Gouvernance et conversation nationale

Les nouveaux appâts de la cage à homards

Tribune libre 2008

Ce que propose Mme Marois est en fait un remue méninges sur le projet de
souveraineté. Réalisé par le PQ au pouvoir, cette conversation serait
forcément orientée et ses conclusions biaisées. Cet exercice ne serait rien
d’autre qu’une manœuvre de manipulation de l’opinion publique, pour vendre
la souveraineté. C’est pour cela que la conversation péquiste, n’aurait
aucune crédibilité et aucune valeur objective, pour permettre aux Québécois
de décider librement de leur avenir. La combinaison de la conversation
nationale et de la gouvernance politique, n’est rien d’autre qu’une autre
stratégie étapiste, pour faire basculer le Québec dans le vide d'une
indépendance politique improvisée à la dernière minute.
Le Québec n’est pas prêt à relever le défi de l’indépendance. L’État est
fragilisé par sa dette, la santé, l’éducation, les infrastructures
routières, la forêt, l’agriculture et l’infiltration de son gouvernement
par la haute finance, ces parasites de fonds publics. La population n’est
pas prête non plus. Elle est surendettée, surconsommatrice, insouciante,
indifférente, désabusée de la politique, dépendante de l’état providence,
victime de la désinformation spectacle et ignorante du défi réel de
l’indépendance politique. Elle est inconsciente des impacts réel de
l’ouverture des marchés, du réchauffement climatique et de l’épuisement des
ressources terrestres.
Malgré qu’il reçoive des provinces riches (Alberta & Ontario) environs $5
milliards de plus qu’il ne verse en impôt et taxes au fédéral, le Québec ne
réussit qu’à surnager financièrement. Il ne rembourse pas un sou de sa
dette et il n’a aucune marge de manœuvre si on tient compte des déficits
des hôpitaux et des universités. En fait le Québec est en déficit annuel.
Dans un Québec indépendant la population devra soit verser ce $5 milliards
de plus en impôts ou en TVQ ou subir l’équivalent en réductions de service
de santé, d’éducation ou de services sociaux. À ce $5 milliards
s’ajouterait un effort financier au moins aussi important si non plus pour
la transition et l’implantation de nouvelles fonctions telles que les
frontières, la milice, le renseignement, et la diplomatie. De plus
l’expérience nous enseigne qu’il y a toujours des imprévus. La souveraineté
dans de pareilles conditions n’a absolument rien d’intéressant et de
profitable pour la population. Au contraire elle serait plutôt un piège à
cons. Seuls les arrivistes de la souveraineté, assoiffés de pouvoir, y
trouveraient leur compte. De là l'acharnement.
Un premier exercice d’indépendance d’esprit serait pour la population
de dire au PQ de Pauline Marois : C’a suffit l’incompétence, l’irréalisme,
l’improvisation, l’étapisme hypocrite et le manque de vision. C’a suffit de
nous harceler avec vos futilités de référendum, manifestes, constitution,
de citoyenneté, de gouvernance et de conversation nationale. Le Québec à
déjà perdu trop de temps avec ces appâts de cage à homard.
Que le PQ commence par faire la preuve d’un bon gouvernement provincial
capable de régler les grands problèmes du Québec. Qu’il commence par
prouver qu’il a assez d’indépendance d’esprit pour résister au chantage des
fermetures et des pertes d'emplois. Qu’il démontre que contrairement aux
Libéraux, il a de la vision et qu’il prend le parti de la population et non
celui des multinationales. Avec ce plan de match, le PQ en aurait plein ses
bottes. La population jugerait d’après les résultats, si elle peut lui
faire confiance pour replanifier et repréparer la souveraineté politique du
Québec.

À S’ENTÊTER DANS UNE STRATÉGIE PERDANTE, MME MAROIS PLANTE CE QUI
POURRAIT ÊTRE LES DERNIERS CLOUS DU CERCUEIL POLITIQUE DU PQ. DÉSOLANT ET
PATHÉTIQUE!
Albert Bertrand
-- Envoi via le site Vigile.net (http://www.vigile.net/) --

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Albert Bertrand13 articles

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Albert Bertrand BSpEP - Mont Saint Hilaire, Qc.

Spécialiste en formation professionnelle à la
retraite. Chroniqueur libre de la politique et de l'actualité.

Un témoin affligé par un establishment financier myope, cupide, arrogant
et destructeur de la planète.

Un témoin affligé par un milieu d'affaires frileux, médiocre, parasite de
fonds publics et socialement irresponsable.

Un témoin affligé par des organisations d'affaires présomptueuses,
hypocrites, fallacieuses et socialement indifférentes.

Un témoin affligé par des organisations professionnelles et syndicales
figées, désuètes, rétrogrades et narcissiques.

Un témoin affligé par une classe politique lâche, sans vision, médiocre et
servile de l'establishment financier.

Un témoin affligé par un milieu journalistique, conformiste, complaisant
et inféodé au pouvoir financier des empires médiatiques.

Un témoin affligé par l'imposture d'une hiérarchie religieuse
matérialiste, dépassée, hypocrite et acoquinée aux pouvoirs politiques et
financiers.

Un témoin affligé par une population politiquement ignorante, naïve,
gâtée, insouciante, peureuse, accro à la surconsommation et endettée à
l'os.

Un témoin affligé qui s'accroche grâce aux rares exceptions de compétence,
d'authenticité, d'honnêteté, de transparence, d'écologie, de responsabilité
sociale et de solidarité humaine.





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4 commentaires

  • Albert Bertrand Répondre

    9 mars 2008

    Quand je regarde d’où nous venons depuis 42 ans, je constate que les Péquistes ont été au pouvoir pendant 18 ans depuis 1976 et ils n’ont pas été foutus de régler un seul des grands problèmes de l’état et que la dette n’a cessé d’augmenter. Je suis forcé de conclure que dans un Québec indépendant ce sera la même magouille et que l’indépendance n’aura rien réglé. Donc entre deux magouilles, je préfère rester avec celle que je connais. Parlant d’universités, ce ne sont pas les anglos du ROC qui sont responsable du cafouillage financier de l’UQAM, c’est de bons vieux magouilleurs canadien français. C’est la nature humaine. Aux jeunes maintenant de prouver qu’ils peuvent résister à la corruption du pouvoir et de l’argent. Beau défi!
    Fin des commentaires sur cet article

  • Ouhgo (Hugues) St-Pierre Répondre

    8 mars 2008

    M. Bertrand,
    Ne voyez-vous pas que personne d’autre ne porte attention à vos épîtres colonisés?
    Pour qui croyez-vous qu’ils travaillent Charest et Harper? A qui profite le crime? Qui sera heureux du camouflage linguistique? De l’inondation du vote? Les lisez-vous les brûlots antifrancos à l’ouest de l’Outaouais?
    D’où venez-vous, vous-même pour mépriser notre lutte ultime?
    Vous savez que si on ignore(volontairement ou non) d’où l’on vient, on ne peut savoir où l’on va. Alors les chaînes que nous portons, si vous, vous les acceptez, le peuple, lui, il a besoin de savoir d’où elles viennent pour s’en libérer. C’est un discours culpabilisant comme le vôtre que certains jeunes ont reçu pour abandonner : Mondialisation, modernisation, oubli des chicanes du passé, tourner la page, aller de l’avant avec la langue du commerce international et accepter les emplois de subalternes pour les multinationales. C’est ça votre code de l’honneur! C’est ça votre pensée politique ÉVOLUÉE! L’indépendance politique, pour vous, c’est se fourrer dans la misère. Vous préférez envoyer vos taxes à M. Flaherty pour qu’il arme nos enfants vers un combat yankee mortel en Afghanistan? Vous préférez que les gens de Calgary décident pour vous comment répartir votre argent entre les Universités Concordia, McGill, Bishop ou les université d’une « langue dépassée »?
    Allons, Senor, au lieu de lancer des insultes et de donner de leçons de modernisme, ouvrez vos horizons vous-même au lieu de combattre les moulins à vent de l’hypocrisie, de la médiocrité et du radottage(vos termes élégants). Je m’en vais avancer mon heure.

  • Albert Bertrand Répondre

    8 mars 2008

    D'où sortez vous M.Ouhgos, l'empire Britanique n'a plus rien à voir avec le Québec depuis longtemps. Je ne suis à la solde de personne. Je dénonce l'hypocrisie et la médiocrité d'où qu'ils viennent. Ici c'est celle du PQ qui radotte avec son étapisme et sa souveraineté improvisée. Avec votre historique à plus finir vous vous battez contre les fantômes d'ennemis qui ne sont plus là. L'ennemi actuel de l'indépendance du Québec ce sont les Québécois eux mêmes. Ce ne sont pas les Anglos du ROC qui ont forcé les Beaucerons et les gens de la région de Québec de voter pour Harper et notre Dumont des chambres de commerce. Ce ne sont pas les Anglos du ROC qui ont obligé Charest à donner des million$ à l'Alcan qui n'a pas payé de taxes depuis 2001 et les millions à l'Alcoa sans rien exiger en retour. Ce ne sont pas les Anglos du ROC qui ont forcé Charest à manoeuvrer pour justifier l'inutile, l'inacceptable et le très risqué projet Rabaska. Et je pourrait continuer longtemps comme c'à! Ce ne sont pas les Anglos du ROC qui ont qui vous ont empêcher d'évoluer dans votre pensée politique, c'est vous qui êtes resté accroché aux frustations passées des canadiens français.
    C'est la fin de semaine de l'heure avancée. Profitez-en pour mettre votre horloge politique à l'heure de 2008. En voulant faire une indépendance rapide, improvisée et déconnectée de la réalité actuelle vous êtes vous même l'ennemis de votre propre cause. Cessez de vous apitoyer sur votre sort et de blamer les autres pour les difficultés du Québec. Ce sont nos problèmes et c'est à nous d'avoir l'indépendance d'esprit et l'audace de les régler sans se fourrer dans le misère. Bonne réflexion!

  • Ouhgo (Hugues) St-Pierre Répondre

    8 mars 2008

    Monsieur Bertrand,
    Toute votre énumération de raisons qui disqualiferaient le Québec à l’indépendance, on peut au contraire l’utiliser pour en démontrer la nécessité. Et tout comme les Orangistes qui tentent depuis la conquête de nous convaincre que notre peuple est crétin, vous affirmez que cette population n’est pas prête parce que pas informée!
    Eh ben voilà où vous paraissez à la solde de l’empire britannique : Qui est le mieux placé pour convaincre d’une bonne idée ? Ceux qui en sont les mieux informés, qui connaissent l’histoire et les raisons de la cause? Vous répandez le venim des petits journaux sur les « conversations » en prétendant que cette démarche venue du PQ n’est pas crédible : Pourquoi le serait-elle moins que si elle provient de ceux qui nous trouvent plus payants à genoux ?
    Vous lancez un chiffre en milliards en preuve de notre supposé déficit face aux riches provinces. Vous êtes sans doute excellent comptable alors je vous le laisse mais je vais vous rappeler que la péréquation, c’est de l’aide sociale que le Canada est bien heureux de nous verser en échange du pillage des ressources naturelles. Je sais que vous ne croyez pas justifié d’incriminer le Canada dans nos déséquilibres économiques. Je vous avais déjà livré un résumé historique de notre asservissement délibéré. Cependant, vous démontrez en conclusion de votre lettre (« qu’il prouve d’abord qu’il peut être un bon gouvernement provincial et nous verrons ensuite… ») que vous venez peut-être tout juste de débarquer puisqu’en terme de « bon gouvernement » nous avons amplement donné ici ! Alors je vous ramène mon résumé antérieur :
    Pourtant, revoyant les périodes de l’évolution du peuple issu de la Nouvelle-France, une constante ressort toujours : le choc fracassant entre les descendants des 2 Empires, le britannique et le français.
    Dès que la colonie française fut abandonnée à elle-même, 2 corps sont entrés en friction entre eux, jusqu’à l’usure du plus petit : l’usure par attrition. L’acte d’union, sans autorisation du Bas-Canada, parvint déjà à nous minoriser à la table « démocratique ». La Confédération rajouta du poids anglophone. L’appauvrissement par l’inéquité produisit l’exode de la moitié des francos vers la Nouvelle-Angleterre. Les grandes guerres et la conscription des francos unilingues les réduisirent au statut de chair à canons. Les Premiers ministres francophones à Ottawa ont servi les grands partis autour de la table où nous devînmes une voix sur treize. Les référendums ont été noyés par l’entrée massive des Québécois fraîchement exilés, de nouveaux Canadians fraîchement assermentés et les propagandes à nos frais. Depuis 1995, Ottawa s’est assuré de retirer de notre territoire le plus possible en valeurs tant immobilières que mobilières : aéroports, transports ferroviaire, maritime et même routier par le déséquilibre fiscal au détriment des infrastructures du Québec(j’ajoute :collège militaires, Postes fermés régulièrement, cuture :CBC,journaux..). La minorité anglophone de Montréal a réussi a défusionner ses villes, à y obtenir de riches subventions pour gonfler ses établissements hospitaliers, éducatifs, médiatiques et religieux. Ainsi sont-ils fins prêts à obtenir d’Ottawa de se faire annexer au Canada anglais au moindre désir de sécession libératrice de la part de cette épine au pied que constitue pour eux l’unique nation français d’Amérique. (one language would suit them better)
    Vu ce boulet permanent que nous traînons au pied dans notre quête à l’indépendance, il serait injuste d’accabler tous les chefs qui ont tenté l’aventure. Évidemment, si le peuple avait pu ressentir toute cette charge qui nous apparaît évidente en séjournant dans les autres provinces et en y lisant les journaux, si le peuple avait été conscient de cette réalité brutale, dès le premier référendum, en 1980, il aurait voté en bloc et il aurait vite gagné le droit de gérer lui-même sa propre destinée. L’effet de surprise aidant, le conquérant n’aurait pas eu tout ce temps pour vider le territoire et miner le moral d’un peuple minoritaire, habitué à regarder par-dessus son épaule, voire si la Cour Suprême ne lui assène pas une semonce « d’inconstitutionnalité » à chaque parole autonomiste qu’il prononce. Maintenant que le français perd sa majorité à Montréal, l’effet du vortex s’accélère, comme dans la cuvette de la toilette : les gouvernements fédéralistes nient le phénomène, gagnant du temps pour entrer à chaque année 1 demi million d’immigrés qu’on néglige de franciser. Ils délocalisent les petites et grandes industries à la grandeur du territoire, appauvrissant les ruraux d’avantage tout comme les ressources naturelles sont pillées honteusement sans effort de transformation sur place.
    Est-il besoin d’en rajouter pour se demander s’il demeure suffisamment de pâte à modeler un pays? Ces quarante ans de tergiversations sont parvenus à démotiver la jeunesse à l’égard d’un projet de nation distincte(mais pas les Jeunes Patriotes du Québec!). Plusieurs aînés sont restés attachés à leur nationalité canadienne pour être descendants des fondateurs de ce pays, sans réaliser qu’on nous l’a dérobé à la petite semaine. La formule même de référendum a été estropiée de façon à ce que le Canada décide de toutes les étapes de sa tenue.(C’est pourquoi Mme Marois refuse de nous livrer à nouveau dans ce piège à Québécois) Y a-t-il place pour l’optimisme? Lorsqu’on s’est habitué à ses chaînes, disait quelqu’un, on ne peut plus s’en passer. Évidemment, si un Gandhi nous arrivait pour rendre cette réalité évidente pour tous les descendants des colons de la Nouvelle-France (presque tous les autres votent Canadian), pour quelques années encore, il existe une étroite fenêtre pour s’exprimer en bloc, et faire un grand saut hors de la cage (la réserve) que nous n’avons pas empêché de se construire autour de nous. Alors toutes les décisions nous appartiendraient et nous mériterions le respect de tous nos invités de la Terre.