Déroute électorale - Le PQ a payé le prix de ses erreurs, selon Facal

Le Parti québécois (PQ) a payé le 26 mars le prix de ses erreurs, de son manque d'écoute et d'une certaine tendance au dogmatisme, estime l'ancien ministre péquiste Joseph Facal.

PQ - stratégie revue et corrigée



Invité à prononcer hier soir une conférence à la faculté de science politique et de droit de l'UQAM, M. Facal s'est montré très critique à l'égard de ses anciens collègues. Certes, les résultats des dernières élections ne sont pas si catastrophiques, juge le sociologue-professeur aux HEC. «Seulement 200 000 voix séparent le premier parti du troisième», note-t-il en soulignant que la nouvelle composition de l'Assemblée nationale pourrait engendrer des résultats positifs.
Mais la défaite du PQ doit être prise au sérieux, croit M. Facal. «Il serait trop simple de blâmer simplement André Boisclair, dit-il. Si même un jeune chef n'a pas réussi à incarner l'espoir, le changement et le goût d'avenir, c'est parce que le PQ s'est refusé à faire une autocritique après 2003. Il en paie aujourd'hui le prix.»
Ainsi, Joseph Facal évalue que le PQ doit cesser de «se comporter comme s'il détenait la vérité absolue et qu'il savait toujours mieux que la population ce qui est bon pour elle. Le PQ projette trop souvent l'image d'une formation qui confond la nécessaire fidélité à ses valeurs et un attachement dogmatique à une politique dépassée», comme le gel des frais de scolarité.
M. Facal a avancé que le PQ se devait «d'inverser sa démarche» pour désormais «partir des préoccupations des Québécois, et chercher ensuite à y répondre par des politiques fidèles à ses valeurs sociales-démocrates». Faute de quoi le parti aura encore l'air de «se parler à lui-même, en s'étonnant plus tard de voir que cela n'éclaire pas les Québécois».
Les résultats de lundi dernier indiquent clairement que le Québec ne veut pas de référendum, note par ailleurs M. Facal. Il est donc temps pour le parti de «rompre avec son obsession référendaire -- qui a donné l'impression durant la campagne d'un chef menotté par son parti -- pour moderniser sa conception de la social-démocratie». Et pour stimuler le vote souverainiste, il faudra renflouer un projet «vidé de sa substance identitaire, de sa charge émotive et existentielle».
La commande est donc grande pour le Parti québécois, reconnaît Joseph Facal, qui dit qu'il faut absolument que ce parti évite la radicalisation. Mais pour les libéraux et les adéquistes aussi, il y a du pain sur la planche. Le PLQ a perdu énormément de terrain dans le vote francophone, dit le professeur, et il fera bientôt face au défi de tenter d'obtenir un troisième mandat consécutif, alors que les Québécois semblent peu intéressés aujourd'hui à leur «fédéralisme inconditionnel». Et Mario Dumont? «On ne peut pas être tout pour tout le monde», croit M. Facal, qui ajoute que M. Dumont risque de trouver lourd le manque d'expérience flagrant de son équipe.


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