Une élection "provinciale" le 8 décembre prochain

Il y a du travail à faire

Tribune libre 2008

Une élection "provinciale" le 8 décembre prochain, fête de l'Immaculée Conception, il fallait s'y attendre.

Charest est pris par les divisions au sein de son parti. Il est devenu évident pour beaucoup de libéraux que le système actuel ne sert pas les intérêts du Québec. D'autres provinces s'en rendent compte également. Le gouvernement d'Ottawa est de trop.

Pauline Marois se prépare à récupérer les libéraux nationalistes, d'où sa plateforme indécise sur le plan constitutionnel. Elle pourra alors se faire élire avec une majorité absolue.

Elle sait que les Québécois sont peureux comme des oiseaux et elle évite de leur faire peur. D'où sa propension à décider de ne rien décider, sauf ce qui peut se faire sur le moment.

Il ne faut pas lui en vouloir. Au fond d'elle-même, elle sait à quoi s'en tenir et où elle veut en venir mais les temps ne sont pas chauds pour les décisions majeures. Au Québec,on avance un orteil à la fois, comme quelqu'un qui a peur de se mouiller. "Non mais s'il fallait qu'il arrive telle ou telle chose, ma chère.Tu n'y penses pas? Cossé que moman va dire?"

Dumont ne veut pas être laissé pour compte. Dans un cas comme dans l'autre, le "nationalisme" et "l'autonomisme" sont à l'ordre du jour. Lui a opté pour "l'autonomisme" sans préciser que, s'il veut faire comme Duplessis, il devra marcher sur les pieds de quelqu'un à Ottawa et il ne semble pas prêt à se mouiller à ce point. Lui aussi tourne en rond. Comme tout le monde, il sait que le peuple Québécois a peur de son ombre. Comme d'autres politiciens, il doit tenir compte du proverbe: "On peut conduire le cheval à l'abreuvoir mais on ne peut pas le forcer à boire". Sur la ferme il y a plus de cinquante ans, j'apportais un sceau à moitié plein d'eau au cheval qui avait peur de l'abreuvoir. Il ne pouvait boire qu'en face d'un tout petit conteneur. Sur le plan des idées et de l'action, il y des gens qu'on ne peut faire boire qu'au compte goutte. Même un verre d'eau serait trop gros pour eux. Je suis sûr que vous comprenez ce que je veux dire.

Quant au "séparatisme", si on veut en croire une presse trop empressée: il est mort et enterré. Donc, il n'en est plus question. Il faut alors trouver une formule de remplacement potentiellement efficace, formule qui se traduirait par une volonté croissante de se débarasser du pouvoir centralisateur, post-impérial, unitaire et arbitaire d'Ottawa. C'est le clou sur lequel il faut taper.

Il faut dire: "Dehors Ottawa": "Deux gouvernements, un à Ottawa et l'autre à Québec, ça nous coûte trop cher et il y en a un de trop".

Deux impôts et deux systèmes de taxes, alors qu'on serait beaucoup mieux avec un seul impôt à taux fixe, il faut en convenir et décider. Deux bureaucraties fatiguantes alors qu'une est déjà de trop, il faut en éliminer une. La bureaucratie d'Ottawa, sa Royal Canadian Mounted Police, son armée et son service diplomatique agissent contre notre volonté, alors que nous devons les payer de nos taxes. Assez. Une bureaucratie déjà difficile à tolérer, la nôtre, suffit. Quant à la diplomatie et l'armée, on décidera ce qui nous conviendra.

C'est ce qu'ont fait l'Irlande, la Finlande et la Norvège et ces États s'en portent beaucoup mieux.

En plus vulgaire: "on est capables de se torcher tout seuls et on a pas besoin de vous pour venir nous torcher".

Cette plateforme doit être commune aux trois partis. Les temps sont propices maintenant et il ne faut pas manquer cette occasion "historique" de passer aux actes sur une plateforme pratico-pratique, dont le principe de concentration et d'économie de l'effort et des moyens occupent une place centrale.

J'ai ouï dire que Charest se prépare à une défaite contre Pauline Marois. Une "job" importante lui aurait été offerte par Harper. Il abandonnera le PLQ à son sort, comme le PLC avant lui.

En langage diplomatique, le Parti Libéral, fédéral et provincial, ne représente plus ce qu'il représentait.

Il ne restera donc au remplaçant de Jean Charest que la plateforme nationaliste et anti-fédérale. Autrement, ce sera la fin de ce Parti. Les temps des grandes sentimentalités à l'eau de rose et des "émotionnal appeals" est presque révolu. Nous sommes à l'ère de l'lnternet. Les journaux de Gesca n'ont pas d'avenir. Le Journal de Montréal, qui s'adresse aux demi-lettrés, est le seul qui survivra.

Tout celà est conjectural, certes, mais colle à la réalité.

L'essentiel pour nous est de poursuivre. C'est ici que nos principes de stratégie d'État vont prendre tout leur sens.

Je compte sur la prochaine convention aux États Unis pour les introduire et les faires progresser. Ils sont pratico pratiques et c'est leur véritable force, une force qui dure et perdure, parce qu'elle colle à la Réalité et sa radicalité d'une part, à l'univers de la Relation de l'autre.

Il y a du travail à faire.

JRMS

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René Marcel Sauvé217 articles

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J. René Marcel Sauvé, géographe spécialisé en géopolitique et en polémologie, a fait ses études de base à l’institut de géographie de l’Université de Montréal. En même temps, il entreprit dans l’armée canadienne une carrière de 28 ans qui le conduisit en Europe, en Afrique occidentale et au Moyen-Orient. Poursuivant études et carrière, il s’inscrivit au département d’histoire de l’Université de Londres et fit des études au Collège Métropolitain de Saint-Albans. Il fréquenta aussi l’Université de Vienne et le Geschwitzer Scholl Institut Für Politische Wissenschaft à Munich. Il est l'auteur de [{Géopolitique et avenir du Québec et Québec, carrefour des empires}->http://www.quebeclibre.net/spip.php?article248].





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1 commentaire

  • Archives de Vigile Répondre

    31 octobre 2008

    Quand vous dites que nous sommes à l'aire de l'internet vous affirmez quelque chose de très fort. Et nous ne nous en rendons pas compte vraiment. Le danger que le 4e pouvoir utilise sa force pour nous donner encore une gouvernement de médiacratie par son intervention partisane dans l'élection peut maintenant être partiellement annulé. J,y reviens encore car il y a là une clé de liberté par l'équilibre d'une information complète. Si 1 million d'électeurs peuvent suivre l'information sur le petit écran et dire leur opinion, il faut populariser l,information et CONTRER L'INFLUENCE DE POWER-GESCA-RADIO-CANADA. Desmarais l'a dit, ils défendent le fédéralisme avant la nation québécoise. Pour eux, les structures constitutionnelles ont plus de valeur que les peuples qu'elles sont sensées servir.
    Seuls des Vigiles régionaux tenant tête aux quotidiens, à leur radios et leurs télés peuvent rétablir l'équilibre de l'information en temps d'élection. Avec des Vigile-Québec, Vigile-Estrie etc. à l'aire de l'internet il deviendra alors possible d'entendre toutes les opinions favorables au pays du Québec.