Enseigner l'anglais aux francophones est un atout, dit Yolande James

Le français à Montréal


Québec - La titulaire du ministère de l'Immigration et des Communautés culturelles (MICC), Yolande James, estime que la connaissance de l'anglais acquise au Québec par les immigrants francophones peut représenter un avantage pour eux et favoriser leur intégration.
«La clé de l'intégration, c'est l'emploi», a rappelé Mme James dans un entretien accordé au Devoir. La ministre réagissait à l'article, publié hier dans Le Devoir, qui révélait que l'État québécois paie pour des cours d'anglais offerts aux immigrants francophones afin d'améliorer leur employabilité dans la région de Montréal.
«Même Mme Marois suit des cours d'anglais. Vous comprendrez que c'est un avantage. Alors c'est dans ce sens-là qu'on veut aider les gens à s'intégrer. L'intégration, oui, c'est la francisation, mais déjà, la majorité des gens [qui migrent au Québec] ont une connaissance du français ou sont francophones. On va les aider à trouver un emploi dans le contexte du Québec.»
Les immigrants ont accès à des cours d'anglais grâce aux mesures actives d'emploi mises en oeuvre par le ministère de l'Emploi et de la Solidarité sociale. Certains organismes chargés de l'intégration des immigrants offrent aussi dans leurs locaux des cours d'anglais offerts par des professeurs détachés par les commissions scolaires. En outre, les immigrants peuvent s'inscrire à des cours d'anglais dispensés par les services d'éducation aux adultes.
Le titulaire du ministère de l'Emploi et de la Solidarité sociale (MESS), Sam Hamad, a indiqué hier que l'apprentissage de l'anglais n'est qu'une facette des programmes visant l'amélioration de l'employabilité des immigrants. «Dans l'employabilité, il n'y a pas juste la langue. S'il [l'immigrant] n'a pas l'estime en soi, s'il a besoin de cours de français, s'il n'a pas de secondaire 5, par exemple, on va l'aligner vers là pour le préparer à trouver une job. C'est une approche globale», a-t-il livré au Devoir.
L'an dernier, Emploi-Québec a fourni aux immigrants des mesures actives d'emploi d'une valeur de 53,4 millions de dollars. Cette année, c'est le MICC qui prendra la note à sa charge. Son enveloppe budgétaire vient d'être augmentée de 143 millions, atteignant les 270 millions, afin d'englober les dépenses faites par le MESS, le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) et le ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport (MELS) en ce qui a trait à l'intégration des immigrants. Ainsi, le MELS a consacré 39,5 millions à la francisation des immigrants.
Yolande James a précisé que son ministère ne verse rien au MELS pour les cours d'anglais destinés aux immigrants et assume tous les coûts de leur francisation.
La chef du Parti québécois, Pauline Marois, qui avait affirmé au Devoir en février qu'elle souhaitait que tous les enfants québécois soient bilingues en sortant de l'école, croit que «c'est un plus d'être même trilingue, et ça, il n'y a personne qui va m'empêcher de dire ça».
Mais on ne doit pas ajouter de ressources supplémentaires à celles qui existent déjà dans les commissions scolaires pour l'enseignement de l'anglais aux immigrants, a indiqué Mme Marois au cours d'un point de presse.
Il faut d'abord «qu'on puisse vivre, travailler, participer à la société québécoise en français», estime Pauline Marois. La chef péquiste se désole que tous les ans, de 5000 à 6000 immigrants qui ne connaissent pas le français fuient à leur arrivée les cours de français qui leur sont destinés.
La semaine dernière, Mme Marois a proposé d'obliger les entreprises à justifier l'obligation de bilinguisme liée aux postes qu'elles affichent. La chef péquiste a aussi rappelé les dispositions de son projet de loi, présenté l'automne dernier, qui impose un «contrat d'intégration» forçant le gouvernement à fournir des cours de francisation aux nouveaux arrivants et obligeant ceux-ci à se franciser.


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