La réalité afghane

NON à l'aventure afghane

Encore et toujours l'Afghanistan. Cette semaine, six autres soldats canadiens ont perdu la vie, s'ajoutant ainsi à une liste déjà trop longue. Depuis que le Canada participe aux opérations de pacification et de reconstruction de ce pays, 66 Canadiens y ont laissé leur vie. Et d'autres décès sont à venir d'ici la fin de la mission, en février 2009.
Est-ce trop cher, 66 morts, pour pacifier un pays aux antipodes du Canada et y défendre une cause qu'on pourrait penser perdue d'avance? Plusieurs le croient et suggèrent le retrait immédiat des troupes canadiennes avant que le Canada ne connaisse son Vietnam. Parmi ceux-là se trouve le chef du NPD, Jack Layton, qui veut faire des prochaines élections complémentaires qui auront lieu au cours des prochains mois dans quelques circonscriptions à travers le Canada un référendum sur la mission canadienne en Afghanistan.
Qu'on soit pour ou contre cette mission, on ne peut rester insensible devant un tel bilan. Demander un retrait immédiat des troupes canadiennes serait toutefois se donner bonne conscience à peu de frais. Des engagements ont été pris par le Canada envers l'OTAN et le gouvernement afghan. Le Parlement fédéral les a entérinés et il faut les respecter, quitte à ne pas les renouveler.
Prenons acte à cet égard de cette déclaration du premier ministre Stephen Harper selon laquelle la participation militaire du Canada à la reconstruction de l'Afghanistan ne sera prolongée que s'il existe un consensus au sein de la Chambre des communes. Dans les circonstances actuelles, on peut croire que le gouvernement conservateur ne réunira pas un tel appui et que les militaires canadiens rentreront au pays dans moins de deux ans. Entre-temps, il faudra par contre se préoccuper de la situation qui est la leur sur le terrain et limiter les risques qu'ils courent.
Sur ce plan, le gouvernement Harper ne semble pas avoir fait tous les efforts nécessaires pour fournir l'équipement adéquat aux Forces armées. Parmi les 66 soldats tués, tous ne sont pas tombés au combat, comme le veut l'expression consacrée. Comme cette semaine, plusieurs ont été victimes d'attentats alors qu'ils se trouvaient à bord de véhicules qui leur offraient une protection insuffisante. Si on attache une certaine importance à la vie de ces soldats, il faudra être prêt à leur accorder de meilleurs équipements et à en payer le prix. Il faudra par ailleurs cesser de sous-estimer la détermination de l'ennemi combattu. Les déclarations des porte-parole des Forces armées laissent croire à des progrès sur le terrain, ce qui ne correspond pas aux rapports des quelques journalistes présents en Afghanistan. Il ne sert à rien de créer un faux climat positif dans le but d'entretenir le moral des troupes ou pour faire croire aux Canadiens que tout va pour le mieux. La réalité, ce sont ces 66 morts et d'autres à venir. D'ici février 2009, il faut qu'il y en ait le moins possible.
bdescoteaux@ledevoir.com


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