Gilles Duceppe, Jacques Parizeau, et la nationalisation des banques

Tribune libre 2008


Montréal, ce mercredi 3 décembre 2008.
Contrairement au camarade Victor Lévis-Beaulieu, je suis entièrement
d’accord avec les propos que tient l’ex-Premier ministre du Québec Jacques
Parizeau dans le Devoir de ce matin, qui appui sans réserves la décision de
Gilles Duceppe de joindre la coalition anti-conservatrice afin d’éjecter le
gouvernement Harper.
Et je comprends bien mal que certains membres du PQ, qui sont eux-mêmes
issus d'un parti de coalition ne le comprennent pas...
Les péquistes ne seraient-ils pas heureux de voir «enfin !» Gilles Duceppe
tenir une des brides du pouvoir ?
D’autre part, il m’apparaissait fort évident que dès sa remise en place,
le gouvernement Harper, allait tenter de profiter de la situation pour
essayer de faire passer ses pires lois, comme cette loi antidémocratique
sur le financement des partis politiques,et comme s’il dirigeait un
gouvernement majoritaire, agitant au bout de ses bras l’épouvantail de la
perspective de nouvelles élections…
Que Gilles Duceppe fasse front commun avec les deux autres partis de
l’opposition afin de contrer cet ennemi commun qu’est le gouvernement
Harper, loin de prouver, comme plusieurs le disent, qu’il pactise avec le
«diable» démontre au contraire qu’il exerce la politique avec pragmatisme.
Dans cette situation précise en tous cas, on peut affirmer dire que Gilles
Duceppe représente parfaitement les intérêts du Québec, puisque le que le
moins que l’on puisse dire, c'est que les Conservateurs n’ont pas la cote
au Québec !
- Jacques Parizeau et la nationalisation des banques...
Il n’y a pas plus de deux semaines, notre ancien Premier ministre Jacques
Parizeau, invité vedette de l’émission «Tout le monde en parle», proposait
de lorgner du côté de la Caisse de dépôt et placement et de nationaliser
des banques pour augmenter les revenus du Québec et faire face à la crise
économique :

« …Quand l’économie va mal et qu’on a besoin d’argent pour faire marcher
le système… il faut prendre l’argent là où elle se trouve…» avait-il lancé
nonchalamment...
Diantre !
Entendre ça ???
C’était comme de la véritable musique à mes oreilles ! ! !
Il n’aurait pas fallu qu’Amir Khadir, Françoise David ou Québec solidaire
évoquent une telle idée...
.... On se serait jeté sur eux à bras raccourcis, pour les traiter
d’extrémistes, de terroristes économiques et de méchants soviets
communistes...
Références :
- En bref – « Parizeau s'en mêle »

Le Devoir, mercedi le 3 décembre 2008 :
http://www.ledevoir.com/2008/12/03/220489.html
- Québec solidaire les 10 mythes les plus entendus » :
http://www.quebecsolidaire.net/10-mythes-sur-quebec-solidaire
***
Christian Montmarquette

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3 commentaires

  • Archives de Vigile Répondre

    4 décembre 2008

    Dernier sondage sur l’élection
    Pierre CLOUTIER
    Tribune libre de Vigile
    mercredi 3 décembre 2008 137 visites 2 messages
    [1] Il ne faut pas baisser les bras, mais le dernier sondage sur la présente élection "provinciale" s’avère exact (PLQ 80, PQ 44, ADQ 1), il y aura du brasse-camarade au Parti québécois et une remise en question de la stratégie provincialiste que le parti a mis de l’avant depuis l’enterrement du projet de pays et la mise aux poubelles du programme adopté par le congrès de juin 2005. Ce programme, soit dit en passant, devrait être toujours en vigueur puisqu’il n’a pas été amendé par un autre congrès. Je l’ai répété des dizaines de fois dans mes écrits depuis 3 ans, mais personne ne semble avoir compris le message. Mme Marois - que cela nous plaise au non - a fait un coup de force au Parti québécois et elle en paiera le prix. Elle devra un jour ou l’autre céder sa place possiblement à Gilles Duceppe qui semble - peut-être - mieux placé qu’elle pour planifier la stratégie qui nous amènera à l’indépendance dans 4 ans.
    [2] Certains croient que l’implosion du Canada est inévitable et qu’il suffira de cueillir le fruit lorsqu’il tombera de l’arbre. Peut-être, mais lorsqu’on a des leaders qui ont la peur chronique de se présenter devant l’électorat avec un véritable projet de pays, ce n’est pas très motivant ni pour les militants ni pour la population. Mme Marois a peut-être fait une bonne campagne provinciale mais ce n’est pas uniquement en faisant des promesses électorales provincialistes qu’on va faire comprendre à la population l’urgence d’avoir un pays.
    [3] Au cas où vous ne le sauriez pas, je vous annonce qu’il y a présentement une crise financière mondiale et une crise économique sans précédent qui se pointe à l’horizon. Et pourtant pas un chef de parti - ni au Québec ni au fédéral - n’a pris la peine de bien expliquer à la population les véritables causes de cette crise mondiale et les profondes réformes qu’il faudrait adopter, au Québec, au Canada et partout dans le monde. Il n’y a pas un politicien, fusse-t-il québécois ou canadien, qui est capable d’expliquer simplement et directement ce qui se passe et comment on peut y remédier. On préfère s’en tenir au superficiel ou au secondaire pour des raisons strictement électoralistes et à court terme, alors que cette crise nécessite une réflexion en profondeur.
    [4] L’économiste Maurice Allais (Prix Nobel d’économie 1988) identifie 5 causes fondamentales à la crise financière et économique :
    * Un système de crédit déficient qui permet aux banques de créer de la monnaie "ex-nihilo" (à partir de rien) et de financer les investissements à long terme avec des fonds empruntés à court terme ;
    * Le développement d’un endettement gigantesque ;
    * Une spéculation massive ;
    * Un système financier et monétaire fondamentalement instable ;
    * L’effondrement de la doctrine laissez-fairiste mondialiste.
    [5] Qui a parlé de cela pendant la campagne électorale ? M. Charest ? Mme Marois ? M. Dumont ? Les autres partis ? Qui ? Qui a proposé des réformes en profondeur pour que cela change ? Qui ?
    [6] Maurice Allais, lui, n’a pas peur de le dire haut et fort et de proposer des réformes profondes des institutions financières et monétaires dont :
    * la réforme du système de crédit - c’est-à-dire l’interdiction faite aux banques de créer de la monnaie à partir de rien, ce rôle devant être réservé aux banques centrales ;
    * La réforme de l’indexation, c’est-à-dire l’obligation légale d’assortir à l’avenir tous les emprunts à moyen et long terme de l’État, des entreprises et des particuliers, d’une garantie en pouvoir d’achat, assurée par l’indexation en valeur réelle des remboursements et des intérêts, par référence à l’indice générale des prix ;
    * La réforme des marchés boursiers, transformés depuis trop longtemps en casinos, où se jouent de gigantesques parties de poker, qui influent finalement beaucoup sur l’économie réelle` ;
    * La réforme du système monétaire international actuel devenu instable avec ses taux de change flottants, ses dévaluations compétitives, le dollar comme monnaie de compte et la spéculation des banques sur les changes, les actions et les produits dérivés.
    [7] Ce qui me chagrine et me met le plus en colère, c’est QU’IL N’Y A AUCUN DÉBAT DIGNE DE CE NOM sur cette crise et les façons d’en sortir, ni dans la population, ni chez les politiciens, ni dans les médias.
    [8] Dans le mouvement souverainiste, c’est encore pire. Personne n’ose aborder le système scandaleux de création de monnaie ex-nihilo par les banques et institutions financières. Personne évidemment ne parle du système monétaire d’autant plus que le Québec n’a aucun pouvoir à ce sujet. Personne ne touche aux marchés boursiers. On s’en tient aux quasi-vérités et aux sophismes martelés sans cesse pour protéger les intérêts des très puissants groupes de pression monétaires et financiers qui créent volontairement ce que Maurice Allais appelle "la tyrannie du statu quo".
    [9] Il y a des jours de grande colère où j’ai le goût de dire à toutes et à tous : continuez de vous mettre la tête dans le sable en pensant que la tempête va finir par passer. Continuez de vous égarer dans des débats futiles et secondaires. Continuez à ergoter sur la petite politicaillerie. Continuez à perdre votre temps sur des détails insignifiants et les potins de l’actualité. Vous perdez votre temps et vous nous faites perdre le nôtre. Allez à l’essentiel. L’essentiel c’est l’indépendance et une réforme en profondeur des sytèmes financiers et monétaires.
    [10] Tout ce qui s’en vient en avant de nous ce sera des cataplasmes sur une jambe de bois. Le Oui à l’économie d’abord des libéraux, c’est de la boulechite totale. Le peuple québécois finira bien par le réaliser. Quant aux souverainistes, je leur souhaite un peu plus de courage, de passion et de volonté. C’est ce qui leur manque le plus. J’espère que, dans 4 ans, le slogan des forces souverainistes unies et coalisées sera : "On y va pour le pays", avec une vision économique à long terme qui inclura une réforme en profondeur des systèmes financiers et monétaires.
    Pierre Cloutier

  • Archives de Vigile Répondre

    4 décembre 2008

    La nationalisation des banques est peut-être à priori une solution un peu radicale dans une économie de marchés.
    Par contre, il y a plusieurs autres réformes en profondeur qui peuvent être mises de l'avant en autant qu'un véritable débat ait lieu sur la question.
    Je vais vous envoyer le texte que je viens d'écrire à ce sujet.
    Pierre Cloutier

  • Archives de Vigile Répondre

    3 décembre 2008

    Diantre !
    Entendre ça ???
    C’était comme de la véritable musique à mes oreilles ! ! !
    Il n’aurait pas fallu qu’Amir Khadir, Françoise David ou Québec solidaire évoquent une telle idée...
    .... On se serait jeté sur eux à bras raccourcis, pour les traiter d’extrémistes, de terroristes économiques et de méchants soviets communistes...
    Tout à fait d'accord avec vous monsieur Montmarquette... de la première à la dernière ligne !
    Hélène Essertaize
    Québec