Gouverner autrement

Extraits du discours du premier ministre Jean Charest, prononcé hier à l'occasion de l'assermentation du nouveau conseil des ministres.

Gouvernement Charest minoritaire


Le 26 mars dernier, les Québécois se sont exprimés, et nous formons un nouveau gouvernement qui est l'expression de cette volonté. Je me retrouve aujourd'hui parmi les personnes qui me sont les plus chères: ma famille, mon épouse Michèle, mes filles, Amélie, Alexandra, Antoine, mon père, également mon frère Robert, mes beaux-parents, que j'aime beaucoup, et ma grande famille politique, le Parti libéral du Québec. C'est avec vous tous pour témoins que je présente aux Québécois une équipe forte, à la fois expérimentée et renouvelée. Nous formons un gouvernement qui sera différent. Les Québécois l'ont décidé ainsi.
Mesdames et messieurs du conseil des ministres, aujourd'hui, vous faites l'histoire. En prêtant serment, vous intégrez le premier gouvernement minoritaire depuis 1878. Pour la petite histoire, en 1878, ce gouvernement minoritaire était né à la suite d'un putsch du lieutenant-gouverneur du Québec. Cette fois-ci, c'est venu d'ailleurs. Voilà pour l'histoire.
Parlons maintenant d'avenir, car nous allons faire de ce gouvernement un succès. Pour le Parti libéral du Québec, la remise en question est inhérente aux devoirs d'État. Donc, ce gouvernement marquera une rupture avec le passé. Nous voyons, dans l'expression de la volonté démocratique de nos concitoyens, une occasion de mieux servir les Québécois. Notre responsabilité, c'est que le Québec fasse toujours corps avec son époque pour en relever tous les défis et surtout pour en saisir toutes les promesses.
En élisant un gouvernement minoritaire, les Québécois ont suspendu les traditions. Le gouvernement ne pourra plus décider seul, et l'opposition ne pourra plus seulement critiquer. Le peuple a décidé que nous allions gouverner différemment. Le peuple a décidé que les partis d'opposition allaient devoir assumer une responsabilité. Les Québécois s'attendent à retrouver dans leur Assemblée nationale des partis concurrents, parfois contradictoires, mais surtout et avant tout des partis politiques et des députés qui seront solidaires du bien commun.
Je représente un nouveau gouvernement. Par sa taille, c'est un gouvernement modeste. J'ai simplifié mon conseil des ministres, il compte 18 ministres; c'est l'un des plus petits cabinets depuis la fin de la Révolution tranquille. Par sa composition, c'est un gouvernement égalitaire: les femmes comptent pour la moitié du conseil des ministres du nouveau gouvernement. Les Québécois ont donc aujourd'hui le gouvernement le plus égalitaire de leur histoire. [...] Ce gouvernement a aussi la première femme issue d'une minorité visible à l'intérieur du conseil des ministres.
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Les Québécois veulent un gouvernement de changement; nous incarnerons cette ambition. Au cours des prochains mois, nous mettrons en avant un nombre limité de priorités. Nous aurons pour objectif d'améliorer la qualité de vie et le niveau de vie des Québécois. Dans notre premier mandat, nous avons fait des choses importantes dans tous les domaines de l'action gouvernementale, notamment en santé et en éducation. Mais si nous devions n'en retenir que trois, trois réalisations par lesquelles nous avons changé le parcours du Québec, je vous citerais le relancement du développement énergétique pour la prospérité du Québec mais aussi pour le développement durable, pour notre volonté à nous de réduire nos gaz à effet de serre, l'instauration des nouveaux congés parentaux pour un Québec plus ouvert aux familles et la création du Fonds des générations pour réduire le poids de notre dette.
Nous avons réalisé cela tout en faisant du Québec une force de changement à l'intérieur du Canada. Ce sont là des changements concrets et des résultats tangibles qui, lorsque pris dans leur ensemble, nous indiquent que nous sommes sur la bonne voie. J'en suis très fier.
Les Québécois ont reconnu notre compétence et nous ont confié la responsabilité de gouverner, et nous serons dignes de cette confiance. Mais les Québécois nous ont aussi lancé un message: nous devons faire différemment. Dorénavant, nous allons rapprocher nos actions et nos décisions de ce qui touche la vie quotidienne de nos concitoyens. Le conseil des ministres que je forme aujourd'hui est un nouveau départ. C'est le reflet de ma volonté, de celle de mon gouvernement, du Parti libéral du Québec d'accepter le jugement des Québécois.
Chers collègues, en intégrant le conseil des ministres, vous acceptez de lourdes responsabilités. Je vous rappelle que vous êtes ministres 24 heures sur 24, sept jours sur sept, 365 jours par année. Je veux remercier particulièrement ceux et celles qui ont porté cette responsabilité avec honneur et intégrité depuis 2003. J'ai une pensée toute spéciale pour ceux qui ont été défaits, et je veux remercier aujourd'hui de leur dévouement ceux qui vont continuer à servir dans notre équipe dans un autre rôle. Ensemble, nous devrons mener nos dossiers à terme, dans le cadre des priorités que nous avons énoncées pendant la campagne électorale.
Nous devrons aussi intégrer à notre plan de travail certaines propositions qui ont été faites par nos adversaires car, s'ils demeurent des adversaires, dans ce contexte nouveau, ils devront eux aussi agir en partenaires. Votre travail commence maintenant. [...]
À tous mes concitoyens, je dis aujourd'hui que leur nouveau gouvernement aura comme priorité l'amélioration de notre qualité de vie. Nous serons le gouvernement de tous les Québécois qui travaillent fort, qui ont des enfants qui grandissent, des parents qui vieillissent, qui ont besoin d'un gouvernement qui agit pour eux. Nous serons le gouvernement de ces gens qui ont réussi ensemble l'extraordinaire, c'est-à-dire faire fleurir la langue française en Amérique depuis 400 ans.
Nous travaillerons avec les partis d'opposition pour donner aux Québécois un gouvernement dont ils seront fiers et qui peut faire la différence dans leur vie. Le changement que les Québécois ont souhaité le 26 mars, le changement que les Québécois ont demandé commence maintenant.


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