Déclenchement des élections mercredi

Tous les partis sont sur la ligne de départ

Voter ADQ, c'est se confiner à l'opposition, dit le candidat péquiste dans Charlesbourg

Québec 2007 - Analyse


Québec - Voter ADQ à Québec, c'est se confiner à l'opposition. Tel était l'argument présenté par l'ancien bloquiste Richard Marceau lors de son investiture comme candidat péquiste dans Charlesbourg, samedi, en présence du chef péquiste André Boisclair. C'était là un des nombreux événements politiques de la dernière fin de semaine avant le déclenchement des élections, mercredi: le Parti libéral a adopté sa plateforme lors de son conseil général, l'ADQ a révélé une nouvelle identité visuelle et Québec solidaire a annoncé son slogan devant l'Assemblée nationale.
«Contons-nous pas d'histoire, l'ADQ ne gagnera pas l'élection générale », a martelé M. Marceau à Charlesbourg en ajoutant que voter pour ce parti, dans la région de Québec revenait à «confiner la région de Québec à un rôle hors des cercles de leadership, sur les lignes de touche, et la seule alternative au gouvernement Charest la seule alternative véritable, sérieuse, dans la région de Québec comme partout au Québec, c'est voter pour le Parti québécois».
M. Marceau a été député bloquiste de 1997 à 2006 et a été battu par la vague conservatrice dans Québec. Il a affirmé que le gouvernement libéral de Jean Charest avait abandonné la ville de Québec, la fermeture du zoo en étant l'illustration la plus claire. «Non seulement [les libéraux comme Michel Després, Philippe Couillard et Éric Mercier] n'étaient pas là pour défendre le zoo, mais ils ont tué le jardin zoologique!», s'est-il indigné. M. Marceau a soutenu aussi que «tout n'a pas été» dit sur cette histoire, laissant entendre que la chose ne s'était pas faite proprement.
M. Marceau prenait la parole avant le chef péquiste, André Boisclair qui, lui, a plutôt choisi d'ignorer Mario Dumont et l'ADQ. Estimant que Jean Charest n'était pas à la hauteur des premiers ministres de l'histoire du Québec, toutes couleurs politiques confondues, le chef péquiste a lancé: «Vous souvenez-vous d'Égalité ou indépendance de Daniel Johnson? Vous souvenez-vous de maître chez nous? Vous souvenez-vous de rendez-nous notre butin, de Duplessis? Qui parlait de la souveraineté culturelle? Robert Bourassa.» Or, a soutenu M. Boisclair, Jean Charest est le seul politicien à se présenter devant l'électorat québécois «sans position constitutionnelle». «Sa phrase à lui c'est: "le fruit n'est pas mûr".»
Interrogé plus tard en point de presse, M. Boisclair a abordé un autre sujet occulté pendant son discours: la hausse des droits de scolarité prônée par les libéraux. Il a rappelé que sa formation était en faveur d'un gel et a ajouté ceci: «La dernière fois que les libéraux ont dégelé [les frais], ils les ont triplés et ont diminué le financement public. L'annonce [de M. Charest] n'est pas précédée par une modification concrète des régimes de prêts et bourses, et sans un engagement clair aussi sur le financement de l'éducation. [...] C'est nettement insuffisant.»
Lucide et solidaire
Par ailleurs, les porte-parole de Québec solidaire (QS), Françoise David et Amir Khadir, accompagnés d'une trentaine de candidats de l'est du Québec, ont choisi l'Assemblée nationale comme décor, hier, pour lancer leur slogan: «soyons lucides, votons solidaire». Clin d'oeil à l'ancien premier ministre Lucien Bouchard et à son manifeste: «La lucidité n'appartient pas qu'à ceux qui veulent rembourser la dette. Nous sommes solidaires parce que nous sommes lucides et que nous voulons proposer des solutions concrètes et réalisables aux problèmes sociaux et environnementaux du Québec», a déclaré Mme David.
Cette dernière a commenté l'image du chef libéral, qui s'est entouré de ses 44 candidates samedi, lors de son discours au Conseil général: «Il est loin de la moitié. Nous ne nous contenterons pas de belles paroles, Québec solidaire présentera au moins 50 % de femmes», a-t-elle mentionné.
QS aurait déjà trouvé 110 candidats et candidates, a précisé l'attaché de presse Simon Tremblay-Pepin, et le parti aura des candidats dans toutes les circonscriptions. Serge Roy, ancien président du Syndicat de la fonction publique et candidat dans Taschereau, a lancé un appel à tous les syndicalistes: «Que ce soit avec Olymel ou avec la loi 142, on a vu que le Parti libéral a choisi son camp, il a choisi de combattre les syndicats et les travailleurs. De son côté, le Parti québécois est incapable de prendre des positions fermes sur ces questions. Tous les syndiqués devraient lire les engagements de Québec solidaire, ils y trouveront des propositions à la mesure de leurs aspirations.»
QS a aussi rappelé hier qu'il a été le premier parti, avant l'ADQ, à présenter sa plateforme électorale, qui compte 25 engagements. Celle du PQ devrait être divulguée lors d'un conseil national samedi prochain.


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