INDÉPENDANCE DU QUÉBEC 380

Un chemin critique lourd de conséquences. Aucune stratégie magique possible.

« L’indépendance totale du Québec comme État souverain est-elle vraiment essentielle ? » se demandent de nombreux Québécois

Chronique de Bruno Deshaies



Dans l’unique commentaire à notre chronique précédente no 379, monsieur Claude André St-Pierre de Québec nous soumettait à tous la question suivante : « Est-ce que le fondement de la DÉCISION de choisir l’indépendance du Québec relève d’abord d’une adhésion sentimentale ou encore d’une recherche purement cérébrale ? »
On sait que pour une large majorité de la population québécoise, on peut penser que notre interlocuteur se demande toujours SI l’indépendance totale du Québec comme État souverain est vraiment essentielle. Après cinq décennies de débats sans fin, cette question brûlante demeure d’actualité dans l’opinion publique pour quiconque ne met pas de lunettes roses. Les indépendantistes non pas seulement le devoir de se comprendre et d’unir leur force mais de répondre aux deux questions qui nous sont posées.
1) La première question soulève le problème de la DÉCISION à prendre au sujet de l’indépendance.
2) La deuxième question porte sur le caractère ESSENTIEL de l’indépendance totale du Québec comme État souverain.

À la première question, la réponse est complexe, car CHOISIR est difficile. Le processus qui entraînera la prise d’une DÉCISION finale met en cause chaque citoyen, individuellement, comme SUJET, et un OBJET qui concerne la libération collective de la société à laquelle il appartient. C’est dans le « MOI » (le sujet) que réside le « siège des pulsions créatrices » (cf., APPENDICE).
Le « siège des pulsions créatrices » (les règles de chaque sujet) sont incontournables qu’on le veuille ou non. L’intériorité est en quelque sorte irréductible, unique. En rester là, cependant, c’est accepter de n’être conduit que par ses sentiments. Malheureusement, « l’adhésion sentimentale » ne suffit pas pour soutenir le fait national, soit de se reconnaître distinct collectivement et de vouloir perdurer significativement dans le temps. De plus, le sujet n’est pas seul. Il vit en société. Il est « associé » aux autres de sa communauté. Un choix doit être fait avec les siens. La prise de décision est inévitable. Pour qu’elle soit durable, le « siège de la logique » fondé sur la RAISON (et la pensée) intervient dans ce rapport circulaire avec le SUJET (le « Moi »). Il ne suffit plus de sentir le problème, il faut aussi la RAISON. Le « siège de la logique » entre en ligne de compte. Chaque sujet doit être amené à connaître le problème afin de désirer consciemment le CHOIX qu’il fera en connaissance de cause.
***
Lire la version intégrale dans le document joint.

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Bruno Deshaies209 articles

  • 267 466

BRUNO DESHAIES est né à Montréal. Il est marié et père de trois enfants. Il a demeuré à Québec de nombreuses années, puis il est revenu à Montréal en 2002. Il continue à publier sa chronique sur le site Internet Vigile.net. Il est un spécialiste de la pensée de Maurice Séguin. Vous trouverez son cours sur Les Normes (1961-1962) à l’adresse Internet qui suit : http://www.vigile.net/Les-normes-en-histoire-1-20 (N. B. Exceptionnellement, la numéro 5 est à l’adresse suivante : http://www.vigile.net/Les-Normes-en-histoire, la16 à l’adresse qui suit : http://www.vigile.net/Les-normes-en-histoire-15-20,18580 ) et les quatre chroniques supplémentaires : 21 : http://www.vigile.net/Les-normes-en-histoire-Chronique 22 : http://www.vigile.net/Les-normes-en-histoire-Chronique,19364 23 : http://www.vigile.net/Les-normes-en-histoire-Chronique,19509 24 et fin http://www.vigile.net/Les-normes-en-histoire-Chronique,19636 ainsi que son Histoire des deux Canadas (1961-62) : Le PREMIER CANADA http://www.vigile.net/Le-premier-Canada-1-5 et le DEUXIÈME CANADA : http://www.vigile.net/Le-deuxieme-Canada-1-29 et un supplément http://www.vigile.net/Le-Canada-actuel-30

REM. : Pour toutes les chroniques numérotées mentionnées supra ainsi : 1-20, 1-5 et 1-29, il suffit de modifier le chiffre 1 par un autre chiffre, par ex. 2, 3, 4, pour qu’elles deviennent 2-20 ou 3-5 ou 4-29, etc. selon le nombre de chroniques jusqu’à la limite de chaque série. Il est obligatoire d’effectuer le changement directement sur l’adresse qui se trouve dans la fenêtre où l’hyperlien apparaît dans l’Internet. Par exemple : http://www.vigile.net/Les-normes-en-histoire-1-20 Vous devez vous rendre d’abord à la première adresse dans l’Internet (1-20). Ensuite, dans la fenêtre d’adresse Internet, vous modifier directement le chiffre pour accéder à une autre chronique, ainsi http://www.vigile.net/Le-deuxieme-Canada-10-29 La chronique devient (10-29).

Vous pouvez aussi consulter une série de chroniques consacrée à l’enseignement de l’histoire au Québec. Il suffit de se rendre à l’INDEX 1999 à 2004 : http://www.archives.vigile.net/ds-deshaies/index2.html Voir dans liste les chroniques numérotées 90, 128, 130, 155, 158, 160, 176 à 188, 191, 192 et « Le passé devient notre présent » sur la page d’appel de l’INDEX des chroniques de Bruno Deshaies (col. de gauche).

Finalement, il y a une série intitulée « POSITION ». Voir les chroniques numérotées 101, 104, 108 À 111, 119, 132 à 135, 152, 154, 159, 161, 163, 166 et 167.





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4 commentaires

  • Bruno Deshaies Répondre

    7 novembre 2011

    Individu et société vont inévitablement en tandem.
    C’est le rapport de l’homme et de la société en général qui est cause.
    2011-11-07, par Bruno Deshaies
    Les réflexions et les questions de monsieur St-Pierre au sujet de la chronique précédente ainsi que les commentaires sur cette chronique me réjouissent. Il me semble qu’il y a ici un début de réflexion sur les fondements de l’indépendance nationale du Québec. C’est vraiment plus que la langue et la culture. Il s’agit de la VIE des individus et des conditions de vie. C’est le rapport de l’homme et de la société en général qui est cause.
    La réflexion de monsieur Gignac se rapproche de celle de monsieur St-Pierre. On ne peut pas échapper aux rapports sur la « vie et conditions de vie » de l’individu et de la société. Monsieur Gignac constate que «la question de l’indépendance [...] est liée à des pulsions de vie et de mort tant pour une collectivité, une nation que pour un individu ». Personnellement, je pense que le « grand malaise intérieur » est perçu de la même façon par ces deux intervenants.
    L’analyse de monsieur Bélisle l’entraîne vers l’idée que « la représentation que se fait chaque individu de son rapport à une collectivité déterminée et à son intérêt réel ou imaginaire d’y appartenir et de partager le destin de celle-ci » marque le regard de chaque individu et de la société comme groupe humain. Individu et société vont inévitablement en tandem. C’est le rapport de l’homme et de la société en général qui est cause.
    Ces trois intervenants ont dépassé depuis longtemps le discours habituel stricto sensu de la langue et de la culture. Ils savent que cela ne suffit plus.
    Aux nombreuses questions que monsieur Montmarquette nous posent, on pourrait dire qu’elles se rapprochent aussi des préoccupations de monsieur St-Pierre. Toutefois, ce dernier termine son commentaire sur cette note particulière en s’adressant à moi ainsi qu’aux intervenants sur Vigile : « Poursuivez vos recherches et continuez de nous écrire sur Vigile. J’ose espérer qu’au moins un Indépendantiste et un Fédéraliste osera éclairer les citoyens du Québec en la matière. »
    Monsieur Christian Montmarquette affirme : « Si on ne met pas de matière dans l’indépendance, il n’y aura pas matière à faire l’indépendance. » C’est une formule assez simple qui met sur la touche les réflexions des trois autres intervenants. Le problème est très sérieux. Je dirais même que s’il y a autant d’opérations indépendantistes qui dérapent, c’est justement parce que les fondements ne sont pas véhiculés auprès de la population québécoise.
    Cette question de la « rationalité complexe » n’est pas un pis-aller. Elle vise à prendre en considération chacun des québécois et à lui faire comprendre que la privation ou le remplacement est pour une société une oppression essentielle. En bref : le remplacement, la substitution : facteur d’appauvrissement. Ce sont de nouveaux paradigmes ou de nouvelles « normes » qui doivent guider la représentation que les Québécois doivent se faire de l’indépendance nationale.
    Notre prochaine chronique consistera à apporter un éclairage sur cette objection de monsieur Montmarquette : « En quoi ça m’avance.. Moi.. ? ..de faire l’indépendance ? »

  • Christian Montmarquette Répondre

    5 novembre 2011

    «Si on ne met pas de matière dans l'indépendance, il n'y aura pas matière à faire l'indépendance» - CM
    L'avocat du diable...
    Ou,
    Quand la langue et la culture ne suffisent plus.
    M'a dire comme on dit dans le monde ordinaire Monsieur Deshaies..
    - En quoi ça m'avance.. Moi..? ..de faire l'indépendance ?
    - Vous voulez que je risque mes acquis et ma sécurité pour de belles paroles, l'honneur et le drapeau ?
    - Comment se fait-t-il qu'en près de 50 ans d'existence, le PQ a été incapable de se mettre une minute dans la peau des gens ordinaires et de proposer un Québec indépendants plus avantageux économiquement pour l'ensemble de la population que de rester dans le Canada ?
    ...Alors que quelques nationalisations et quelques bons coups de pieds bien placés aux postérieurs des entreprises pourraient faire une sacrée différence...
    - À croire qu'il ne veulent pas nous la vendre ou ne pas nous convaincre pour mettre si peu dans la balance.
    «Si on ne met pas de matière dans l'indépendance, il n'y aura pas matière à faire l'indépendance» - CM
    Christian Montmarquette
    Québec Solidaire - Montréal

  • Jean-Pierre Bélisle Répondre

    5 novembre 2011

    Dans le cadre de vos propos, …
    La question de l'indépendance ou souveraineté me semble liée à la représentation que se fait chaque individu de son rapport à une collectivité déterminée et à son intérêt réel ou imaginaire d'y appartenir et de partager le destin de celle-ci.
    En dernière analyse, notre conscience, nos idées, nos sentiments d'appartenance sont déterminés par les conditions matérielles dans lesquelles nous vivons.
    Ainsi, le terme "nation" et les symboles associés n'ont pas nécessairement la même signification, le même sens et la même force chez le pêcheur, l'agriculteur, l'ouvrier, le commis de bureau, le fonctionnaire, le professionnel autonome, le propriétaire d'entreprise, le banquier, le membre de l'oligarchie, le chauffeur de taxi, le vagabond ou l’immigrant.
    Pour chacun, le concept de "territoire" a d’ailleurs peu à voir avec les frontières juridiques officielles de l’État. Chaque citoyen le sien : c’est à dire l’espace physique, administratif ou virtuel dans lequel se déroulent les opérations de la vie quotidienne visant à subvenir à ses besoins, à ceux de sa famille ou aux intérêts de son entreprise.
    Tout le reste n’est que donnée seconde, du construit. De la résonance à des symboles, à des couleurs, à des sonorités vocales ou musicales qui peu à peu structurent nos idées et les élèvent avec d’autant plus de succès qu’elles correspondent à nos véritables besoins ou à ceux auxquels on tente de nous faire croire.
    Simple réflexion sous toute réserve.
    JPB

  • Archives de Vigile Répondre

    4 novembre 2011

    Monsieur Deshaies
    Pour moi, je crois que la question de l'indépendance est très instinctive et liée à des pulsions de vie et de mort tant pour une collectivité, une nation que pour un individu. Lorsque je vois ma langue menacée de disparaître et mon peuple menacé dans sa cohésion sociale par une immigration débordante bien planifiée par les oligarques et par leurs entremetteurs collabos, c'est-à-dire nos politiciens carriéristes sans autre vision que la petite politique provinciale; je me sens mourir intérieurement. Tant que nous ne serons pas un pays indépendant, nous vivrons toujours sur la corde raide avec un grand malaise intérieur qui ressemble à une mort appréhendée. ÊTRE OU NE PAS ÊTRE!
    André Gignac 4/11/11