Appel aux jeunes progressistes

Les grands partis politiques déçoivent jour après jour la population

Eve-Lyne Couturier & Simon Tremblay-Pepin; Ruba Ghazal & Alexandre Warnet

2006 textes seuls


Alors que le gouvernement de Jean Charest méprise les institutions démocratiques du Québec pour imposer ses visions néo-libérales, il est inquiétant de voir que le chef de l'Opposition officielle se contente de réagir sans conviction. Un constat prime: les partis politiques présents à l'Assemblée nationale déçoivent jour après jour la population du Québec, et cela doit cesser. Nous, jeunes militantes et militants d'Option citoyenne et de l'Union des forces progressistes (UFP), sommes en colère, une colère légitime envers un gouvernement qui détruit un par un les fondements de la société québécoise, mais aussi envers le nouveau chef de l'Opposition officielle, complice du premier ministre.
La dérive du gouvernement de Jean Charest est manifeste. Alors que les mesures employées par le gouvernement libéral devraient être des mesures exceptionnelles, pour la deuxième fois en un seul mandat Jean Charest ne daigne même pas discuter à l'Assemblée nationale de ses projets de lois contestés de toutes parts. Le gouvernement actuel tente encore une fois d'imposer au peuple québécois des projets polluants et des partenariats public-privé qui font le bonheur des entreprises mais qui vont à l'encontre des préoccupations d'une large partie de la population.
D'abord, une loi spéciale qui impose les conditions de travail des travailleurs du secteur public et les prive de moyen de pression pour les six prochaines années. Ensuite, la loi 124 sur les centres de la petite enfance (CPE), qui va à l'encontre de l'avis des parents et des éducatrices qui s'investissent avec coeur afin de bâtir un réseau de services de garde qui sert d'exemple partout dans le monde. De plus, le décret sur le prolongement de l'autoroute 25 édicté à deux jours de Noël, dénoncé par de nombreux groupes écologistes et même par la Ville de Montréal. Enfin, l'ouverture au privé dans la gestion de l'eau, un marché qui promet d'importants bénéfices aux investisseurs, aux dépends des citoyens.
Le devoir de l'opposition
Lorsqu'un gouvernement agit de la sorte, il est du devoir de l'opposition de représenter le mécontentement de la population. Elle l'a fait dans le cas des CPE. Mais la déception doit être grande dans les rangs du Parti québécois (PQ) de voir le nouveau chef se déclarer favorable à la privatisation attendue du système de santé et au prolongement de l'autoroute 25. Pas un mot d'André Boisclair sur la demi-indexation des prestations des personnes assistées sociales. Rien non plus sur la possibilité pour les municipalités de confier au privé la gestion de l'eau. Et pour couronner le tout, il annonce sur un ton péremptoire qu'il ne rouvrira pas les discussions sur la loi spéciale et les conventions collectives imposées dans le secteur public. L'attitude d'André Boisclair confirme ce que plusieurs pressentaient: le nouveau chef du PQ cherche à faire son nid à droite et rallier des appuis potentiels à la souveraineté en puisant dans l'électorat qui favorise habituellement l'Action démocratique du Québec (ADQ). Et ce, sans jamais s'intéresser à la justice sociale ni à l'environnement.
Devant ce morne paysage politique, quelles possibilités s'offrent à la jeunesse québécoise? Le PQ, en mettant le cap sur une indépendance désincarnée de tout projet de société, n'est plus une option crédible.
Une voix
Heureusement, l'année à venir est porteuse d'une nouvelle alternative pour celles et ceux qui prônent l'équité, le partage des richesses et une vision écologiste du Québec. En effet, Option citoyenne et l'Union des forces progressistes s'uniront en février prochain dans un nouveau parti politique qui fera des propositions réalistes, concrètes et solidaires. Le Québec se dotera, enfin, d'une voix qui placera l'intérêt des humains au dessus des «impératifs» du marché, un parti qui rassemblera celles et ceux qui, comme nous et des milliers d'autres jeunes, croient que le développement doit se faire dans le respect de l'environnement, que la croissance pour la croissance a assez duré.
Oui, nous sommes jeunes, nous sommes progressistes et solidaires. Nous croyons que la véritable souveraineté réside dans la capacité d'être maître de son destin collectif plutôt que soumis aux volontés des maîtres économiques. Nous croyons donc que la jeune génération trouvera enfin son authentique véhicule politique dans cette nouvelle formation de gauche. Nous allons donc participer à sa fondation et nous assurer, dès le premier congrès, de faire entendre notre voix et de valoriser les thèmes qui nous tiennent à coeur: l'altermondialisme, l'écologie et la démocratie participative, pour n'en nommer que quelques-uns.
Jean-Hermann Guay affirmait, en analysant les résultats des élections partielles dans Outremont: «Si j'étais André Boisclair, j'attacherais ma tuque avec de la broche pour les prochaines élections provinciales. Surtout avec la présence de Françoise David». L'union de la gauche se réalise enfin et permet d'entrevoir un Québec à la hauteur de nos rêves et de nos aspirations. En prenant une part active dans le nouveau parti, les jeunes seront le moteur de ce projet d'envergure. Jusqu'à aujourd'hui, notre génération politique a réagi, il nous faut maintenant agir.
Eve-Lyne Couturier & Simon Tremblay-Pepin : Union des forces progressistes
Ruba Ghazal & Alexandre Warnet : Option citoyenne


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