La face cachée d'un sondage

Québec - prochaines élections 2007



La bonne humeur règne au Parti libéral du Québec ces jours-ci. On le comprend: après trois ans de déprime, c'est au tour du Parti québécois de broyer du noir. Certains libéraux prédisent déjà une augmentation du nombre de sièges qu'ils remporteront: plus de 80?
Ces gens feraient bien d'analyser le sondage CROP publié cette semaine par La Presse. Il n'annonce pas plus un triomphe libéral que la descente aux enfers du PQ. S'il est vrai que ce dernier a perdu les 16 points d'avance dont il jouissait sur la formation de Jean Charest il y a un an, la situation s'est stabilisée depuis le début de l'automne, malgré les difficultés d'André Boisclair. Ainsi en septembre dernier, le PLQ obtenait 37% des intentions de votes; aujourd'hui, il en récolte... 37%. Les péquistes, de leur côté, ont baissé de seulement 3 points, c'est-à-dire la marge d'erreur du sondage. Le PQ se retrouve au même niveau d'appuis qu'aux élections de 2003. Mais les libéraux, eux, ont toujours 9 points de moins qu'il y a quatre ans.
À peine 43% des personnes interrogées par CROP se disent satisfaites du gouvernement libéral; en 2003, le taux de satisfaction à l'égard du gouvernement péquiste, juste avant le scrutin, était plus élevé de huit points. On sait ce qui est arrivé à ce gouvernement. Bref, si un scrutin avait lieu aujourd'hui, le PQ pourrait fort bien l'emporter. À moins que les libéraux ne réussissent à se rallier une partie significative des électeurs qui stationnent présentement leur intention de vote chez les tiers partis.
Or, on voit encore mal comment les stratèges libéraux s'y prendront pour séduire un électorat qui demeure récalcitrant. Les porte-parole du gouvernement, M. Charest en tête, répètent qu'il feront campagne sur leur bilan. Celui-ci est certes bien meilleur que ce qu'en disent leurs adversaires. Néanmoins, 56% des personnes sondées par CROP préféreraient changer de gouvernement plutôt que de continuer avec l'équipe actuelle. De toute évidence, la plupart des Québécois ne sont pas très impressionnés par le bilan en question.
Les libéraux devront donc parler d'avenir, expliquer ce qu'ils comptent faire de leur éventuel second mandat. Or, sur plusieurs sujets, on n'en sait pas tellement plus des plans du PLQ que de ceux du Parti québécois. La réingénierie de l'État est-elle encore au programme? La réduction du fardeau fiscal des Québécois, laissée de côté pendant le premier mandat, demeure-t-elle une priorité du Parti libéral? Comment un gouvernement libéral gérera-t-il le profond malaise qui s'est emparé de la société québécoise dans le dossier des accommodements raisonnables? À ce sujet, le premier ministre Charest a laissé tout le terrain à Mario Dumont, et maintenant à André Boisclair et Gilles Duceppe (la politique provinciale vous intéresse, M. Duceppe?). Le premier ministre ne parviendra pas par son silence à garder le couvercle sur la marmite.
Plutôt que de rêver à leur prochain triomphe et compter les sièges, les libéraux seraient bien avisés de prendre la mesure de la distance qu'il leur reste à franchir. Surtout que, quoi qu'ils en pensent, André Boisclair a tout le talent nécessaire pour sortir grandi de la crise actuelle.
apratte@lapresse.ca

Featured e9ce29e1df8a56a11b26e68ffd733781

André Pratte876 articles

  • 261 919

[une chronique intitulée « Tout est pourri » (critique de Anne-Marie Gingras) ->http://books.google.fr/books?id=EZWguAMXAtsC&pg=PA27-IA27&lpg=PA27-IA27&dq=pratte+Tout+est+pourri&source=bl&ots=MUti9NTQuH&sig=h2zgJlLgOg844j5ejxnUl4zH2_s&hl=fr&sa=X&ei=73RrT8aQEqnh0QHuh4GyBg&ved=0CEEQ6AEwBQ#v=onepage&q=pratte%20Tout%20est%20pourri&f=false]

[Semaine après semaine, ce petit monsieur nous convie à la petitesse->http://www.pierrefalardeau.com/index.php?option=com_content&task=view&id=30&Itemid=2]. Notre statut de minoritaires braillards, il le célèbre, en fait la promotion, le porte comme un étendard avec des trémolos orwelliens : « La dépendance, c’est l’indépendance ». « La soumission, c’est la liberté ». « La provincialisation, c’est la vraie souveraineté ». « La petitesse, c’est la grandeur ». Pour lui, un demi-strapontin à l’Unesco est une immense victoire pour notre peuple. C’est la seule politique étrangère qu’il arrive à imaginer pour le peuple québécois. Mais cet intellectuel colonisé type n’est pas seul. Power Corp. et Radio-Cadenas en engagent à la poche.





Laissez un commentaire



Aucun commentaire trouvé