrière et j'ai la mienne.»
Pour sa part, la titulaire du nouveau ministère des Aînés, Marguerite Blais, ignorait ce qu'elle allait administrer concrètement. Que fera son ministère, exactement? Gérera-t-il des centres d'accueil? Mme Blais aura-t-elle des fonctionnaires sous sa gouverne? «Il n'y a pas de ministère comme tel. Je ne le sais pas encore», a-t-elle répondu avec franchise hier. Relèvera-t-elle d'un autre ministre? «Je ne peux vous répondre avec précision. J'ai comme l'impression que je vais relever du ministère de la Famille. Il n'y aura pas une nouvelle structure de créée. Mais c'est un ministre qui est responsable des aînés et qui a une mission horizontale, [qui devra] travailler en concertation avec d'autres dossiers.»


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