L'incroyable hypocrisie des partis d'opposition!

Budget MJF - baisses d'impôts


Il y a neuf mois, alors que j'étais vice-présidente de l'Institut économique de Montréal (IEDM), j'ai publié un document qualifiant de [«modeste et ambigu»->1932] le bilan du premier gouvernement de Jean Charest.


Ce verdict s'appuyait principalement sur le fait que pendant la campagne électorale de 2003 le Parti libéral du Québec avait promis de réduire l'impôt des particuliers d'un milliard de dollars par année pendant cinq ans tandis que ses quatre premiers budgets avaient cumulativement réduit le fardeau fiscal de seulement 626 millions, soit moins d'un quart des réductions promises.
La réaction des partis d'opposition à cette analyse fut sévère, en particulier celle de l'Action démocratique du Québec dont le chef, Mario Dumont, avait déclaré: «Il est clair que le gouvernement Charest doit s'avouer coupable de fausse représentation à l'égard des citoyens du Québec et présenter ses excuses à la population.»
Cette étiquette de «briseur de promesses» a hanté Jean Charest tout au long de la dernière campagne électorale. Maintenant que le premier ministre cherche à remplir son engagement de réduire l'impôt des particuliers de 950 millions, les partis de l'opposition menacent de faire tomber son gouvernement. Quelle hypocrisie! L'ADQ dit préférer une réduction de la dette. Le Parti Québécois voudrait quant à lui augmenter les dépenses de l'État en matière d'éducation et de services de maintien à domicile pour les aînés.
Or, la réduction du fardeau fiscal proposée par les libéraux respecte non seulement la parole du parti, mais sert également les intérêts économiques des Québécois qui sont surtaxés depuis trop longtemps. À chaque année, l'Institut Fraser calcule la journée de «liberté fiscale», c'est-à-dire, le jour de l'année jusqu'auquel il faut travailler simplement pour payer ses impôts et taxes. En 2006, au Québec cette journée est tombée le 27 juin, plus tard que partout ailleurs au Canada. Depuis 1996, le Québec s'est retrouvé cinq fois en tête de ce palmarès honteux et s'est classé au deuxième rang les cinq autres années.
Selon certains, les Québécois ne voudraient rien savoir des baisses d'impôts. D'après le plus récent sondage Léger Marketing, 70% s'y opposent, y compris 51% des sympathisants libéraux. Ils préfèreraient que l'argent en question soit dépensé pour améliorer les services en santé et en éducation. Ce sondage part toutefois d'une fausse prémisse. Il présume qu'il est impossible de baisser les impôts et d'assurer en même temps les services essentiels; le gouvernement doit donc choisir entre les deux. Or, le budget Charest augmente les dépenses en éducation et en santé de 5 et 6%, respectivement, un fait qui n'a pas été mentionné dans la question soumise aux répondants du sondage, qui peuvent donc avoir l'impression que les services publics essentiels seront privés de fonds à cause des réductions d'impôts. D'ailleurs, dans un sondage antérieur, quand Léger a posé simplement la question, «Tenez-vous aux réductions d'impôts promises par les libéraux en 2003?», sept Québécois sur 10 ont répondu par l'affirmative.
Encore plus important à souligner, c'est que l'expérience démontre qu'une baisse d'impôts a pour effet d'augmenter les recettes de l'État en stimulant la croissance économique et, ainsi, les sommes recueillies en impôts. Ce fut le résultat en Ontario où une réduction de l'impôt des particuliers de 36% entre 1996 et 2002 a produit une augmentation de 15% dans les impôts payés et une augmentation de 37% dans les revenus de source propre. Ce n'est pas par accident que sept provinces canadiennes sur 10, et que le gouvernement fédéral ont inclus des réductions d'impôts dans leurs plus récents budgets. On doit sans cesse le répéter: il faut créer la richesse avant de la redistribuer. Et la création de richesse se génère en laissant aux contribuables plus d'argent dans leurs poches pour investir, pour dépenser, pour soutenir leurs familles et stimuler l'économie.
Pour toutes ces raisons, les baisses d'impôts prévues dans le budget Charest devraient être adoptées intégralement. Les partis de l'opposition doivent mettre un terme à leurs discours hypocrites, cesser de compromettre l'avenir économique du Québec et appuyer une mesure que donnerait aux Québécois les moyens de soutenir la qualité de vie dont ils souhaitent jouir.
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Ex-vice-présidente de l'Institut économique de Montréal, l'auteure est chargée de cours à l'Institut d'études canadiennes de l'Université McGill.


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