La trahison des élites péquistes

Ce qui nous pend au nez, à nous Québécois, c’est le sort des franco-américains. Notre agonie sera plus longue, bien sûr, mais le processus est le même.

PQ et bilinguisme

[« Marois veut des élèves bilingues »->11612] clamait le Devoir du 5 février 2008.
Le première chose qui me vient à l’esprit en lisant cette phrase, c’est l’histoire des franco-américains, ces quelque 900 000 québécois (ou plus!) qui se sont exilés en sol américain tout au long du 19ième siècle et jusqu’au au début des années 1930, qui ont réussi à résister à l’assimilation pendant presque un siècle et à établir des paroisses, des écoles, des hôpitaux français, pour finalement disparaître totalement en quelques décennies à partir de la fin de la Deuxième Guerre mondiale. Les raisons en sont bien connues;
1) Le réseau d’institutions était trop étroit et trop faible pour permettre à une proportion importante de franco-américains de gagner leur vie en français. Le cadre législatif leur était défavorable. L’anglais langue de travail est devenu irrésistiblement langue d’usage à la maison. Il est impossible de conserver le français comme langue d’usage à la maison à long terme quand on passe 40 heures et plus par semaine à travailler en anglais.
2) Les enfants nés de mariages exogames avaient l’anglais comme langue maternelle
3) La pression de l’anglais langue de travail et son prestige firent en sorte que les élites franco-américaines se sont mises à réclamer des écoles « bilingues » en disant que « 2 langues valent mieux qu’une », que « l’anglais est un plus », qu’il faut « être bilingue », etc. Les écoles franco-américaines devinrent donc progressivement « bilingues », c’est-à-dire qu’une partie de l’enseignement dans les écoles se faisait en anglais. De « bilingues », les écoles sont devenues « anglaises » en peu de temps.
L’assimilation a depuis décimé toute la diaspora de langue française aux Etats-Unis. Le français est une langue parlée seulement par les personnes âgées.
Les mêmes 3 facteurs cités ci-haut sont maintenant à l’œuvre au Québec; le réseau d’institutions de langue française se bilinguise de plus en plus, les institutions anglaises sont beaucoup plus importantes que ne le justifie la taille de la communauté anglo-québécoise, l’anglais domine dans les mariages exogames, très nombreux à Montréal, et le prestige de l’anglais langue de travail fait maintenant perdre les pédales au leadership péquiste qui réclame que « tous les élèves soient bilingues » et que « le vrai défi qu’on a, c’est que nos enfants sortent de l’école bilingues ». Ce sont là presque mot pour mot les mots d’ordre lancés par les élites franco-américaines de jadis.
Ce qui nous pend au nez, à nous Québécois, c’est le sort des franco-américains. Notre agonie sera plus longue, bien sûr, mais le processus est le même. Le recensement de 2006, qui montrait pour la première fois depuis 1971 une remontée du poids démographique des anglophones (langue d’usage) et une chute importante du poids démographique des francophones (langue maternelle et langue d’usage), a levé le voile sur ce qui s’en vient. Aucune « revanche des berceaux » ne nous sauvera cette fois-ci.
L’élite péquiste vient de démontrer qu’elle ne comprend rien à la dynamique des langues au Québec et au Canada et qu’elle n’est pas de taille à relever la tâche historique d’arrêter la minorisation des francophones, qui sont rendus dans leurs derniers retranchements et qui se font maintenant assimiler dans leur foyer historique.
Post-scriptum :
A l’intention de l’élite péquiste :
La dynamique linguistique qui a cours au Québec est un mécanisme « push-pull » comme on dit en génie électrique ou bien « mécanisme à rétroaction positive » comme on dit en commande de procédés; 1) le sur-financement des institutions anglaises leur permet de former plein de travailleurs en anglais, travailleurs qui imposent l’anglais « naturellement » dans leurs milieux de travail et 2) la domination de l’anglais dans les milieux de travail, qui s’accroît depuis au moins 15 ans et qui fait en sorte qu’il est beaucoup plus payant d’apprendre l’anglais que le français au Québec, remplit les écoles, cégeps et universités anglaises, qui forment des travailleurs qui imposeront l’anglais dans leurs milieux de travail, etc.
Que « tous les Québécois soient bilingues » signifie en fait que « tous les Québécois doivent parler anglais ». Est-ce là « l’exaltant » projet politique auquel nous convie le PQ, maintenant qu’il a abandonné l’idée d’indépendance?
Pour régler le problème linguistique au Québec, il faut casser la rétroaction et agir sur les deux leviers simultanément, c’est-à-dire : 1) imposer le français comme langue d’étude à tous les cycles et 2) casser la prime à l’anglais qui existe sur le marché du travail montréalais. Pour faire ça, le gouvernement du Québec pourrait par exemple commencer par cesser d’exiger l’anglais dans à peu près la moitié du secteur hospitalier et post-secondaire à Montréal.


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5 commentaires

  • Archives de Vigile Répondre

    8 février 2008

    Le bilinguisme institutionnel est la première étape avant l'unilinguisme anglais. Parlez-en aux franco-américains, eux qui sont passés dans la moulinette.
    Rappelez-vous des Tisserands du Pouvoir, un film extraordinaire qui relate la triste saga des franco-américains de la Nouvelle-Angleterre. Qui d'entre nous au Québec,ne connait pas la ville de Bideford située près d'Old Orchard Beach dans le Maine qui comptait trois paroisses francophones dont Saint-Joseph, Saint-André et Notre-Dame - de Lourde avec leurs écoles françaises.
    Le drame a commencé lorsque le haut-clergé catholique a décidé de bilinguiser les écoles afin d'accomoder la clientèle irlandaise.C'était la première étape. La deuxième fut de réaliser l'anglicisation totale du réseau qui à l'origine était français.C'EST À CELA QUE CONDUIT LE BILINGUISME INSTITUTIONNEL!
    Quelle tristesse de voir encore aujourd'hui ces rues de Bideford portant des noms français. Quelle tristesse toutes ces boîtes aux lettres aux noms des Rousseau's, Gagnon's et Samson's. Cela n'est pas de la science fiction, c'est la réalité.
    J'invite mes concitoyens de Québec à se rendre à la Kermesse Franco-Américaine de la troisième fin de semaine de juin à Bideford. Vous allez voir de vos propres yeux le sort qu'a subit cette communauté jadis française.C'est malheureusement un évènements purement folklorique qui regroupe des milliers de descendants de ces valeureux québécois qui quittèrent leur vie de misère avec l'espoir d'améliorer leur sort. Tous ces gens ne s'expriment plus du tout dans la langue de Molière,au plus quelques personnes âgées. Pour les jeunes générations, ils ne ressentent plus qu'un vague souvenir...pour combien de temps?
    Je vous invite à vous rendre à Baieview, visiter le monastère des Soeurs du Bon Pasteur, fondée par des filles du Québec. Elles en auront long à vous raconter sur les petits Canada.
    Est-ce à cela que nous convie madame Marois avec son bilinguisme?
    N'y a-t-il pas des leçons de l'histoire à tirer?

  • Ouhgo (Hugues) St-Pierre Répondre

    8 février 2008

    M. Bélanger, Je vous cite:
    "De plus, dans le domaine de la recherche, tous les travaux financés directement ou indirectement par le gouvernement du Québec devraient être suivis de rapports, d’articles rédigés en français."
    Malheureusement, il devient presque utopique de défendre cette thèse depuis que la France, l'automne dernier, a ratifié le Protocole de Londres, à la Commission européenne, qui laisse le choix des trois langues officielles de l'Europe pour la délivrance des brevets européens. On sait que l'anglais exerce une forte attraction d'unification dans le monde de la recherche.

  • Archives de Vigile Répondre

    8 février 2008

    Le français doit devenir incontounable au Québec
    Cet article rejoint la conclusion d'une de mes réflexions sur le sort des Franco-Américains. Mon grand-père est revenu au Québec au début du siècle dernier après quelques années d'exil et je m'en considère chanceux. Une partie de la famille vit en Nouvelle-Angleterre et se fait engloutir par le tsunami culturel américain.
    L'un des moyens que le gouvernement québécois pourrait prendre pour accroître l'utilisation du français au Québec serait d'exiger que tous les documents dont une loi ou un règlement exige le dépôt à l'un de ses ministères soit rédigé en français.
    Par exemple: - tous les actes notariés déposés aux bureaux de la publicité des
    droits. L'utilisation de l'anglais est en croissance dans la
    rédaction des actes de vente même parmi les francophones.

    - les rapports scientifiques se rapportant à l'exploration minière
    ou à tout autre domaine des ressources naturelles;
    De plus, dans le domaine de la recherche, tous les travaux financés directement ou indirectement par le gouvernement du Québec devraient être suivis de rapports, d'articles rédigés en français. C'est humiliant de devoir passer par l'anglais pour découvrir les secrets de notre territoire ( forêts, sol, sous-sol, climat, etc...) ou de notre nation ( génétique, etc...). Les chercheurs américains sont souvent mieux informés que nous.
    Sans un courageux coup de barre, l'utilisation du français au Québec subira un sort similaire à celui de la pratique religieuse.
    Michel Bélanger

  • Ouhgo (Hugues) St-Pierre Répondre

    7 février 2008

    Pour réapprendre l'admiration que les peuples cultivés portent à la langue française que nous bafouons, relisons M. René Marcel Sauvé (2 fév.): Bilingue, vraiment?
    "...Il faut voir à Montréal nos bons Québécois "larges d’esprit", inconscients donc, qui s’empressent de passer à l’anglais sans qu’aucun interlocuteur ne l’impose, par soumission servile et dégrandante, alors qu’il est beaucoup plus simple de s’exprimer en un français clair et articulé qui inciterait l’interlocuteur à faire l’effort de répondre en français..."
    "...En Angleterre et en Russie, nous avons rencontré des gens pour qui posséder le français à fond est la marque d’une culture élevée. De même en Australie, où la langue française est enseignée et reconnue comme langue diplomatique, à cause de sa clarté et de la précision de son propos. Chaque fois que je me rends aux États Unis, je suis surpris de rencontrer des gens qui parlent et écrivent un français cultivé, sans prétention ni affectation, résultat d’une culture élevée et exigeante..."
    "...Les Québécois qui passent à l’anglais sans connaître cette langue à fond ne savemt pas quelle mauvaise impression ils créent chez leurs interlocuteurs. S’ils le savaient, ils s’efforceraient de parler et maintenir un français châtié, non pas affecté mais rigoureux, qui impose reconnaissance et respect..."
    Ce serait vraiment honteux de se laisser couler comme les franco-américains!

  • Mathieu Gauthier-Pilote Répondre

    7 février 2008

    Il est important que nous, les défenseurs de la langue française, fassions bien sentir notre appui inconditionnel au bilinguisme. Vous avez bien lu.
    Nous devons dire et redire que le bilinguisme est une chose très importante au Québec et que nous prêchons ardemment la connaissance de deux langues par les non-francophones. Nous désirons le bilinguisme généralisé de tous les Québécois qui ne parlent pas notre langue officielle comme langue maternelle.
    Par contre, les francophones eux, sont déjà bien assez bilingue français-anglais. Il est temps de promouvoir la connaissance d'autres langues secondes auprès de cette partie de la population québécoise car sinon elle continuera d'être ouverte sur le monde anglophone (au dépend du monde francophone) et fermé sur le reste de la planète. Sans doute l'attrait de l'espagnol peut-il être instrumentalisé afin de concurrencer l'attrait de l'anglais qui est beaucoup trop important.
    Ceci dit, rien ne saurait faire fléchir l'attrait de l'anglais auprès des non-anglophones québécois si ce n'est de LÉGIFÉRER adéquatement afin que préciser les cas particuliers où les employeurs sont en droit d'exiger la connaissance d'une langue autre que notre langue officielle chez nos travailleurs.
    Comme je l'écrivais à Mme Ferretti il y a cinq jours :
    Je me souviens très bien avoir perçu, vers la fin du secondaire, bien que très peu politisé à l’époque, la concurrence des enseignements de professeurs de français nous disant avec émotion et conviction que les Québécois devaient faire tous les efforts pour préserver le français, avec ceux d’autres professeurs nous vantant les mérites, voir la nécessité, du bilinguisme pour décrocher un emploi sur le marché du travail.
    Présentée comme une vulgaire compétence, un simple atout de plus sur le « marché » du travail, la connaissance de l’anglais nous est enfoncée dans la gorge le plus tôt possible et nous avalons sans broncher. Les cours d’anglais commençaient à 9 ans dans mon temps. Heureusement, les cours étaient tellement nuls qu’il était impossible de devenir véritablement bilingue à la fin du programme (à 16-17 ans).
    La « débilité des exigences immédiates du rendement mercantile », expression fort juste, était l’une des raisons de ce double langage de mes professeurs qui, malgré les bonnes intentions évidentes de bon nombre d’entre eux, n’étaient finalement que des fonctionnaires servant un système conçu sur mesure pour produire les fameux techniciens dont manquait le Québec anglicisé à mort d’une certaine époque, que je n’ai pas connu, mais qui sans cesse frappe à nos portes.
    L’attrait de l’anglais semble démesuré. Pourtant, une analyse plus poussée fait voir qu’il est tout à fait proportionnel à notre dépendance collective et notre asservissement passif à des réseaux d’institutions étrangères implantées chez-nous depuis très très longtemps. Je pense qu’il faut dès maintenant considérer le problème de l’inégalité des langues comme étant peu susceptible de disparaître, même au lendemain de l’indépendance.
    Voici ce qu’écrivait Gandhi sur le problème de l’anglais et de l’éducation en 1908 (ma traduction) :
    « Et il est bon de noter que les systèmes d’éducation que les Européens ont rejetés sont les systèmes à la mode chez-nous. Leurs hommes instruits font continuellement des changements. Nous adhérons par ignorance aux systèmes qu’ils ont récusés. Ils essayent en ce moment de faire en sorte que chaque division territoriale améliore sa propre condition. Par exemple, le Pays de Gales est une petite partie de l’Angleterre. De grands efforts sont en cours afin de promouvoir la connaissance du gallois parmi les Gallois. Le chancelier anglais, M. Lloyd George, joue un rôle de premier plan dans le mouvement qui tente de faire en sorte que les enfants gallois parlent le gallois. Et pendant ce temps où en sommes nous ? Nous nous écrivons dans un anglais défectueux, et à cause de ça, même nos détenteurs de maîtrise ne sont pas libres ; nos meilleures pensées sont exprimées en anglais ; les activités de notre Congrès se déroulent en anglais ; nos meilleurs journaux sont imprimés en anglais. Si cet état de choses continue pendant longtemps, la postérité, c’est mon opinion sincère, nous condamnera et nous maudira.
    Il vaut aussi la peine de noter que, en recevant l’éducation anglaise, nous avons asservi la nation. L’hypocrisie, la tyrannie, etc., ont augmenté ; les Indiens connaissant l’anglais n’ont pas hésité à tromper et à semer la terreur parmi le peuple. Maintenant, si par nos actions nous accomplissons quoi que ce soit de positif pour le peuple, nous n’auront repayé seulement qu’une partie de notre dette envers lui.
    N’est-ce pas une chose douloureuse que, désirant me rendre dans une Cour de justice, je doive utiliser l’anglais comme moyen de communication, et que si je deviens avocat, je ne puisse pas utiliser ma langue maternelle et que quelqu’un d’autre doive traduire pour moi à partir de ma propre langue ? N’est-ce pas absolument absurde ? N’est-ce pas là un signe d’esclavage ? Dois-je blâmer les Anglais ou moi-même pour cette chose ? C’est nous, les Indiens qui connaissons l’anglais, qui avons asservi l’Inde. Le malheur de notre nation reposera non pas sur les Anglais mais sur nous-mêmes. »
    Plus loin dans le même écrit (traduit en français sous le titre de Leur Civilisation et notre délivrance), Gandhi propose d’aménager la place que l’anglais doit conserver après l’indépendance, entre autre dans l’enseignement. Malheureusement, des politiciens frileux, comme on dit chez-nous, ont ignoré les positions de Gandhi. L’Inde a une politique linguistique qui me semble fort respectable sur papier, entre autre parce que les États de la fédération ont beaucoup d’autonomie : rien à voir avec la situation de conflit entre le Québec et l’État fédéral. Malgré cela, il reste que la langue anglaise est non seulement une langue officielle au niveau de l’État fédéral indien, mais elle est en perpétuelle progression auprès des travailleurs de tous les grands centres urbains. Mais ont est tellement convaincu que l’anglais n’est qu’une goutte d’eau dans l’océan là-bas. À noter que le français colonial a la même position en Afrique que l’anglais en Inde, ce qui est inacceptable dans les deux cas.
    Tant que les Québécois vivront en Amérique, ils dépendront de l’anglais dans une certaine mesure. Partant de la réflexion de Gandhi, je pense que nous devons immédiatement établir, par la loi, les lieux légitimes de l’anglais dans notre société. Par exemple, nous devrions établir via un règlement que les commerçants québécois auront la liberté d’exiger la connaissance de l’anglais (ou une autre langue) dans le service à l’intérieur d’un certain nombre de secteurs désignés « touristiques ». Partout ailleurs, il y aurait violation des droits linguistiques des travailleurs d’exiger la connaissance de l’anglais pour être serveur ou serveuse. (Comme si les Ontariens accepteraient, eux qui sont libres, de devoir parler le français, l’espagnol ou le mandarin pour être waiter ! Come on !)
    La même chose devrait être faite pour TOUS les secteurs d’activités.
    Pour l’enseignement de l’anglais, il faut impérativement faire la promotion de la connaissance des AUTRES langues étrangères pour la concurrencer et donner le choix de l’ouverture aux autres univers linguistiques. La popularité de l’espagnol peut nous être utile je pense.
    Aujourd'hui je rajoute :
    Les travailleurs ont le droit d'exercer leurs activités en français. dit notre charte au chapitre II.
    À l'article 46 du chapitre VI, on lit : Il est interdit à un employeur d'exiger pour l'accès à un emploi ou à un poste la connaissance ou un niveau de connaissance spécifique d'une langue autre que la langue officielle, à moins que l'accomplissement de la tâche ne nécessite une telle connaissance. [...]
    Ceci m'a toujours semblé nettement insuffisant étant donné le rapport de force inégalitaire qui existe nécessairement entre celui qui offre un emploi et celui qui cherche de l'argent pour payer son loyer au plus vite. Un droit est inutile si on est pas en mesure de l'exercer librement.
    Bien sûr que tous les travailleurs veulent être bilingues! Les employeurs l'exigent continuellement parce qu'ils ont acheté de l'équipement informatique fonctionnant en anglais (ou en franglais), parce qu'ils sont trop souvent des hommes d'affaires médiocres qui suivent bêtement les tendances amorcées aux États-Unis. On ne fait que copier un modèle pensé en anglais pour une population de langue anglaise et parce qu'on ne désire pas investir pour traduire de l'anglais au français, on demande aux employés d'être bilingues.
    Tant que le Québec sera en Amérique du Nord, il commercera avec des voisins anglophones. Ils nous faudra un certain nombre de travailleurs bilingues c'est certain. C'est à nous de déterminer, collectivement, là où la connaissance de l'anglais est justifiée et là où elle est le résultat d'une paresse, d'un manque de respect pour les Québécois qui n'ont qu'une seule langue officielle, pas deux.
    Nous avons près d'un demi-million de nos compatriotes qui sont de langue maternelle anglaise. N'avons nous pas là un nombre bien suffisant de personnes capables de parler français avec leurs collègues du Québec et anglais avec les clients ontariens et américains?