Ce que M. Harper a vraiment dit

Pratte s'emmêle... ou quand «nécessaire» ne veut pas dire «nécessaire»...


Avant de commenter la prétendue ingérence du premier ministre du Canada dans la campagne électorale québécoise, il faut descendre plusieurs barreaux de l'échelle de l'indignation qu'ont allégrement grimpée MM. Boisclair, Charest et Dumont.
Qu'a dit M. Harper, exactement? À une question de Gilles Duceppe sur le déséquilibre fiscal, le chef conservateur a répondu: "Nous sommes toujours prêts à considérer les possibilités. Pour avoir de telles relations fiscales avec les provinces, il est nécessaire d'avoir un gouvernement fédéraliste à Québec et un gouvernement qui respecte les champs de compétence des provinces, ici à Ottawa."
M. Harper n'a pas dit que si un gouvernement souverainiste était élu, son gouvernement n'entretiendrait aucune relation avec lui. Il n'a pas dit non plus que les Québécois feraient bien de ne pas voter PQ sinon le fédéral leur couperait les vivres. Il a constaté que, dans le domaine des relations fiscales entre Ottawa et les provinces, il serait difficile, sinon impossible, de négocier avec un gouvernement indépendantiste.
Où est le scandale, l'ingérence, le mépris? La colère du chef du Parti québécois, André Boisclair, est d'un illogisme patent. Il y a une semaine à peine, M. Boisclair déclarait devant plusieurs centaines de militants que "la seule façon de régler le déséquilibre fiscal, c'est de faire la souveraineté du Québec". Rappelons aussi que M. Boisclair veut tenir un référendum le plus rapidement possible dans son premier mandat. Persuadé qu'il n'y a aucun moyen de régler le déséquilibre fiscal au sein de la fédération, convaincu que le Québec doit devenir indépendant le plus tôt possible, pourquoi diable le chef péquiste voudrait-il entreprendre des négociations sur le partage de points d'impôt avec le gouvernement fédéral? Pourquoi les leaders indépendantistes, s'ils jugent de tels pourparlers voués à l'échec, s'offusquent-ils de ce que M. Harper ne veuille pas négocier un nouveau fédéralisme fiscal avec eux?
À moins qu'en réalité M. Boisclair soit intéressé à rendre le fédéralisme plus efficace. Si c'est le cas, il devrait le dire et abandonner son projet de tenir un référendum sur la souveraineté.
Se peut-il que les propos du premier ministre fédéral choquent tant les Québécois parce qu'ils nous confrontent à nos contradictions? Notamment à celle-ci. En réaction à un fédéralisme perçu comme centralisateur, nous avons élu des gouvernements indépendantistes. Et voici qu'en réponse au fédéralisme d'ouverture mis en oeuvre par les conservateurs, bon nombre de Québécois comptent voter... pour un parti qui ne veut rien savoir d'une telle ouverture! Et on s'étonne que le Canada anglais se demande depuis 40 ans "What does Québec want?"
André Boisclair a accusé Stephen Harper de se livrer à du "chantage". Réfléchissons à cela en laissant de côté pour une minute nos réflexes nationalistes. Qui se livre à du chantage ici: le premier ministre du Canada soulignant que si les Québécois veulent faire avancer le fédéralisme d'ouverture, il serait logique qu'ils élisent un gouvernement croyant au fédéralisme? Ou le parti indépendantiste qui, tout en brandissant l'arme référendaire, exige que le reste du pays cède au Québec plus de pouvoirs et d'argent?

Featured e9ce29e1df8a56a11b26e68ffd733781

André Pratte876 articles

  • 262 350

[une chronique intitulée « Tout est pourri » (critique de Anne-Marie Gingras) ->http://books.google.fr/books?id=EZWguAMXAtsC&pg=PA27-IA27&lpg=PA27-IA27&dq=pratte+Tout+est+pourri&source=bl&ots=MUti9NTQuH&sig=h2zgJlLgOg844j5ejxnUl4zH2_s&hl=fr&sa=X&ei=73RrT8aQEqnh0QHuh4GyBg&ved=0CEEQ6AEwBQ#v=onepage&q=pratte%20Tout%20est%20pourri&f=false]

[Semaine après semaine, ce petit monsieur nous convie à la petitesse->http://www.pierrefalardeau.com/index.php?option=com_content&task=view&id=30&Itemid=2]. Notre statut de minoritaires braillards, il le célèbre, en fait la promotion, le porte comme un étendard avec des trémolos orwelliens : « La dépendance, c’est l’indépendance ». « La soumission, c’est la liberté ». « La provincialisation, c’est la vraie souveraineté ». « La petitesse, c’est la grandeur ». Pour lui, un demi-strapontin à l’Unesco est une immense victoire pour notre peuple. C’est la seule politique étrangère qu’il arrive à imaginer pour le peuple québécois. Mais cet intellectuel colonisé type n’est pas seul. Power Corp. et Radio-Cadenas en engagent à la poche.





Laissez un commentaire



Aucun commentaire trouvé