INDÉPENDANCE DU QUÉBEC 384

Oui à l'indépendance nationale du Québec!

Réponse à un citoyen qui s’exclamait : « La souveraineté, je ne sais plus ce que ça veut dire ! »

Chronique de Bruno Deshaies




Mise en situation
Pourquoi pas un sondage ?
OUI À LA CONSTITUTION QUÉBÉCOISE !
Par L'actualité, 28 Mars 2011
Source : http://www.lactualite.com/politique/oui-la-constitution-quebecoise
Voici ce que nous présentait la revue L’Actualité sur cette question dans un sondage qui s’est déroulé du 18 au 21 janvier 2011.
Plus des deux tiers des Québécois estiment que le Québec devrait se doter de sa propre Constitution, selon un sondage CROP-L’actualité.

Voilà qui devrait sourire au Parti québécois, qui, s'il prend le pouvoir aux prochaines élections, compte faire adopter une Constitution québécoise. Celle-ci affirmera entre autres la primauté de la langue française, l'égalité entre les femmes et les hommes ainsi que la laïcité des institutions publiques.
****
Sachant que la Constitution canadienne permet aux provinces de se doter de leur propre Constitution et que la Colombie-Britannique dispose déjà de la sienne, seriez-vous d'accord ou non pour que le Québec se dote aussi de sa propre Constitution, comme le propose le Parti québécois ?
Tout à fait / Plutôt d'accord              67 %
_ Tout à fait / Plutôt en désaccord      33 %
Sondage CROP-L'actualité mené par l'intermédiaire d'un panel Web auprès de 1 000 adultes du 18 au 21 janvier 2011.
Commentaires (Extrait)
Par Jérémie Dunn (ven, 8 juillet 2011)
Un peuple libre qui se respecte, ça a une constitution!
_ Par Julien Beaupré (ven, 6 mai 2011 - 00:37)
Cet article ne fait pas mention de l'importance de la rédaction et de l'adoption d'une constitution québécoise pour Québec Solidaire.
Dommage. Le PQ n'a pas le monopole de cette revendication.
Par Claude Béland (dim, 12 juin 2011)
D'ailleurs, Monsieur Beaupré, une constitution ne doit pas être adoptée par un parti politique. Elle doit être adoptée démocratiquement par l'ensemble de la population. Dans une société démocratique, le peuple est souverain et non pas un ou des partis.
_ Par Claude Béland (dim, 6 décembre 2011)
Faut-il rappeler que 82% de quelques milliers de personnes ayant participé aux États généraux sur la réforme des institutions démocratiques en 2002-2003 (visites de 21 villes et grand rassemblement de 1,000 au Centre des congrès à Québec) ont voté en faveur d'une constitution québécoise.
Pour sa part, actuellement, le Mouvement Démocratie et Citoyenneté du Québec se concentre sur l'éducation citoyenne à l'adoption éventuelle d'une constitution québécoise.
o o o
Opinion d’un citoyen qui a déjà milité dans un parti politique :
«  La souveraineté, je ne sais plus ce que ça veut dire. »
POSITION DU PROBLÈME
Dans le cas du Québec annexé au système politique canadian, une constitution du Québec n’est rien de plus qu'une constitution provinciale qu'elle soit participative ou même soumise à la souveraineté populaire. C'est démocratique, rien de plus, mais ce n'est pas indépendantiste nécessairement.
Le choix clair : L’INDÉPENDANCE NATIONALE DU QUÉBEC.

1. C’est le droit de se déterminer librement en matière de système politique national.
2. C’est le droit exclusif d’exercer tous les pouvoirs étatiques sur le territoire, monopole de législation et réglementation, de juridiction et de contrainte.
3. C’est le droit de choisir et d’élaborer librement une politique autonome en matière de relations internationales.

Telle est la signification profonde des expressions « être maître chez soi » et « être présent au monde » pour une collectivité distincte qui veut jouir de sa liberté collective à l'interne et à l'externe.
Faire l'indépendance du Québec, c'est posé un geste révolutionnaire qui est éminemment démocratique s’il s’appuie ultimement sur une cohésion collective afin d'acquérir la vraie liberté collective, c'est-à-dire la vraie souveraineté et, conséquemment, la « vraie nation souveraine » est celle qui maîtrise majoritairement l'État central et des États régionaux (locaux). Dans ce cas, c'est « la vraie NATION SOUVERAINE ». Voilà le message clair qui doit être adressé aux Québécoises et aux Québécois.
L’indépendance nationale québécoise est une fin en soi légitime, intelligente et possible. La population québécoise réclame un discours clair sur l’indépendance afin d’appuyer la solution indépendantiste qui fera des Québécois une nationalité et une nation libre et une « vraie nation souveraine ».
La société québécoise vit démocratiquement son cheminement collectif. Elle sait comment fonctionne le système démocratique parlementaire depuis 1792. Les Anglo-québécois, les émigrés au Québec tout comme les Amérindiens ou les Inuits ne peuvent que faire partie du changement.
Les Québécois subissent les règles démocratiques du Canada-Anglais depuis huit générations. Comment pourrait-on changer la situation ? Ce n’est pas de constituions, du vote à deux tours, des procédures électorales multipartites, de régime présidentiel nécessairement ou d’une nouvelle carte électorale mais d’indépendance nationale du Québec d’abord. C’est là la vraie dignité collective pour une nation qui se respecte et qui veut participer librement, mais par soi, à la VIE internationale par sa présence au monde par elle-même.
Discussion
REMARQUE. Laissons de coté les débats dans le domaine des rivalités politiques et des partis et demandons-nous si le débat le plus pertinent est celui d’une constitution « provinciale » en attendant d’être assez motivés pour FAIRE l’indépendance du Québec.
Savons-nous vraiment ce que pense la population québécoise ? Un citoyen bien ordinaire me disait à l’aréna à l’occasion du patinage libre pour les aînés : «  La souveraineté, je ne sais plus ce que ça veut dire ? » Est-il le seul à penser de cette façon ? Mon expérience me dit qu’ils sont quelques centaines de milliers au Québec à ne plus croire les souverainistes qui parlent de tout et de rien à la fois et surtout entre eux seulement. Toutefois, je suis certain qu’ils sont prêts à échanger et à vouloir comprendre pourquoi les choses se passent comme elles se passent en ce moment. Ils manifestent de l’intérêt et ils veulent comprendre. Ils ont aussi des idées au sujet de notre histoire. Ils sont avides de savoir pourquoi le Québec se contente du statu quo.
Par exemple, comment faire comprendre une pensée comme celle-ci de Maurice Séguin : « Jamais un peuple ne disparaît sans avoir été mis dans une fédération. »
Avoir une constitution québécoise dans le régime fédératif canadian, c’est être annexé. Une difficulté majeure du comportement des souverainistes Québécois-Français consiste à penser et à agir comme si l’histoire ne se passe que dans le présent. À ce sujet, Jules Michelet a exprimé avec des mots justes le problème. Il écrit dans Le Peuple (1846) : « Celui qui veut s’en tenir au présent, à l’actuel, ne comprend pas l’actuel. » C’est exactement ce qui s’est passé le 2 mai 2011. Et qu’on ne vienne pas s’en prendre trop vite aux électeurs et électrices. L’électorat n’a peut-être pas changé d’idées mais il a changé de « véhicule ».
Les ténors de la souveraineté ont une lourde responsabilité. Dans les commentaires au sondage de L’Actualité, monsieur Claude Béland affirme : « Une constitution ne doit pas être adoptée par un parti politique. Elle doit être adoptée démocratiquement par l'ensemble de la population. Dans une société démocratique, le peuple est souverain et non pas un ou des partis. » Très bien. Cependant, l’indépendance nationale est du même ordre mais à un niveau autrement plus élevé. C’est de toute une société nationale dont il s’agit.
PLQ, PQ, CAQ, QS, PI, etc., tous ces partis politiques confondus sont, en tant que tels, dans le même bateau. Leur ambition ne dépasse pas la prise du pouvoir contre celui qui détient le pouvoir. Solide vision de l’avenir du Québec ! À la base, le parlementarisme de type britannique ou de type présidentiel fonctionne de la même façon. La démocratie parlementaire se fonde sur la règle de la majorité sous quelques formes qu’elle prenne. La souveraineté populaire doit s’exprimer majoritairement. Si l’on tient que le peuple est souverain, il faudrait le préparer à partager le changement profond qui est souhaitable pour qu’il soit majoritairement souhaité, c’est-à-dire d’avoir le désir inébranlable que quelque chose se réalise.
La population québécoise a peut-être plus d’ambition que tous nos chefs politiques. Malheureusement, elle ne trouve pas l’équipe nationaliste indépendantiste capable de projeter le Québec sur un horizon plus large encore que ce qu’elle voit sous ses yeux. Cet horizon lui paraît plutôt gris et nébuleux. Pourtant, l’indépendance nationale du Québec doit certainement dire quelque chose de précis.
Ce n’est pas par l’étapisme ou les stratégies référendaires ou les débats sur les « ingrédients » de la souveraineté (par ex. : tous ces projets de sociétés, l’identité nationale, développer notre économie locale, l’école, la santé, l’environnement, etc.) mais sur les fondements de l’indépendance d’abord que nous devons nous comprendre. Il y a sûrement un bon grand bout de notre histoire que nous ne voulons pas comprendre pour « virer » à ce point comme nous le faisons en ce moment.
Répétons ce que nous avons écrit :
Le choix clair : L’INDÉPENDANCE NATIONALE DU QUÉBEC.

1. C’est le droit de se déterminer librement en matière de système politique national.
2. C’est le droit exclusif d’exercer tous les pouvoirs étatiques sur le territoire, monopole de législation et réglementation, de juridiction et de contrainte.
3. C’est le droit de choisir et d’élaborer librement une politique autonome en matière de relations internationales.


Peut-on savoir si l’idée proposée ci-devant est acceptée d’emblée ?
Sommes-nous si certains que nous nous entendons vraiment ?

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Bruno Deshaies209 articles

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BRUNO DESHAIES est né à Montréal. Il est marié et père de trois enfants. Il a demeuré à Québec de nombreuses années, puis il est revenu à Montréal en 2002. Il continue à publier sa chronique sur le site Internet Vigile.net. Il est un spécialiste de la pensée de Maurice Séguin. Vous trouverez son cours sur Les Normes (1961-1962) à l’adresse Internet qui suit : http://www.vigile.net/Les-normes-en-histoire-1-20 (N. B. Exceptionnellement, la numéro 5 est à l’adresse suivante : http://www.vigile.net/Les-Normes-en-histoire, la16 à l’adresse qui suit : http://www.vigile.net/Les-normes-en-histoire-15-20,18580 ) et les quatre chroniques supplémentaires : 21 : http://www.vigile.net/Les-normes-en-histoire-Chronique 22 : http://www.vigile.net/Les-normes-en-histoire-Chronique,19364 23 : http://www.vigile.net/Les-normes-en-histoire-Chronique,19509 24 et fin http://www.vigile.net/Les-normes-en-histoire-Chronique,19636 ainsi que son Histoire des deux Canadas (1961-62) : Le PREMIER CANADA http://www.vigile.net/Le-premier-Canada-1-5 et le DEUXIÈME CANADA : http://www.vigile.net/Le-deuxieme-Canada-1-29 et un supplément http://www.vigile.net/Le-Canada-actuel-30

REM. : Pour toutes les chroniques numérotées mentionnées supra ainsi : 1-20, 1-5 et 1-29, il suffit de modifier le chiffre 1 par un autre chiffre, par ex. 2, 3, 4, pour qu’elles deviennent 2-20 ou 3-5 ou 4-29, etc. selon le nombre de chroniques jusqu’à la limite de chaque série. Il est obligatoire d’effectuer le changement directement sur l’adresse qui se trouve dans la fenêtre où l’hyperlien apparaît dans l’Internet. Par exemple : http://www.vigile.net/Les-normes-en-histoire-1-20 Vous devez vous rendre d’abord à la première adresse dans l’Internet (1-20). Ensuite, dans la fenêtre d’adresse Internet, vous modifier directement le chiffre pour accéder à une autre chronique, ainsi http://www.vigile.net/Le-deuxieme-Canada-10-29 La chronique devient (10-29).

Vous pouvez aussi consulter une série de chroniques consacrée à l’enseignement de l’histoire au Québec. Il suffit de se rendre à l’INDEX 1999 à 2004 : http://www.archives.vigile.net/ds-deshaies/index2.html Voir dans liste les chroniques numérotées 90, 128, 130, 155, 158, 160, 176 à 188, 191, 192 et « Le passé devient notre présent » sur la page d’appel de l’INDEX des chroniques de Bruno Deshaies (col. de gauche).

Finalement, il y a une série intitulée « POSITION ». Voir les chroniques numérotées 101, 104, 108 À 111, 119, 132 à 135, 152, 154, 159, 161, 163, 166 et 167.





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1 commentaire

  • Bruno Deshaies Répondre

    18 janvier 2012

    LES ÉVÉNEMENTS SE BOUSCULENT : UN CHANGEMENT DE TÊTE AU PQ
    18 janvier 2012, par Bruno Deshaies
    Le PQ demeure toujours devant une crise de confiance. Est-ce que le monde ordinaire, Monsieur Tout-le-monde, croit qu’il peut faire confiance à un parti politique et aux politiques, hommes et femmes de ce parti, sans se poser des questions sérieuses ? À quel moment ce cirque médiatique prendra-t-il fin ? Un changement présumé de tête semble se profiler sérieusement dans un court terme. Quel horizon sera proposé ? Personne ne le sait, comme toujours.
    Dans ces circonstances, la meilleure façon de faire pour les indépendantistes serait d’affirmer haut et fort aux dirigeants de tous les partis politiques au Québec une ligne de conduite ferme sur la position indépendantiste des Québécois. Ce choix est ouvertement exprimé dans cette chronique autour d’idées claires et précises au sujet de l’indépendance nationale du Québec.
    Le cri de ralliement doit se faire sur un contenu non équivoque de l’idée d’indépendance.
    L’occasion est belle pour les indépendantistes de faire connaître la nature de « la vraie souveraineté » et de « la vraie nation souveraine ». L’explication est très claire ici au sujet du premier aspect. Une décision à prendre : « Je l’accepte. » Pour le second aspect, « la vraie nation souveraine » est celle qui maîtrise majoritairement l’État québécois (peu importe la forme du régime politique retenu). Une autre décision à prendre : « Je l’accepte. »
    Le Québec indépendant ne sera plus dans un état de NATION ANNEXÉE ou FÉDÉRÉE mais dans des « relations de voisinage, de juxtaposition » où les rapports de forces iront de l’ordre de l’ÉGALITÉ de voisinage, de l’INFÉRIORITÉ de voisinage ou de la SUPÉRIORITÉ de voisinage et, OBLIGATOIREMENT, avec « la maîtrise de sa vie collective à côté d’autres nations » : (a) de même force, (b) plus fortes ou (c) moins fortes et toujours, selon l’expression consacrée : « Maître chez nous. »
    Il s’agit de faire accepter de telles idées à la population pour qu’enfin la souveraineté populaire s’exerce sur tous les partis politiques comme un choix incontournable pour le parti qui voudrait prendre le pouvoir à Québec et assumer entièrement la responsabilité de mettre en œuvre le processus de libération collective. Le peuple souverain pourra faire enfin la différence au plan démocratique. C’est plus que faire une élection et prendre le pouvoir. C’est faire la révolution politique fondamentale avec l’appui d’une majorité du peuple souverain. Cette prise de position est préalable à l’indépendance nationale du Québec.