Non, VLB n’est pas un monstre…

Chronique de Michel Gendron


Si j’ai écrit « Victor-Lévy Beaulieu le traître » dans le [préambule de ma chronique du 17 février->11858], c’est avant tout pour pasticher l’individu quand lui-même traite Pauline Marois du même qualificatif. Pour quelqu’un qui carbure aujourd’hui à l’ADQ, il faut être assez gonflé merci pour frapper d’anathème l’actuelle chef du PQ. La surenchère dans les mots fait que, finalement, ils ne veulent plus rien dire. Notre écrivain national fait dans l’enflure verbale, ce qui devient agaçant à la longue. Ne soyez donc pas surpris si je prends sa défense. Et tant pis pour vous si vous décelez une contradiction là où il n’y en a pas.
Je me demande cependant si VLB est sérieux lorsqu’il traite Marois de traître. Il est vrai que la première dame du PQ n’a pas impressionné par ses déclarations concernant l’apprentissage de l’anglais à l’école et ses tentatives pour museler l’intelligentsia souverainiste. Malheureusement, elle a presque réussi à nous faire oublier ses quelques bons coups de l’automne dernier. Les cafouillages actuels risquent-ils de se reproduire? Espérons que cela ne se produira pas trop souvent.
Si Marois s’enfarge sur la question de l’enseignement de l’anglais, on peut dire que VLB s’élance en toute conscience sur toutes les pelures qu’il voit. Malcommode comme pas un, il passe à la moulinette quiconque ose souligner les contradictions que recèle son discours. Le sophisme pamphlétaire, il est vrai, n’est peut-être pas une approche pertinente dans le débat actuel.
On sait que l’homme est particulièrement attiré par les idées socialistes. D’ailleurs, n’a-t-il pas sa chronique dans l’Aut’journal? On ne peut certes pas accuser Pierre Dubuc et ses scribes d’être de fieffés colporteurs d’une idéologie duplessiste revampée aux goûts du jour. Barre-t-il à droite, notre ami VLB ? Pas du tout. Si vous persistez à le croire, ces quelques mots, concernant la gratuité de la formation universitaire sauront vous en dissuader :
Nier aux étudiants le droit à la gratuité de l’enseignement, c’est contribuer à faire perdurer un pouvoir bourgeois qui n’a que lui-même comme finalité.
Si cela n’est pas marxisant, alors je ne sais pas ce que c’est. Dans cet article, publié dans l’Aut’journal le 22 janvier dernier, VLB fait état des difficultés qu’il a connues en tant que fils d’ouvrier pour recevoir une éducation digne de ce nom. En quelques lignes, il m’a rappelé l’excellent « Nègres blancs d’Amérique » du regretté Pierre Vallières. L’éducation ne doit pas devenir une marchandise accessible aux seuls nantis.
Et que dire de [ce bout de phrase censuré par La Presse->12028], que l’on peut lire sur le site de l’Aut’journal, en date du 25 février 2008, et par laquelle [il s’adresse à André Pratte->12017] et aux biens-pensants qui le traitent « d’habitant bouseux » :
"Malheureusement pour cette pseudo élite, je crois qu’ont encore un sens, pour le Québécois que je suis, les mots qu’elle tente de censurer absolument : race, identité, nation, peuple, patriotisme, patrie, langue québécoise-française, liberté et indépendance."
L’homme se rebiffe, il brasse la cage, puis ouvre la porte pour laisser sortir ce qui rugit dedans. Son fameux article paru en mars 2007, juste avant les élections, m’avait totalement jeté par terre. Quoi, VLB passe à droite (l’ADQ), et qui plus est une droite qui est contre l’indépendance ? Oui, j’ai souffert, et j’ai encore bien plus souffert le 26 mars au soir. Mais, paradoxalement, c’est à partir de ce moment-là que j’ai commencé à comprendre que l’élite dominante du mouvement indépendantiste tenait absolument à ce que tout soit rubber stampé « progressiste » et – sans doute inconsciemment - « montréaliste ».
***
Ceci m’amène à dire quelques mots à propos de Mathieu Bock-Côté. Autant j’ai été tenté de démoniser le jeune sociologue, autant j’ai voulu connaître le fond de sa pensée suite à la débâcle péquisto-boisclairienne. Pourquoi ? Parce que j’ai compris qu’un vide m’habitait. Mon analyse sociétale ne me suffisait plus. Ma rationalité ne m’apportait plus le confort d’antan. Ce «Québec ancien » que j’avais arraché de moi ressurgissait à ma mémoire et dans mes tripes. Peu à peu, je m’en suis voulu d’avoir refoulé une partie bien vivante de moi. Oh! cela n’est pas survenu tout d’un coup. Il m’a fallu du temps pour l’accepter. Depuis, j’essaie de partager, mais ce n’est pas facile, puisque le rationnel des disciples de la rectitude politique –- qu’elle soit libérale ou gauchiste -– tend à définir la crise identitaire québécoise comme étant du racisme latent. Cela n’est jamais dit aussi crûment, mais je suis suffisamment sensible pour sentir l’opprobre.
Or, que dit Mathieu Bock-Côté. Il affirme que la question identitaire québécoise ne puise pas aux sources du progressisme, mais bien du conservatisme. Il est question ici de subsister, d’exister, pour simplement mieux s’épanouir. D’avoir un espace, un monde bien à soi, par lequel peut se définir notre appartenance au monde. Que cette conscience puisse parfois s’affirmer maladroitement, j’en conviens, mais il est encore beaucoup plus dommageable de la nier ou, ce qui est pire, de vouloir la faire disparaître. Malheureusement, beaucoup d’entre-nous confondent ce conservatisme avec une idéologie de droite, ce qui n’est pas du tout la même chose. Si beaucoup de nos concitoyens s’interrogent aujourd’hui davantage sur leur identité plutôt que sur la voie à suivre pour s’émanciper, c’est qu’il y a un problème quelque part, et que ce problème se situe à un niveau plus collectif qu’individuel. Refuser de le voir, c’est se condamner à échafauder des conclusions qui seront trop souvent erronées et génératrices de frustrantes divisions.
Finalement, j’apprends à comprendre VLB à travers la compréhension que j’ai de moi-même, ce moi qui baigne dans cette constellation d’individus qui constitue notre tout québécois. J’apprends à concilier mon « progressisme » avec ce conservatisme identitaire qu’une certaine élite est devenue incapable de ressentir, encore moins d’en comprendre l’essence. La rectitude politique s’installe, puis suivent le refus d’écouter, le déni, l’anathème, le mépris. VLB est un progressiste, un vrai. Mais il est aussi épris de justice pour son peuple, et il s’adonne que le sien porte le nom de « québécois ». Et il a de la difficulté à exprimer tout ça. Les douces réparties ne sont pas pour lui, et il lui arrive de dérailler au point de prendre la peine de voter pour une formation populiste de droite.
Cette sortie de VLB en mars 2007 suit de peu la campagne de salissage dont ont été victimes les habitants de Hérouxville après qu’ils eurent osé s’avancer sur la question de l’identité québécoise. Je l’avoue, j’ai moi-même participé au lynchage public de Drouin et compagnie pour leur opposition à la lapidation des femmes musulmanes. Évidemment, comme la plupart, je n’avais pas lu document qu’ils avaient produit. Je me suis fié aux commentaires des éditoriaux, des columnists et des tenants du nationalisme civique qui, comme moi, n’avaient pas pris la peine de fouiller un peu. J’ai commencé à avoir des doutes, quand une personnalité féminine du mouvement souverainiste avait conclu après lecture de la position de Hérouxville, lors d’une réunion privée où j’étais présent, qu’il s’agissait là d’un texte féministe et, à son étonnement, carrément républicain. Mais, persistant dans ma mauvaise foi, je suis demeuré sur mes positions. Malgré tout, le « mal » était fait : je devenais à chaque jour un peu plus enclin à vouloir interroger mes certitudes… Finalement, c’est en lisant le mémoire qu’ils ont déposé lors la Commission B.-T. que j’ai compris que l’esprit borné, c’était moi.

Se peut-il que cette exécution publique par médias interposés des habitants d’une région rurale ait contribué à faire péter les plombs à VLB? Cela n’a sûrement pas contribué à le calmer, en tout cas. Mes souvenirs sont à l’effet que ce furent les fédéralistes et les petits-bourgeois prétendument « progressistes » - dont une forte proportion de montréalais – qui ont affiché le plus grand mépris par-devers nos concitoyens de Hérouxville. On qu’à aller faire un tour sur Internet pour constater à quel point certains ont pu se montrer odieux. Oui, je crois que l’homme de gauche qu’est VLB n’en pouvait plus d’entendre ces « montréalistes progressistes » à gogo faire preuve de condescendance envers des Québécois exprimant leurs inquiétudes. Pourtant, le succès du groupe « Mes Aïeux », dont le site Internet est en quatre langues, est la preuve éclatante qu’on peut vouloir demeurer soi-même, et ce en pleine mondialisation galopante.
Oui, je comprends mieux VLB aujourd’hui. Simplement parce que je me comprends mieux moi-même, parce que je saisis mieux ce qui anime notre inconscient. Aux progressistes, je dis ceci : accordons nos idées avec ce que nous sommes, en tant que nation réellement existante. Le conservatisme québécois n’est pas réactionnaire, même si certains des individus qui s’en réclament le sont. Nous constituons un tout, et l’oublier c’est nous condamner à une louisianisation lente et douloureuse.
Ne laissons pas les émules du trudeauisme et de ses victimes entrer dans nos têtes. Que nous soyons de droite, de gauche, du centre, d’en haut ou d’en bas.
Et puis au diable les contradictions : VLB, tu m’as déçu, alors je te dis bravo !


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12 commentaires

  • Archives de Vigile Répondre

    5 mars 2008

    Messieurs, messieurs...
    Je ne croyais pas, avec cette chronique, créer une telle guéguerre. Mais force est de constater que VLB sait brasser le canayen.
    Pour ma part, il m'arrive de trouver Beaulieu agaçant, mais au moins met-il de la couleur dans le débat. Et à vrai dire, monsieur Martin, de la façon dont vous réagissez, vous me semblez aussi malcommode que lui...

    Concernant le débat à propos de la langue, je vous invite tous à lire les dernières chroniques de Bernard Desgagné, ainsi que son texte publié dans Le Devoir d'aujourd'hui. C'est du solide, mais ça peut chatouiller nos anglophiles militants.
    Bon, allons, passons à autre chose SVP!

  • Archives de Vigile Répondre

    4 mars 2008

    Cher(e) rapatrié(e)
    Je suis heureux que vous ayez retrouvé vos racines. Oh! que je les aime mes racines, oh! que j'en suis fier. Mais des racines, c'est utile quand ça va profond dans la terre, bien profond, pour qu'aucun vent ne les sorte, ne les déracine. Je ne voudrais pas qu'elles soient à ras le sol comme les vôtres, si fragiles encore qu'elles craignent la moindre bourrasque, je ne voudrais pas qu'elles entortillent ma chevilles, et empêche ma marche vers ma réalisation.
    Prenez en soin de vos racines, nourrissez-les et faites les connaître aux autres qui n'ont pas encore reconnu les leurs. - oserez-vous? en êtes vous assez fier(e) en toutes circonstances? exigez-vous d'être servi(e) en français? J'en doute, vous ne semblez pas encore très affirmé(e).
    Qu'importe, admettez que votre expérience de déraciné(e) n'a rien à voir avec le fait qu'on vous ait enseigné l'anglais à l'école mais tout à voir avec le fait qu'on ne vous ait pas inculqué la fierté de ce que vous êtes, le fait qu'on vous ait laisser seul(e) avec vous-mêmes, sans balise. L'anglais n'est pas le véritable ennemi, c'est notre démission collective l'ennemi, le grand fléau. Or cela, ça ne se corrige pas en deux ou trois coups de gueules. C'est pourquoi, à mon avis, Beaulieu et compagnie font fausse route, ils combattent des moulins à vent pendant qu'ils laissent vagabonder le loup au milieu du troupeau. Mais de toute évidence, voyant combien vous avez déformé mes paroles (relisez-moi S.V.P!), vous ne saisissez pas mon propos.
    Bon enracinement, tout de même!

  • Archives de Vigile Répondre

    4 mars 2008

    Monsieur l'anonyme Martin,
    Je suis montréalais, bilingue. Avec un peu d'espagnol en plus.
    Quand VLB écrit à propos de James Joyce, cet auteur irlandais difficilement comprenable si on n'est pas née dans la digne Eire, c'est déjà quelque chose. Renfermé sur lui-même notre VLB? Pas convaincu, mais pas du tout. Malcommode? Ben oui. Seriez-vous capable de lire J. Joyce dans le texte? Moi pas. Cela dit humblement. Pourtant, VLB l'a fait. Et J. Joyce n'écrivait pas en langue celte, mais en anglais (langue truffées de mots celtes, by de way).
    Monsieur l'anonyme, je suis en quelque sorte un produit de l'assimilation anglo-saxonne. Je connais peu la littérature québécoise, et je commence seulement à apprécier le cinéma québécois et ainsi en est-il de la musique. À 15 ans, je n'écoutais que les Yardbirds, Cream, et autres Mothers of Invention. Je me croyais libre. Je méprisais ce que nous étions, persuadé que nous ne pouvions rien faire de bon. Méchante liberté que de se nier!
    Je redécouvre. Je suis noyé dans un monde culturel qui est autre que le mien. Alors, j'ai décidé d'équilibrer. D'ajouter à ma culture prétendument universelle ce qu'il y a un peu d'ici.
    Je ne suis pas pur et parfait, VLB non plus. Mais de temps à autres, une racine qui s'entortille autour de votre cheville, ça peut faire du bien. Dommage que cela vous fasse mal.
    Désolé de vous décevoir, mais il n'y a pas qu'une seule façon d'être Québécois. Le pluralisme existe aussi chez les gens de "souche".
    Tourlou

  • Archives de Vigile Répondre

    4 mars 2008

    M. Anonyme,
    Vouloir refuser à la majorité l'accès à un bilinguisme fonctionnel c'est bel et bien vouloir la maintenir sous tutelle, la même tutelle qui fut jadis imposée par les gens de robe, et c'est bel et bien faire preuve d'élitisme mais également de couardise. C'est également mal juger le peuple et son attachement à la langue française qui ne s'est jamais démenti depuis la conquête malgré tous les efforts qui s'est fait pour émousser ce sentiment d'attachement et bien malgré les affronts continuels que nous infligeons à cette langue. Ce n'est pas d'aujourd'hui cette méfiance des élites envers le peuple, une méfiance qui n'est jamais très loin du mépris d'ailleurs.
    Êtes-vous fonctionnel dans la langue du conquérant? Si oui, est-ce que cela vous incite à passer de l'autre coté? Évidemment non, puisque vous intervenez sur ce forum. Ce n'est pas davantage mon cas, bien au contraire, le contact avec l'anglais a suffisamment ouvert mes horizons pour que je comprenne que je ne suis en rien tributaire de "l'autre" et que je peux très bien mener ma barque tout seul et aussi bien sinon mieux, n'ayant aucunement dénoté une quelconque supériorité chez l'autre. Alors pourquoi serait-ce différent pour la grande majorité des Québécois. Il ne s'agit pas de faire de l'anglais une langue ayant un statut égale au français - je me battrai toujours pour que la seule langue publique soit le français - mais peut-on sortir de cette idée que l'anglais soit si irrésistible qu'il faille dresser des murs infranchissables entre lui et nous? Le peuple n'est pas aussi veule qu'il se vende à la première opportunité.
    J'ai peut-être exagérer la caricature concernant la stature d'écrivain de VLB, il faut tout de même admettre qu'il ne fut pas un acteur totalement dépourvu d'intérêt à une certaine époque où le Québec avait besoin de se retrouver partout et de parler de lui-même constamment et de s'accrocher à tout ce qui avait la parlure. Ah! Il en a fait du chemin avec la belle parlure ce Victor. Ce patois du terroir que Beaulieu a voulu remettre à l'honneur en certaines occasions, il ne correspond plus à rien du Québec contemporain, simplement par ce qu'il était rattaché à une réalité, surtout rustique, qui n'existe plus. Avoir abandonné ce patois, ne relève pas du colonialisme, cela relève au contraire d'une capacité d'adaptation qui révèle une saine vitalité. Peu importe, j'ose espérer que le Québec a évolué et que nous n'en sommes plus à rechercher se genre d'identification de la même façon que nous n'en sommes plus à nous chercher des modèles à la Maurice Richard. Mais je m'égare.
    Concluons.
    Je persiste et signe en affirmant que VLB a, une fois de plus, fait montre d'une petitesse d'esprit digne du bon vieux temps des soutanes et que l'idéologie qu'il préconise en est une de claustration, voire de trépanation et de castration (rien de moins) d'un peuple entier.
    Merci

  • Archives de Vigile Répondre

    4 mars 2008

    Monsieur Martin,
    "Il (VLB) nous dit qu’il faut laisser à une petite élite éclairée, le droit d’accès au vaste monde extérieur car dans un si vaste océan le petit peuple d’illettrés y perdra certainement son âme. "
    Mais sur quoi vous basez-vous pour affirmer une telle horreur?
    Vous avez le droit de détester VLB. Mais de grâce,n'allez pas jusqu'à déformer la réalité comme tant d'autres le font. N'ajoutez pas les faussetés à votre mépris.

  • Archives de Vigile Répondre

    4 mars 2008

    Pas un monstre, simplement un obsolète.
    Les propos de VLB ont définitivement créé un malaise chez moi et ce n'est pas la première fois. En fait, j'avais déjà quelque peu le pressentiment que ce grandiloquent personnage ce faisait passer pour une lanterne alors qu'il n'est en fait qu'un succube se sustentant de la substantifique moelle nationale pour nourrir et forger ce personnage d'écrivain aux allures Hugoesque. C’est ce qu’il me confirme de plus en plus à chaque fois qu’il fait une de ses sorties. Un personnage assez vain et parfois burlesque :brûler ses écrits, j’ai fait cela lors de ma première peine d’amour… à quatorze ans!
    Mais que suggère-t-il, dans les faits? Il nous dit qu’il faut laisser à une petite élite éclairée, le droit d’accès au vaste monde extérieur car dans un si vaste océan le petit peuple d’illettrés y perdra certainement son âme. Comme ça me rappelle le discours d’un certain clergé si soucieux du bien-être de ses ouailles et, surtout, si jaloux de ses prérogatives. Pour notre prétendu bien nous avons vécu sous le goulag pendant deux siècles et ce cher Victor voudrait nous y maintenir un autre cent ans!
    Si notre peuple est si fragile qu’il faille le garder perpétuellement en vase clos, ce que je ne crois pas, il faudrait peut-être songer à le laisser tout bonnement disparaître.
    Bien franchement les nationalistes me donnent de plus en plus de l’urticaire. Vivement l’indépendance qu’on ait plus à subir ses “alliés objectifs”.

  • Charles Laflamme Répondre

    3 mars 2008

    Pendant que certains endorment le peuple, d'autres ont accepté de payer à même leur réputation d'intégrité pour sonner l'alarme.
    L'attitude conformiste face aux sorties de nos Héros a toujours été reliée à une analyse de stratégie électorale à court terme.
    Lorsqu'on constate que la proportion de francophones diminue au point de ne plus représenter un pouvoir démocratique solide pour protéger notre langue, quelqu'un dévie le sujet en parlant de la qualité du français chez les francophones (chose louable en soi), se dégageant ainsi de faire ce qu'il faut pour que le français devienne une nécessité au Québec.
    Lorsque M. Jacques Parizeau nous informe que nos leviers économiques sont gérés de façon à servir les intérêts étrangers et qu'ils nous échappent, aucun parti qui en a la stature n'essaie d'en avertir le peuple.
    La personne qui défend les intérêts du peuple se retrouve souvent bien seule dans un milieu de théoriciens.
    QUE RESTE-IL COMME MOYEN DE FAIRE RÉAGIR?
    Pousser le sujet à l'autre extrême jusqu'à ce que les autres se réveillent et nous attaquent. Et ça marche. La preuve, c'est que tout le monde s'est d'abord monté contre VLB.
    Beaudelaire employait souvent cette façon de faire.
    Toutefois cette approche demande de surpasser d'abord son amour-propre et peu de gens ont la générosité de le faire en prêtant le flan à autant de critique.
    VLB, un homme aussi engagé dans la cause ne pouvait être le contraire de lui-même. Seuls les manipulateurs qui gardent le peuple endormi ont un discours racolleur. Pas ceux qui essaient de le réveiller.
    Le Québec est actuellement assiégé. Réagissons en conséquence.
    "C'est pour avertir mes amis d'un danger qu'ils frôlaient depuis longtemps, comme moi-même, sans le connaître, que j'ai tant travaillé ce dessin-là. La leçon que je donnais en valait la peine."
    ...
    "Quand j'ai dessiné les baobabs j'ai été animé par le sentiment de l'urgence."
    Le petit prince, A. de Saint-Exupéry

  • Archives de Vigile Répondre

    2 mars 2008

    J'entendais l'autre soir chez Bazzo, un extrait dans lequel Bizz du groupe Loco Locas disait «On a pas le droit d'être des nains, quand nos ancêtres étaient des géants»...
    Plus ça va, plus j'ai le sentiment que la houle que fait monter le souffle de VLB vient de loin. Comme la vague qui se forme au milieu de l'océan avant de déferler sur la côte. Ça prend un certain temps mais elle finit par atteindre le rivage.
    Le vent est en train de changer. Le temps permet la réflexion et votre billet montre bien qu'il faut donner au temps, le temps de faire son oeuvre.
    C'est drôle mais, de désabusé et inquiet que j'étais depuis quelques temps, je suis en train de redevenir optimiste. Ça ne se peut pas que l'apathie soit la trame de notre vie collective. Ça ne se peut pas qu'à force de persistance on ne finisse pas par gagner.
    Vraiment les temps changent. J'en suis de plus en plus persuadé. Merci pour votre billet d'aujourd'hui. Il est porteur d'espoir.

  • Archives de Vigile Répondre

    2 mars 2008

    Monsieur Gendron,
    Je me rends compte que ma réponse peut porter à confusion et laisser sous-entendre que je dénonce vos positions passées. Sachez que ce n'est pas le cas. En fait, j'adhère entièrement aux commentaires de Monsieur Poulin à votre égard. Je tenais à le préciser. Bravo!

  • Raymond Poulin Répondre

    2 mars 2008

    Monsieur Gendron, il vous a fallu beaucoup d'humilité et d'honnêteté intellectuelle pour écrire et publier cette "confession". Vous réfléchissez à partir de votre expérience existentielle d'abord, non des idées reçues ou d'une théorie extérieure à vous-même: humain singulier et par là universel. C'est appréciable.

  • Archives de Vigile Répondre

    2 mars 2008

    Je n'ai pas voté ADQ aux dernières élections. Par contre, plusieurs indépendantistes de mon entourage ont fait le même choix que VLB en espérant donner au PQ "une bonne fessée électorale" et peut-être ainsi ramener ce parti à la raison, c'est-à-dire à sa raison d'être. Certains ne pouvaient blairer Boisclair, d'autres tenaient sensiblement le même discours que VLB. Je cite ici un extrait de son texte "Se déprendre de soi-même" publié dans le devoir du 7 janvier dernier et où l'auteur explique son choix:
    "Si j’ai souhaité en mars dernier que l’ADQ devienne l’opposition officielle, c’est pour deux raisons : par désespoir envers le Parti québécois qui, par simple souci électoraliste, avait mis au placard l’idée même de l’indépendance. Pourquoi aurais-je voté pour un parti qui n’était même plus l’ombre de lui-même ? Une bonne fessée électorale, n’était-ce pas ce qui pouvait lui arriver de mieux ? Quant à l’ADQ, ne représentait-elle pas un fort courant de la culture québécoise, de droite bien sûr, mais il me semble que, dans la démocratie représentative qui est la nôtre, il est préférable de respecter ce droit plutôt que de le laisser couver de façon souterraine comme ça a été le cas après chacune des élections auxquelles l’ADQ avait participé jusqu’alors."
    Rappelons-nous que l'ADQ est le seul parti qui, même maladroitement, a clairement "osé" parler d'identité lors de la dernière campagne électorale québécoise. Le vote de VLB (et de plusieurs indépendantistes) en était un de protestation, circonstanciel. On a donc voté ADQ à défaut de mieux et par "désespoir".
    Calmons-nous donc le ponpon au sujet de VLB. Son geste et ceux qui ont suivi se veulent des électro-chocs pour nous tirer de la torpeur ambiante. Avant de jeter la pierre (comme dans le cas du code de vie d'Hérouxville), certains auraient intérêt à analyser les événements en prenant un peu de recul.

  • Ouhgo (Hugues) St-Pierre Répondre

    1 mars 2008

    M. Gendron,
    Il m’avait échappé que vous ayez participé à la « lapidation » des Hérouxvillois, ils ont été si nombreux! Si votre confession d’aujourd’hui vous honore, elle inquiète quand même. Ceci confirme l’idée que même nos penseurs fiables se nourrissent incestueusement aux mêmes sources. Pour avoir longtemps œuvré en milieu universitaire, je peux comprendre l’existence de chapelles, d’opinions personnalisées par affinités, copinage(sans vous associer à ces vices). Maintenant retiré à la campagne, j’ai dû m’habituer à me passer des courants « d’opinions » des camarades. J’avais bien sûr pressenti que M. Drouin, par sa personnalité « déconnectez ma batterie si je parle trop » serait ridiculisé par le Pape du Plateau. Cependant je m’attendais à ce que les esprits critiques reconnaîtraient avec lui, et avant la commission B-T, que l’allusion à la lapidation des femmes préfigurait l’intrusion éventuelle des intégristes musulmans et de leurs mœurs préchrétiennes dans les législations canadiennes. L’imposition hargneuse du hijab(symbole religieux) en tout lieu n’en est qu’une des incarnations effectives de ces intrusions prosélytiques. Les exigences de lieux de prière, les efforts d’introduire l’application des règles du statut marital dicté par la charia : d’autres pressions auxquelles la société canadienne doit désormais faire face. L’exemple récent de la jeune fille assassinée par son père à cause d’un différend vestimentaire s’apparente de façon inquiétante à la sinistre coutume des meurtres d’honneur : la LAPIDATION qu’avait prévue M. Drouin… Si la formulation sur le panneau du village a pu fournir de la matière aux humoristes tâcherons, quiconque à vu, même au cinéma, cette coutume sordide de traîner une femme hurlante dans un sac qui rougit progressivement avec chaque pierre qui change les cris en gémissements jusqu’au silence de plomb, ne peut plus éprouver le moindre ricanement au prononcé du mot LAPIDATION…
    Dieu merci, M. Gendron, vous avez finalement fait la paix avec Hérouxville. Espérons que vous ferez école. Car il y a une grande injustice à réparer.