La nouvelle révolution tranquille populiste

PQ - stratégie revue et corrigée



Lundi 26 mars, le Québec est entré dans une nouvelle phase, celle de la révolution tranquille populiste. C'est une grande tendance de l'opinion publique, véhiculant un désenchantement de l'État et qui veut remettre les pendules à une nouvelle heure. Implicite depuis une dizaine d'années, cette tendance vient d'exploser au grand jour avec la montée-surprise de l'ADQ.

- Son principe essentiel est le populisme. Le peuple remplace l'État comme valeur suprême de la politique. On pourrait parler ici d'une inversion majeure du sens de la révolution tranquille toute entière basée sur l'État.
- Il faut moins parler d'État et de bonne gestion (social-démocrate ou néo-libérale) ou même de gouvernement car les gens en ont ras le bol. Plaider pour un bon gouvernement était déjà l'erreur fatale de Bernard Landry en 2003.
- Il faut aussi oublier les enjeux traditionnels devenus rengaines tautologiques (santé, éducation) pour parler plutôt du climat social, des pertes d'emplois aux accommodements raisonnables en passant par les gaz à effet de serre.
- Il faut faire des promesses concrètes aux gens, c'est l'aspect pro-citoyen radical de cette tendance qui plébiscite un État père Noël!
- Et la souveraineté de type anti-colonialiste canadien, chère au PQ, est désormais un archaïsme invendable. Trop structurel, trop étatiste, trop légaliste, manquant de contenu. Si les citoyens veulent persister dans cette voie, il faudra une conception nouvelle de la souveraineté.
En somme la révolution tranquille continue mais en voyant certains de ses postulats réécrits dans une nouvelle perspective. La nouvelle révolution tranquille populiste est sans doute là pour longtemps.
Michel Magnant, Montréal Stratégique


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