L’école est malade, elle souffre du mal d’amour. Elle baigne dans un monde malsain où l’élève est pris en otage dans des infrastructures dont la charpente tombe en décrépitude, son personnel enseignant est surchargé et les parents brillent malheureusement trop souvent par leur absence.
Dans ces piètres conditions de travail, il n’est donc pas surprenant que près de la moitié des nouveaux enseignants quittent la profession après cinq ans. Alors que le nombre d’élèves éprouvant des difficultés particulières ne cessent de croître, le personnel spécialisé manque cruellement à l’appel si bien que l’enseignant peine à accomplir la tâche pour laquelle il s’est engagé, à savoir communiquer des connaissances à ses élèves.
Autre irritant de taille, le désengagement de plusieurs parents eu égard au suivi et à une étroite collaboration qui doit s’établir entre le personnel scolaire et les parents. Une approche essentielle pour éviter que le jeune soit continuellement ballotté entre deux mondes malencontreusement distincts et fatalement contre-productifs. À cet effet, permettez-moi de vous relater un événement fort révélateur. À cette époque, j’étais directeur d’une école secondaire. Or ce matin-là, je rencontrais une mère et son garçon qui avait été impliqué dans une histoire de vente de drogue à l’école, une faute qui, selon nos règlements, conduisait à l’exclusion. Toutefois, j’avais planifié de le garder à l’école pour autant que la mère m’assure de sa collaboration. Or après lui avoir fait part de mes intentions, elle me répondit à peu près en ces termes : « Écoutez, monsieur, je préfère tirer un joint avec mon garçon le samedi soir à la maison plutôt qu’il se mette à boire de l‘alcool avec ses copains et qu’il devienne alcoolique! » Inutile de vous dire que j’ai dû renvoyer l’élève de l’école devant le manque évident de collaboration de la mère.
La communication entre le personnel scolaire et les parents représente une courroie de transmission essentielle à la formation continue du jeune particulièrement dans un monde où les médias sociaux l’envahissent de phénomènes de violence exacerbés par la somme astronomique d’heures passées devant son écran. Aussi est-il impérieux de maintenir et de favoriser le lien entre les parents et le milieu scolaire. Il en va de l’avenir des futurs adultes appelés à former la société de demain.
Henri Marineau, Québec












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