Un Sarko québécois?

Gouvernement Charest minoritaire

Les politiciens étrangers nous paraissent souvent plus attrayants que les nôtres; la distance rend les défauts moins visibles. Tout en gardant cela à l'esprit, il y a quelque chose dans la victoire de Nicolas Sarkozy à l'élection présidentielle française qui devrait rendre les Québécois envieux.
Voici un homme qui s'est forgé des valeurs et des convictions solides et qui n'a pas eu peur de faire campagne sur elles. Qui, parmi nos chefs politiques québécois, pourrait en dire autant? Au contraire, ici, les politiciens rivalisent de rectitude politique, d'esquive, d'incohérence et de racolage.
On peut certes craindre le côté autoritaire et colérique du nouveau président de la République. On peut le trouver conservateur à l'excès. Mais on ne peut pas lui reprocher d'avoir été vague sur ses idées et ses intentions.
Au pays des 35 heures, il a osé faire de la «réhabilitation du travail» le thème central de sa campagne. «Notre pays est devenu celui qui travaille le moins en Europe, constate-t-il. Nous ne pouvons pas continuer sur cette voie. Je veux réhabiliter le travail et, au-delà, le mérite, l'effort, le goût du risque.»
Sur l'immigration, il annonce l'instauration de plafonds annuels. Et il propose que les candidats à l'immigration apprennent le français avant leur arrivée «parce que c'est une condition essentielle d'une intégration réussie et parce que cela sera un signe de leur volonté de respecter notre culture».
Sur l'école, il dit : «Je suis pour que les élèves se lèvent quand les professeurs entrent dans les classes. Je souhaite que l'école devienne un lieu sans violence, sans portable, sans casquette, sans cigarette.»
Sur l'Europe, il s'oppose catégoriquement à l'entrée de la Turquie. Sur l'environnement, il promet une «fiscalité écologique» mais il refuse de mettre au rancart l'énergie nucléaire : «Ceux qui vous disent qu'ils vont renoncer au nucléaire vous font, au mieux, de fausses promesses, au pire mettent gravement en danger notre indépendance.»
On rêve qu'au Québec se lèvent un ou deux Sarkozy. Des gens dont les idées ne s'inspirent pas des plus récents sondages, mais d'expérience et de réflexion. Des leaders qui veulent le pouvoir pour mettre en oeuvre leurs idées au lieu de chercher les idées qui les mèneront au pouvoir.
Ici, les fédéralistes n'osent pas se dire tels. Les souverainistes font tout pour semer la confusion quant à leur objectif et à ses conséquences. Les adéquistes ne veulent pas préciser où ils logent.
Que pense, au fond de lui-même, Jean Charest? Quelles sont les valeurs qui l'animent? L'homme fait de la politique depuis plus de deux décennies et il est encore bien difficile à cerner. En quoi croit Mario Dumont? Comment peut-il à la fois s'inquiéter de la dette du Québec tout en combattant des hausses des primes de l'assurance automobile sans lesquelles le régime sombrera dans le rouge? Au nom de quelles idées André Boisclair s'accroche-t-il à la direction du Parti québécois?
Nicolas Sarkozy dit croire au «pouvoir de la vérité». Le résultat du scrutin de dimanche lui a donné raison et, surtout, lui confère un mandat de «rupture» sans équivoque. Qui, au Québec, aura le courage d'en tirer les leçons?

Featured e9ce29e1df8a56a11b26e68ffd733781

André Pratte876 articles

  • 262 187

[une chronique intitulée « Tout est pourri » (critique de Anne-Marie Gingras) ->http://books.google.fr/books?id=EZWguAMXAtsC&pg=PA27-IA27&lpg=PA27-IA27&dq=pratte+Tout+est+pourri&source=bl&ots=MUti9NTQuH&sig=h2zgJlLgOg844j5ejxnUl4zH2_s&hl=fr&sa=X&ei=73RrT8aQEqnh0QHuh4GyBg&ved=0CEEQ6AEwBQ#v=onepage&q=pratte%20Tout%20est%20pourri&f=false]

[Semaine après semaine, ce petit monsieur nous convie à la petitesse->http://www.pierrefalardeau.com/index.php?option=com_content&task=view&id=30&Itemid=2]. Notre statut de minoritaires braillards, il le célèbre, en fait la promotion, le porte comme un étendard avec des trémolos orwelliens : « La dépendance, c’est l’indépendance ». « La soumission, c’est la liberté ». « La provincialisation, c’est la vraie souveraineté ». « La petitesse, c’est la grandeur ». Pour lui, un demi-strapontin à l’Unesco est une immense victoire pour notre peuple. C’est la seule politique étrangère qu’il arrive à imaginer pour le peuple québécois. Mais cet intellectuel colonisé type n’est pas seul. Power Corp. et Radio-Cadenas en engagent à la poche.





Laissez un commentaire



Aucun commentaire trouvé