Il fut un temps pas si lointain où la profession d’enseignant avait acquis ses lettres de noblesse dans la société québécoise. C’était aux temps glorieux où l’école était considérée comme le temple du savoir destiné à former la société de demain.
Or aujourd’hui, l’école est malade, elle souffre du mal d’amour. Ses murs s’effritent sous le poids des ans, les enseignants sont laissés à eux-mêmes avec les élèves à besoins particuliers, plusieurs parents délaissent leurs responsabilités envers leurs enfants, les médias sociaux et la violence qu’ils colportent sont omniprésents et l’arrivée soudaine de l’intelligence artificielle (IA) vient chambouler les approches pédagogiques, notamment au chapitre du plagiat potentiel.
Pourtant, dans ce paysage sombre et déprimant, les enseignants, pour la plupart, assurent courageusement la défense de la forteresse. Ils incarnent l’héritage légué par leurs maîtres, à savoir permettre à leurs élèves d’accéder à l’autonomie nécessaire pour devenir les adultes demain. Aujourd’hui comme hier, on ne naît pas enseignant, on le devient. En revanche, l’enseignant doit être imprégné de l’amour du jeune à qui il enseigne s’il aspire faire carrière en éducation. Il doit incarner le respect et respecter ses élèves dans un climat propice à la communication des connaissances.
Les jeunes d’aujourd’hui n’ont pas changé, c’est leur environnement qui a changé. Dans un contexte fragilisé par les médias sociaux et l’appât de la réussite sans effort axée autour d’une utopique performance, je ne peux qu’applaudir les enseignants qui, malgré les écueils qui se dressent quotidiennement devant eux, persistent à garder contact avec leurs élèves, peu importe les difficultés auxquelles ils sont confrontés. Hommage à vous pour votre détermination et votre sens du devoir! Vous représentez encore aujourd’hui le fil conducteur essentiel à la formation des adultes à venir.
Réflexion
Comme le disait l’essayiste et écrivain français Alain Finkielkraut dans son livre intitulé L’ingratitude; conversation sur notre temps, publié en 1999 chez Québec Amérique, « Instruire, c’était introduire l’élève à ce qui le dépasse. On raisonne aujourd’hui « comme si le moi avait assisté à la création du monde ». Rien ne dépasse, chacun est sujet, c’est-à-dire roi. Et l’actuelle exigence de mettre l’enfant au centre du système éducatif, comme si autrefois on y mettait des lampadaires ou des pots de fleurs, vise, en réalité, à remplacer l’obligation faite à l’élève d’écouter le professeur par l’ordre d’écouter les jeunes intimé aux animateurs du primaire et du second degré. »
Henri Marineau, Québec











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