Le projet péquiste met en danger les chèques de pension, dit Charest

Il qualifie de «délire» la promesse péquiste de garantir les transferts fédéraux

Québec 2007 - démagogie et populisme

Boucherville et Montréal -- Selon Jean Charest, le «projet de pays» du Parti québécois met en danger le versement, par le fédéral, des chèques de «pensions de vieillesse, le supplément de revenu garanti» et d'autres chèques, comme les prestations pour enfants. Sans compter les transferts à l'État du Québec. Le chef libéral a qualifié de «délire» le fait que le PQ ait écrit dans sa plateforme qu'il «garantira la continuité des transferts fédéraux versés aux citoyens québécois».
«Je pense que cela relève du délire quand [le PQ] dit qu'il va continuer à maintenir les transferts fédéraux. C'est simple comme ça, pas besoin d'aller plus loin. Ce n'est pas vrai que le gouvernement fédéral va continuer d'envoyer des chèques au Québec... D'ailleurs, la péréquation, c'est fini, là. Les transferts fédéraux, c'est fini», a dit le premier ministre.
«Fini», dès que le Parti québécois arriverait au pouvoir, ou plutôt lorsque Oui l'emporterait; ou une fois que le Québec deviendrait souverain, après la période de transition? Dans son point de presse de 50 minutes hier matin, le chef libéral a savamment maintenu le flou à ce sujet. Répondant à une question sur le règlement du déséquilibre fiscal attendu dans le budget Harper-Flaherty du 19 mars, M. Charest a laissé entendre que les bonifications de la péréquation et des transferts pâtiraient d'une élection du PQ: «cet argent-là va de tout évidence être coupé substantiellement le jour où le PQ prend le pouvoir.»
Par la suite, il a laissé entendre que le fédéral couperait les transferts aux particuliers dès après un oui, et donc pendant la période de transition où il y aurait négociations. Rappelant les propos de Pauline Marois selon laquelle le Québec traverserait «cinq ans de perturbations» après un oui, il a lancé : «Elle a été franche, elle a dit une chose qu'au Parti québécois, [on n'aime] pas dire. Mais c'est pas vrai que lorsque tu sépares le Québec du Canada [...] tout se fait en douceur.»
Vieilles tactiques de peur ?
M. Charest, qui était en campagne sur la Rive-sud et dans la région de Lanaudière, hier, s'est défendu de revenir aux vieilles tactiques de peur datant de la campagne référendaire de 1980. Mais il a soutenu que «la réalité, c'est ça. Non, mais faut nommer les choses!», a-t-il dit tout en se moquant de l'évolution du vocabulaire péquiste, dans lequel le mot référendum a été remplacé par «consultation populaire».
Le chef du PQ, André Boisclair, a vivement réagi aux propos de Jean Charest. «Est-il en train de nous dire [qu’au lendemain d’une consultation populaire], qu’il encourage le gouvernement fédéral à nous mettre les bâtons dans les roues, à dire: ne négociez pas et coupez les fonds ?», a lancé le chef péquiste lors de l’assemblée d’investiture de Bernard Drainville dans Marie-Victorin.
«Jean Charest est en train de nous dire que les paiements de transfert qui auront été annoncés pendant la campagne seront retirés au lendemain de l’élection. Ça s’appelle, mes amis, du chantage. Et les Québécois en ont assez et voilà pourquoi on va faire la souveraineté du Québec.»
Selon André Boisclair, le pouvoir de Stephen Harper et de Jean Charest, est intimement lié. «Ils sont en train de nous organiser. Ils sont en train de vouloir nous faire la passe pour sauver leur peau», a-t-il dit.
Soutenant qu'il n'y avait «aucune inquiétude» à avoir quant aux versements des transferts fédéraux au lendemain d'un référendum où le OUI l'emporterait, le chef péquiste André Boisclair a répliqué que, pendant le référendum de 1995, «les gens ont continué à aller à leur travail, ils ont continué à payer leurs impôts et ils ont continué à faire tourner l'économie du Québec. Il en sera de même au lendemain du [prochain] référendum». Lors d'un point de presse en marge de l'investiture de Diane Lemieux, dans Bourget, il a ajouté: «Ce qu'il y a de délirant, c'est que le Parti libéral du Québec n'a pas de position constitutionnelle». Il a accusé son adversaire libéral «de partir une campagne de mots. Il est en train de cacher des débats les plus importants sur le fond des choses».
Comparaisons
Plus tôt en matinée, Jean Charest avait procédé à une comparaison des plateformes des trois partis. Il a affirmé que la péquiste était «truffée d'erreurs» et qu'elle omettait une so mme totale de 1,83 milliard de dollars. Selon lui, l'indexation des prestations d'aide sociale pour les bénéficiaires aptes au travail a été sous-évaluée de 30 millions et l'embauche de médecins et d'infirmières a été oubliée (700 millions). Le chef libéral a insisté sur le fait que la suppression de la taxe sur le capital avait été «grossièrement mal évaluée» par les péquistes: elle coûterait 1,5 milliard, alors que le PQ l'estime à 400 millions.
Cette affirmation a provoqué André Boisclair: «M. Charest vient de faire son deuxième mensonge de la campagne», a-t-il pesté. «Nous, la taxe sur le capital, on ne l'abolit pas pour les banques et les compagnies d'assurances. Que M. Charest nous dise pourquoi il veut abolir la taxe sur le capital pour les banques et les compagnies d'assurances. Ça va faire un maudit beau débat au Québec!»
Enfin, Jean Charest a reproché à l'ADQ de «ne pas vouloir compter» puisque sa plateforme n'est pas chiffrée. Il s'est aussi inquiété du fait que ce parti veuille éliminer le Fonds des générations.


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