Why not?

L'absence de véritable pression par le gouvernement et par la population a donc favorisé ce relâchement d'abord indicible.

Le français à Montréal

We are all people in a hurry with our patience reduced to absolute zero tolerance. The scene is in Montreal. You go into a shop and the shop assistant speaks to you in English. Even if you wanted to, do you really have the time to get into a discussion over that person's inability to speak French? Do you have the time to set off in search of another shop just to buy a litre of milk, a t-shirt or, dare I say it, a clef anglaise? Demanding to be spoken to in French is hardly the most appropriate way of surviving the non-stop pressure of city life.
Let's take another example. A French-speaking Montrealer in excellent spirits goes into a store. Interested in buying some particular item, he asks the sales assistant to show it to him in as good-humoured and polite a manner as possible. He is answered in English. Does our well-mannered customer want to lose his temper and spring into action as in days of yore as the great defender of the language? He did so time and time again in the past. He even has the unpleasant impression of watching the same old movie over and over again. He is exhausted at the thought of former struggles and traumatized by the memory of past defeats. As a member of the baby-boomer generation, he thinks he is too old for a militancy that is on its last legs. With a sigh, he makes a concession. Without a word, he finds the item himself and places it on the counter. He pays for it, avoids saying «Thank you» (his sense of honour would allow nothing less) and, as he steps out into the street, he experiences a slight twinge of sorrow. «So what!», he mumbles between his teeth.
A final example. We are in one of those shops where bilingualism exists but neither language is French. In comes a young French-speaking Montrealer, you know the sort, 110 % tolerant, a true citizen of the world whose command of English and French is such that he mixes both in the same sentence.
This young person has no stomach for disputes, pessimistic sentiments or the prophets of linguistic doom. He is moreover the sort of reader attracted by La Presse rather than by the Journal de Montréal or Le Devoir. He believes in the future but it is really his own personal future in which English is a prerequisite. In the store, he speaks the shopkeeper's language inasmuch as he finds there what he was looking for. What is more, he just loves practising his English. He is a Quebecer without a single complex, who has rid himself of old-fashioned nationalist preoccupations. «I'll speak to you in French and you reply in English. Let's talk and forget the past.»
Tous les Montréalais qui circulent dans l'île d'est en ouest et du sud au nord ne peuvent pas nier cette espèce de ramollissement des comportements des uns et des autres. Les petits commerçants qui ne respectent pas la loi sentent d'autant moins de contraintes à la respecter que les clients protestataires se font plus rares. Il existe au Québec, qu'on le nie ou non, une lassitude de la quotidienneté du combat pour faire respecter l'usage du français. Le gouvernement actuel est davantage un défenseur de la langue qu'un combattant de celle-ci. Or, à Montréal, au jour le jour, il faut être prêt à ces petites batailles. Existe-t-il aussi une volonté populaire pour faire respecter plus scrupuleusement les lois et règlements linguistiques? L'absence de véritable pression par le gouvernement et par la population a donc favorisé ce relâchement d'abord indicible.
Hélas, il faut encore aborder la question de la qualité de la langue. Répéter qu'il existe un lien entre la détérioration de la langue parlée truffée d'anglicismes et de jurons que pratiquent toutes les couches sociales et une combativité à l'imposer. Nous avons désappris le respect pour notre langue, sans quoi nous la parlerions avec plus de précautions, de fierté et de crainte de la malmener.
Dans quel autre pays celui qui parle sa langue nationale avec correction et application se fait-il demander s'il est originaire d'ailleurs? Quelle tristesse que ce réflexe perpétué après les batailles héroïques des années 60 et 70 pour légiférer sur la langue au Québec! Ignorons-nous que ces immigrants qui doivent apprendre le français savent que la qualité de notre langue parlée est douteuse et qu'ils sont moins enclins à l'apprendre et à la parler sauf sous la contrainte, laquelle prend du plomb dans l'aile depuis quelque temps?
L'histoire du Québec a été traversée d'un courant d'assimilation volontaire. Nous n'en sommes pas là aujourd'hui, mais il n'en demeure pas moins que plus nombreux qu'on l'imagine sont ceux qui, par paresse, par lassitude, par essoufflement ou pour être dans l'air du temps mondialisant, flirtent avec l'idée de relativiser l'approche ancienne de la langue au Québec. Or, sans une forme de sacralisation de la langue, aucune défense de celle-ci ne peut résister aux forces d'anglicisation. French, English, what's the problem?
«C't'une joke», pour reprendre le titre d'une nouvelle série d'émissions bientôt à l'affiche à TQS, si la chaîne survit. Quelle métaphore! And what a pity...
denbombardier@videotron.ca
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