Les priorités des sondés

Tribune libre 2008

J'écoutais les nouvelles de mardi soir à TVA, ils reprenaient le sondage du
Journal de Montréal qui démontre que les Québécoises et les Québécois sont
davantage préoccupés par les problèmes du système de santé que par le plan
économique inexistant de Jean Charest.
Lundi, à Ottawa, Harper prétendait vouloir travailler en étroite
collaboration avec les provinces et elles semblaient s'entendre comme des
larrons en foire, Jean Charest s'étant même déclaré enthousiaste de laisser
la voie libre à Harper de parler en leur nom au G20. Harper a écouté par la
suite ce que les provinces proposaient pour éviter le pire sans s'engager
sur quoi que ça soit, précisant que son plan d'intervention sera dévoilé en
janvier, Flaherty ayant déjà annoncé que le Québec devra faire plus avec
moins puisque les Québécois vont recevoir près de cinq cent millions de
moins en péréquation.
À l'émission «Tout le monde en parle» de dimanche, répondant à Guy-A. qui
lui demandait pourquoi il avait songé à déclencher des élections quand les
sondages des dernières semaines montraient que jusqu'à 75% des sondés n'en
voient pas la nécessité, Jean Charest a improvisé en affirmant avec peu de
pertinence que les gens n'aiment pas plus les élections qu'une visite chez
le dentiste.
Si on considère que les anglos et leurs assimilés fournissent plus de 30%
du vote au parti de crapet Charest, pour une rare fois, on peut dire qu'ils
sont divisés, puisqu'en théorie, un certain pourcentage d'entre eux ne
veulent pas de cette élection.
D'ailleurs, comparer le devoir civique d'électeur avec un devoir d'hygiène
personnelle tel qu'une visite chez le dentiste témoigne abondamment de son
incapacité d'articuler une raison tangible pour faire la démonstration de
la nécessité de ces élections autant précipitées qu'inutiles, d'autant plus
que le processus va coûter plus de 80 millions, cette somme importante
aurait pu être dépensée afin de soulager les urgences engorgées du Québec,
par exemple.
Par ailleurs, le devoir d'électeur des sondés est mis à l'épreuve,
probablement émoussé, avec ces élections carabinées. Charest a peut-être
mal évalué le taux de satisfaction des sondés des derniers mois.
Il faut se souvenir qu'Harper jouissait d'un taux de satisfaction au
Québec sans rapport avec ce qu'il a rapporté comme sièges aux dernières
élections. Les sondés semblaient également très satisfaits en mars 2007 de
voir un Charest minoritaire dégonflé de sa suffisance qui est de retour
dans toute sa splendeur arrogante depuis l'élection de François Gendron à
la présidence de l'Assemblée nationale, d'où sa chute dans les sondages.
Depuis que Jean Charest le minoritaire a provoqué cette élection, il veut
tout contrôler, même le choix d'animateur et le format du débat des chefs à
venir.
Je pense que ce que les sondés de l'extérieur de la minorité de Charest
tentent de lui faire comprendre c'est qu'ils l'aiment minoritaire, comme
Harper. C'est peut-être parce que les sondés qui ne sont pas encore
assimilés n'ont aucun outil politique pour s'unir contre la minorité que
Charest représente si bien parce que leurs chefs sont incapables de
rassembler dans la perspective d'une action nationale concertée et
cohérente.
Daniel Sénéchal

Montréal
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