Norman Spector se trompe

NON à l'aventure afghane



Norman Spector (Le Devoir et The Globe and Mail, 12 juillet 2007) ne comprend pas les rouages de l'OTAN pour ce qui est de trouver un pays qui prendra la relève ou de répartir les efforts.

En 2002-2003, l'Allemagne et le Canada étaient les deux principaux pays engagés dans la mission internationale visant à ramener la sécurité en Afghanistan. Mon homologue allemand et moi-même, en tant que ministre de la Défense du Canada, avons pris l'initiative de convaincre l'OTAN de prendre en main la conduite de cette mission. Notre objectif principal était de faire assumer à l'OTAN la responsabilité première de trouver des États qui prendraient la relève.
Aujourd'hui, c'est encore l'OTAN qui commande la mission en Afghanistan. En conséquence, bien que le Canada ait le devoir de l'aider à trouver un État qui prendra la relève à Kandahar, c'est bel et bien à l'OTAN que cette tâche incombe en tout premier lieu.
M. Spector a certes raison d'affirmer que le partage équitable des responsabilités est l'essence de ce que doit faire l'OTAN, mais il a tout à fait tort de traiter le Canada de frileux si nous mettons fin à notre mission de combat en février 2009, comme prévu.
Loin de «prendre la poudre d'escampette au moment de régler la note», le Canada a déjà payé la plus large part, et de loin, si l'on prend en compte le nombre de nos soldats morts ou blessés en proportion de la taille de notre pays. Ce sont la France, l'Allemagne, l'Italie et l'Espagne qui s'esquivent pour ne pas avoir à donner leur part en Afghanistan.
Voilà pourquoi le gouvernement Harper, au lieu de proposer que les Forces canadiennes restent plus longtemps à Kandahar, comme le voudrait M. Spector, devrait faire ce que le chef libéral Stéphane Dion a dit: aviser immédiatement l'OTAN du fait que le Canada mettra fin au volet militaire de sa mission à Kandahar en février 2009, comme prévu.
Cela donnerait à l'OTAN tout le temps voulu pour trouver, avec l'aide du Canada, un État qui prendrait la relève des opérations. Du coup, nous ferions ainsi savoir clairement à certains États membres de l'OTAN que les jours où le Canada donnait beaucoup plus que sa part sont comptés et qu'il est temps pour eux de faire leur part et de répondre présents.
Réplique de Norman Spector:
Comme ancien chef de cabinet du premier ministre Brian Mulroney, je comprends très bien le fonctionnement de l'OTAN. Et je n'ai pas prétendu que c'est la responsabilité du Canada de trouver un autre pays pour prendre la relève en Afghanistan, si jamais le Canada décide de quitter ce pays. Mais je souligne que si le Canada prend cette décision, nous serions perçus dans le monde comme celui qui s'excuse pour filer aux toilettes au moment même où la facture arrive.
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John McCallum, Député fédéral de Markham-Unionville

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