L'heure n'est plus aux aventures romantiques

L'option souverainiste du Parti québécois n'a plus de pertinence.

PQ - stratégie revue et corrigée

Par Robert P. Godin
Les moments de grands changements sont des moments d'occasions et d'ouverture pour ceux qui ont de la vision et du courage. Le Québec politique vit un tel moment. Qui aura cette vision et ce courage?

En tant que citoyens du Québec, de l'Amérique, de la planète, nous sommes tous préoccupés par la dégradation de notre habitacle naturel. Chaque jour, les médias nous font part de nouvelles études, de nouveaux faits qui nous montrent sans équivoque que la situation planétaire est d'une gravité extrême. Les nombreux conflits armés, les guerres civiles, les génocides, la disparité chaque jour croissante entre les riches et les pauvres, les nouvelles maladies infectieuses, les répressions des libertés fondamentales, la corruption et les mensonges de nos dirigeants les plus importants font en sorte que nous devons tous nous pencher sérieusement sur notre situation et sur notre avenir.
Dans ce contexte, l'option souverainiste du Parti québécois n'a plus de pertinence. Les électeurs l'ont bien senti et l'ont exprimé clairement.
Je suis assez vieux pour me souvenir de la mort de Duplessis, de la Révolution tranquille, des vendeuses chez Morgan qui ne parlaient pas un mot de français, de la création du RIN et de la nationalisation de l'électricité. J'y étais. Aujourd'hui, nous ne sommes plus là. La situation est complètement différente, les enjeux également.
L'heure n'est plus aux aventures romantiques. Les enjeux sont fondamentaux et dépassent les objectifs égoïstes du nationalisme. Les pires péchés se commettent chaque jour sur notre planète au nom de valeurs nationalistes, l'être humain est en train de suffoquer. Assez de toute cette rhétorique.
Le Parti québécois, s'il veut vraiment s'interroger sur son avenir comme formation politique, comme instrument de changement, comme force vitale de notre société, de notre humanité, devrait mobiliser son énergie et ses convictions vers une redéfinition de ses convictions de base: il devrait abandonner sa vision indépendantiste et devenir un parti de centre-gauche dont la mission serait essentiellement la protection de notre environnement, de nos ressources, de la qualité de l'air, de l'eau, de la protection de nos forêts et de nos ressources naturelles.
Nos jeunes sont profondément préoccupés par la situation actuelle et se rallieraient très certainement à un Parti québécois ainsi renouvelé. Une partie importante de la population du Québec également.
Comment peut-on sérieusement nous parler de référendum alors que le feu est pris dans notre maison? Les dirigeants et les militants du Parti québécois auront-ils ce courage? Les Québécois les regardent et s'interrogent. Le temps nous le dira.
Robert P. Godin, Professeur associé, Faculté de droit Université McGill


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