Contre le référendisme, pour la gouvernance souverainiste

PQ - gouvernance nationale<br>Conseil national 14-15 et 16 mars



«Congédier le référendisme, c'est rappeler que dans le processus d'accession à l'indépendance, pivot d'une gouvernance souverainiste élue, le référendum est une modalité démocratique de poids pour mettre à contribution la population dans le franchissement des principales étapes et, assurément, valider le résultat final.» (Le Devoir, le 8 janvier 2008.)
Denis Monière tire des lignes précédentes la conclusion selon laquelle «Gérald Larose [...] cherche à justifier l'évacuation de la souveraineté comme enjeu des prochaines élections [...] et propose que le Parti québécois ne fasse plus de référendum, du moins à court terme» (Le Devoir, le 11 janvier 2008). Ou bien il a été distrait et n'a pas prêté une attention soutenue au texte, ou bien il a une véritable difficulté à se «désencarcanner» du référendisme.
Tel que synthétisé et souligné ci-dessus dans un des 13 paragraphes publiés dans Le Devoir et, aussi, dans les 15 pages publiées dans L'Action nationale de décembre dernier, je propose exactement le contraire. Ce que je récuse sans appel, c'est le cadre référendiste traditionnel, qui réduit la question nationale à une mécanique et à un échéancier. Ce que j'appelle de tous mes voeux, c'est la réintégration du projet de l'indépendance du Québec dans le périmètre du politique et de toutes ses institutions, de sa gouvernance au premier chef. Je propose un autre cadre stratégique, celui d'une gouvernance souverainiste.
Réintégrer le projet de l'indépendance
Essentiellement, il s'agit de conquérir (élections) et d'assumer (gouvernance) la responsabilité de la conduite des affaires de l'État québécois dans la perspective d'aménager immédiatement les éléments fondamentaux nécessaires à la construction du Québec souverain, d'amener les grandes missions de l'État à faire les vrais choix d'avenir et de lancer des signaux de gestion annonçant mieux le type de société que porte le projet.
Dans L'Action nationale de décembre dernier, 12 mesures structurantes (institutionnelles) sont proposées, notamment la constitution du Québec, la citoyenneté québécoise, l'établissement de la laïcité de l'espace étatique, le français, seule langue de l'État, la régionalisation politique de la gestion de certains équipements, la création de la caisse d'assurance emploi du Québec, etc.
J'y propose aussi cinq orientations stratégiques devant pénétrer les missions de base de l'État, notamment la priorité absolue à l'éducation, la territorialisation de la propriété industrielle, la création d'un «Hydro-Québec» de l'énergie et de l'économie vertes, etc. Et, enfin, je suggère huit grands signaux de gestion, notamment la nomination de personnes issues de l'immigration à des postes importants, l'éradication des signes coloniaux, dont celui du lieutenant-gouverneur, le soutien aux médias alternatifs, etc.
Prendre les devants et agir
On comprend qu'un parti souverainiste qui prend la barre des affaires de l'État québécois sur la base d'une proposition de gouvernance de ce type, débattue dans le cadre d'un scrutin, n'est plus sur la défensive. Il prend les devants. Il agit. Il fonce. Il n'est plus dans l'attentisme. Évidemment, les inconditionnels du Canada vont tout faire pour essayer d'enrayer sa démarche et le stopper dans son processus de construction concrète. En conséquence, le peuple doit être mis dans le coup. C'est lui qui décidera. Sur un élément précis ou sur le projet global, selon le contexte. Le référendum, en tant que modalité démocratique de poids, jouera alors son véritable rôle.
Clarté et rigueur
Cette approche induit une dynamique politique concrète. L'objectif est clair: construire le Québec souverain. La méthode est rigoureuse: le faire systématiquement et avec le monde. L'«horizon», pour employer une catégorie du référendisme traditionnel repris par le chroniqueur du Devoir Michel David dans son commentaire du 10 janvier, c'est l'immédiat. Les «ressources», catégorie du même univers, c'est la gouvernance politique elle-même.
L'indépendance du Québec est un combat politique. Il est extraordinairement noble parce qu'il est démocratique. Il est à conduire visière levée, avec éthique et détermination. En sollicitant les meilleurs ainsi que le meilleur de chacun, sur tous les fronts, tous les jours, à tous les niveaux.
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Gérald Larose, Coprésident du Conseil de la souveraineté du Québec
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