Les libéraux relégués au 3e rang

Qui ferait le meilleur premier ministre ? Pauline Marois 38%, Mario Dumont 33%, Jean Charest 20%

Sortie de crise

Qui ferait le meilleur premier ministre ? Pauline Marois 38%, Mario Dumont 33%, Jean Charest 20%

Québec -- Rien ne va plus pour Jean Charest et son parti, en ce début de semaine cruciale pour le gouvernement minoritaire qu'il forme. Heureusement pour lui, 56 % des Québécois ne souhaitent pas qu'il soit renversé sur son budget puisqu'ils refusent de retourner aux urnes cet été. C'est en partie ce que révèle un coup de sonde Léger Marketing-Le Devoir, effectué du 23 au 26 mai auprès de 1001 personnes.
Si des élections avaient eu lieu à cette période, le PLQ serait arrivé en troisième place et aurait recueilli 28 % du vote (après répartition des indécis). C'est l'ADQ qui aurait fini en tête avec 33 % des voix alors que le PQ, profitant d'un «effet Pauline» somme toute modéré, se serait hissé à la deuxième place, avec 30 % (le PQ a obtenu 28,3 % à l'élection). «C'est comme si les Québécois savaient pour qui ils ne voteront pas, sans avoir arrêté leur choix sur celui qu'ils veulent élire», fait remarquer M. Léger.
Certes, la course à trois demeure, mais la cote du PLQ de Jean Charest continue de baisser dans l'électorat francophone. Avec 22 % seulement d'appui dans ce groupe, le PLQ défonce son plancher historique de 24 %, établi au scrutin du 26 mars, qui était déjà «le plus bas depuis la Confédération» rappelle Jean-Marc-Léger, président de Léger Marketing. Les francophones -- insatisfaits de son gouvernement à 65 % -- lui préfèrent l'ADQ à 36 % et le Parti québécois à 34 %. Cela signifie qu'en dehors du bastion de l'ouest de l'île de Montréal, la plupart des sièges libéraux sont en péril. Même chez sa clientèle non francophone, le PLQ enregistre une importante baisse, passant de 79 % (Léger Marketing du 31 mars) à 58 %.
Autre mauvaise nouvelle pour le premier ministre: les Québécois rejettent à 70 % la baisse d'impôt qu'il propose dans le budget Jérôme-Forget. À la question «Êtes-vous d'accord avec la baisse d'impôt ou auriez-vous plutôt souhaité que le gouvernement utilise encore davantage cet argent pour améliorer les services en santé et en éducation?», 27 % seulement ont dit préférer voir leurs impôts réduits. Jean-Marc Léger se dit «renversé» par ces chiffres. «C'est la première fois de l'histoire, peut-être, qu'un gouvernement perd des points parce qu'il propose des baisses d'impôt!», déclare le sondeur. Selon ce dernier, les Québécois semblent avoir «intégré le discours des partis d'opposition». Selon lui, si des sondeurs français prenaient connaissance de ces résultats, il s'écrieraient: «Mais ils sont fous, ces Québécois!»
Dans sa globalité, le budget Jérôme-Forget n'est pas bien accueilli par la population: 41 % des Québécois s'en disent insatisfaits, et ce, toutes allégeances confondues. 31 % s'en disent satisfaits alors que 27 % n'ont pas d'opinion. Même au sein des électeurs libéraux, 42 % s'en disent insatisfaits. Malgré tout, 56 % des Québécois ne souhaitent pas que les partis d'opposition s'en servent pour défaire le gouvernement. 50 % des électeurs péquistes souhaiteraient toutefois que l'opposition provoque un nouveau scrutin.
Bien qu'elle ne soit pas encore désignée comme chef, c'est en Pauline Marois que 38 % des Québécois voient la meilleure première ministre potentielle. Elle obtient ainsi cinq points de plus que le chef de l'ADQ, Mario Dumont, (33 %) et coiffe Jean Charest par 18 points (il obtient 20 %). Cela représente une chute importante pour ce dernier, dont la cote, pendant toute la dernière campagne, avoisinait les 30 %. Sans compter que 61 % des électeurs se disent insatisfaits de son gouvernement, contre 37 % de satisfaits. Jean Charest est maintenant moins populaire que son parti.
Notons que le fait d'être une femme aide Pauline Marois, puisque 63 % des Québécois estiment que c'est là «un signe positif». 7 % seulement soutiennent que c'est un élément négatif, alors que 28 % croient que c'est «ni positif ni négatif».
La souveraineté en baisse
Du côté du vote souverainiste, les nouvelles sont moins bonnes pour le PQ et Pauline Marois, puisque 39 % des Québécois se déclarent favorable à cette option, le pire score depuis septembre 2002, note Jean-Marc Léger. Le discours autonomiste a fait du tort au Oui (estimé à 44 % le 26 mars dernier) et aide le Non, qui recueille maintenant 61 % (après répartition des indécis). En fait, à la question «Le Parti québécois devrait-il abandonner la promotion de la souveraineté du Québec pour défendre une plus grande autonomie du Québec au sein du canada ?», 63 % des sondés répondent oui et 34 % non.
Cet état d'esprit favorise toutefois les projets de réforme du PQ évoqués par Pauline Marois depuis l'annonce de sa candidature. 60 % des Québécois appuient le «type de promotion de la souveraineté» proposé par l'unique candidate, elle qui veut cesser de «promettre un référendum sur la souveraineté le plus tôt possible dans le prochain mandat». Fait à noter, 83 % des souverainistes et des péquistes se disent d'accord avec Mme Marois. Quant aux propos de cette dernière au sujet de la social-démocratie québécoise qui serait à renouveler, ils plaisent manifestement aux Québécois, puisque 77 % se disent en accord avec l'énoncé «maroisien» suivant: «il faut créer d'abord de la richesse et ensuite se la partager équitablement».
Avec ces trois questions sur les idées de Pauline Marois, Jean-Marc Léger estime que l'on prend la mesure de «la lune de miel» qu'elle traverse. Cette-ci semble davantage que le fruit de sa seule «personnalité», mais aussi celle de la position qu'elle incarne désormais. Son image de femme bourgeoise, qui a fait écran à ses idées, semble être chose du passé. «On doit constater que l'on a affaire à une toute nouvelle perception de Pauline Marois», a expliqué M. Léger.
Notons qu'avant la répartition des indécis, les évaluations d'intention de vote se présentent ainsi: 31 % pour l'ADQ, 27 % pour le PQ et 26 % pour le PLQ. Le Parti Vert et Québec solidaire obtiennent respectivement 4 % et 3 %. 1 % des électeurs voteraient pour d'autres, 4 % s'abstiendraient et 3 % ignorent pour qui ils voteraient. Enfin, 1 % ont refusé de répondre à la question.
L'enquête de Léger Marketing a été effectuée par téléphone et présente une marge d'erreur maximale de plus ou moins 3,1 %, 19 fois sur 20. L'échantillon a été pondéré selon le sexe, l'âge, la langue maternelle et la région, de façon à être représentatif de la population du Québec.


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