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Parmi ces engagements à court terme, il y en a deux, en particulier, que nous applaudissons : une baisse des impôts pour les particuliers et le dégel des droits de scolarité

Gouvernement Charest - à la remorque...

Le premier ministre, Jean Charest, semble avoir puisé à deux sources son inspiration pour le discours inaugural prononcé hier : l'ADQ de Mario Dumont et le Parti conservateur de Stephen Harper. Le chef libéral a donc tiré enseignement de ce qui s'est passé sur les scènes politiques fédérale et québécoise au cours des derniers mois.
De l'Action démocratique, le gouvernement a retenu des propositions populaires qu'il rejetait il y a quelques semaines à peine, notamment la tenue d'une consultation publique sur les conditions de vie des aînés et le retour, dans nos écoles, des bulletins chiffrés. Surtout, M. Charest a compris combien les Québécois étaient inquiets des conséquences pour leur identité de certaines revendications de groupes religieux minoritaires. Dans ce passage, de loin le plus long de son discours, le premier ministre a parlé avec conviction et fermeté : «Je crois dans la diversité qui enrichit notre identité. Mais je dénonce le zèle religieux qui l'appauvrit.»
S'il a enfourché ce cheval de Mario Dumont, M. Charest a cherché à se distancer de l'approche mise de l'avant par le député de Rivière-du-Loup : «Je pense qu'on grandit lorsqu'on tend la main. Ma position, c'est celle des rapprochements, des rapprochements indispensables. C'est ça être libéral.»
Même chose du côté des relations avec le reste du pays. M. Charest s'est montré plus nationaliste que jamais : «Que serait le Canada sans le Québec? Le Canada devra un jour le reconnaître.» Puis il s'est fait l'apôtre des alliances avec les autres provinces, préférable selon lui au «repli du Québec sur lui-même» que semble prôner M. Dumont.
De Stephen Harper, le discours inaugural a emprunté l'expression «nouveau gouvernement», que les conservateurs emploient toujours plus d'un an après leur arrivée au pouvoir; on la trouve à dix reprises dans le texte de M. Charest. Et puis le gouvernement libéral a pris hier un nombre limité d'engagements - huit - qu'il a promis de réaliser d'ici la fin de l'année. Difficile de ne pas voir là une copier-coller de la stratégie minimaliste du gouvernement minoritaire de M. Harper.
Parmi ces engagements à court terme, il y en a deux, en particulier, que nous applaudissons : une baisse des impôts pour les particuliers et le dégel des droits de scolarité assorti d'une bonification correspondante du régime des prêts et bourses. Au sujet de la baisse des impôts, tous les partis ont convenu, à un moment ou à un autre, que le fardeau fiscal des Québécois était trop élevé. Des sommes colossales ont été investies au cours des dernières années dans les services publics. Il est temps d'accorder aux contribuables de la classe moyenne un répit, même modeste, en autant évidemment que l'état des finances publiques le permette.
Le chef de l'opposition officielle, M. Dumont, avait raison de faire remarquer que ce discours inaugural manquait de «vision». Cependant, n'est-ce pas le souhait qu'ont exprimé les électeurs le 26 mars dernier : «Arrêtez de vous gargariser de beaux discours et attaquez-vous à nos problèmes concrets»? En ce sens, on peut dire que le premier ministre a bien compris le message que lui destinaient les Québécois. Du moins, comme n'a pas manqué de le souligner M. Dumont, pour ce qui est des intentions...
apratte@lapresse.ca

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André Pratte876 articles

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[une chronique intitulée « Tout est pourri » (critique de Anne-Marie Gingras) ->http://books.google.fr/books?id=EZWguAMXAtsC&pg=PA27-IA27&lpg=PA27-IA27&dq=pratte+Tout+est+pourri&source=bl&ots=MUti9NTQuH&sig=h2zgJlLgOg844j5ejxnUl4zH2_s&hl=fr&sa=X&ei=73RrT8aQEqnh0QHuh4GyBg&ved=0CEEQ6AEwBQ#v=onepage&q=pratte%20Tout%20est%20pourri&f=false]

[Semaine après semaine, ce petit monsieur nous convie à la petitesse->http://www.pierrefalardeau.com/index.php?option=com_content&task=view&id=30&Itemid=2]. Notre statut de minoritaires braillards, il le célèbre, en fait la promotion, le porte comme un étendard avec des trémolos orwelliens : « La dépendance, c’est l’indépendance ». « La soumission, c’est la liberté ». « La provincialisation, c’est la vraie souveraineté ». « La petitesse, c’est la grandeur ». Pour lui, un demi-strapontin à l’Unesco est une immense victoire pour notre peuple. C’est la seule politique étrangère qu’il arrive à imaginer pour le peuple québécois. Mais cet intellectuel colonisé type n’est pas seul. Power Corp. et Radio-Cadenas en engagent à la poche.





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