Dans la série, Comment apprécier davantage le Québec, notre terre natale

Découvrir le Québec à travers ses nombreuses îles

Visiter les îles du Québec, une destination vacances par excellence

Eb83f2f59f864dd71b40a1af289e9ddb

Tribune libre



Dans la série Comment apprécier davantage le Québec, notre terre natale.


Parmi les merveilles naturelles sous-exploitées du Québec figure le vaste réseau d'îles qui saupoudrent notre majestueux fleuve Saint-Laurent sur toute sa longueur, ce puissant cours d'eau qui traverse tout le Québec, et qui fait paraître maints fleuves étrangers comme de modestes rivières, un fleuve gigantesque à l'image de son peuple fondateur. Nos géants et hommes forts sont passé à l'histoire. Qu'on pense simplement à Louis Cyr, au géant Beaupré ou à Hugo Girard, en passant par Jos Montferrand et Alexis le trotteur, sans oublier les frères Baillargeon et combien d'autres.



Pourquoi ne pas lancer une vaste campagne publicitaire touristique orchestrée par le Ministère du tourisme: visiter les îles du Québec, une destination vacances par excellence.


Ce serait une façon inusitée et palpitante de connaître et découvrir le Québec autrement.


On en dénombre plus d'une trentaine, mais pourtant bien peu d'entre nous en connaissent plus que quelques-unes ou ont songé à les explorer systématiquement une à une. Aux autorités en place de susciter la nouvelle tendance, de créer l'engouement, d'en faire une activité recherchée.


Un tel projet de voyage en famille durant les vacances d'été, en couple ou en solitaire pourrait s'étaler sur quelques années.


Cela permettra également aux gens de visiter les régions avoisinantes situées à l'intérieur des terres.



Par exemple, après avoir exploré l'Île de la Quarantaine ou Grosse-Île, visible d'une île à l'autre à partir de l'observatoire de la pointe de Saint-François de l'Île d'Orléans, on en profite pour visiter Montmagny où on y fera un pique-nique impromptu.



Le gouvernement pourrait publier un Guide officiel consacré spécifiquement à l'ensemble des îles du Québec, avec photos, itinéraires et attraits, comme il en existe déjà pour chaque région du Québec.



On pourrait offrir un carnet de voyage genre passeport (comme sur le Chemin de Compostelle) qui permettrait à chacun de faire estampiller son passage sur chaque île. Les enfants en raffoleraient.


On pourrait parcourir le trajet d'est en ouest, à l'inverse, ou à sa guise. Parfois sur la rive nord du fleuve, parfois sur l'autre. Toutes ces pérégrinations nous permettraient de découvrir les beautés et attraits de nos régions et d'encourager l'industrie touristique locale.


La majorité de ces îles offrent déjà toutes sortes de possibilités d'agréments: la traversée pour s'y rendre, bâtiments historiques, visites guidées, sentiers pédestres ou cyclables, excursions sur le fleuve, produits du terroir et artisanat local, hébergement, etc. Bref, tout ce qu'il faut pour satisfaire l'appétit de découverte des plus exigeants.



Les férus d'histoire pourraient revivre l'excitation des découvreurs du pays, qui furent les premiers à mettre le pied sur ces îles, à les baptiser et à les répertorier. Plusieurs d'entre elles ont ainsi conservé leur appellation d'origine qui a su traverser les âges.



On se souvient que Jacques Cartier avait jadis baptisé l'Île d'Orléans l'Île de Bacchus, dieu romain des vins, en raison des vignes qu'il y aperçut en abondance lors de sa seconde visite en 1535.



En passant par Beauceville, on risquerait sans le guide de rater le minuscule îlot qui s'y trouve avec son joli parc aménagé, le parc de l'Île Ronde, qui mérite une halte lorsqu'on est en direction de Saint-Georges.



À Trois-rivières, on peut accéder aux 3 îles qui séparent la rivière Saint-Maurice en 3 parties et donne son nom à la ville fondée par le sieur de Laviolette en 1634.



Devant l'archipel des Sept-Îles sur la Côte-Nord, vous pouvez les apercevoir toutes les 7 comme des dos de baleines énormes et de dauphins espiègles jaillissant gaiement hors de l'eau.



Les Îles-de-la-Madeleine sont considérées par plusieurs qui s'y sont rendus comme l'un des paradis sur terre, un secret encore trop bien gardé peut-être.



Les Mille-Îles n'atteignent peut-être pas ce nombre, mais on demeure toujours intrigué par toutes les petites maisons pittoresques et châteaux de contes de fée qui y sont érigées, un peu plus haut en remontant le fleuve Saint-Laurent du côté ontarien.



Et si en effectuant ces visites vous découvrez qu'un tempérament d'insulaire sommeillait en vous, sachez qu'il reste encore quelques îles privées à vendre sur le fleuve. De quoi faire rêver...



On peut se rendre en pèlerinage artistique à l'Îsle-aux-Grues où résidait Jean-Paul Riopelle, à la hauteur de Montmagny.




Il ne faudrait pas oublier non plus de faire un petit détour par l'Île Verte, dans le Bas-Saint-Laurent, à la hauteur de Rivière-du-Loup, vis-à-vis Tadoussac, le bercail du cinéaste Gilles Carle et de son égérie Chloé Sainte-Marie qui lui fut toute dévouée.



Qui n'a pas rêvé de s'arrêter passer une nuit d'amoureux dans un motel de l'île Perrot après avoir entendu la chanson de Beau Dommage?


Et était-ce une île imaginaire ou réelle dont il était question dans la célèbre chanson qui a révélé Daniel Lavoie au grand public, J'ai quitté mon île?



Les îles inspirent les poètes et donnent à rêver (on n'a qu'à penser au recueil des Îles de la nuit, d'Alain Grandbois. Y accoster pour les explorer donne l'impression de pénétrer dans le domaine du merveilleux. Comme Tintin qui s'approche avec appréhension de l'Île noire. Ou comme dans le roman de Jules Verne, l'Île mystérieuse, qui recèle un redoutable secret.



On a tous tenté de répondre à la fameuse question: quel disque (ou livre) emporteriez-vous sur une île déserte? Ce serait l'occasion rêvée de les prendre avec soi!



En passant, qu'attend-on pour faire de l'Île Anticosti un sanctuaire touristique unique au monde, une attraction de calibre international, un lieu qui serait voué à la préservation de l'habitat naturel et du respect de la faune et de la flore? Cet endroit doit devenir accessible à tous les Québécois épris de grands espaces, de liberté, de plein air, de contemplation, et ils sont nombreux.


Un slogan parmi tant d'autres pour une campagne publicitaire: Les îles du Québec, pour le Robinson Crusoé qui sommeille en vous!



Ou encore: refaites le trajet des découvreurs du pays: Cartier, Champlain et tous les autres grands explorateurs qui leur succédèrent.



On pourrait refaire tout comme eux, le geste symbolique de la plantation d'une petit croix, éphémère et compostable, à un endroit déterminé pour signaler notre passage tout aussi éphémère en ces lieux. Les enfants adoreraient poser ce geste solennel, un peu comme les premiers découvreurs des pyramides qui n'ont pu s'empêcher d'y graver leur nom. On écrirait sur la croix genre bâton de popsicle: je suis venu ici le... On la planterait sur le bord de l'eau jusqu'à ce que la marée montante l'emporte.



Une autre activité pour les jeunes consisterait à jeter une bouteille à la mer avec un message dedans, dans le genre: si vous trouvez cette bouteille, contactez-moi à mon courriel pour savoir la distance parcourue.


Découvrir de nouveaux aspects insoupçonnés de ce Québec si cher à notre coeur, quelle agréable façon de faire croître en nous l'amour de la terre natale, de s'y enraciner encore plus profondément!



Les nombreuses îles du Québec nous attendent patiemment depuis toujours. Voguons allégrement vers elles à leur découverte!



 


Post-scriptum: Cette idée de parcours des îles du Saint-Laurent pourrait très bien s'arrimer (c'est le cas de le dire) au projet Saint-Laurent proposé par le premier ministre du Québec, M. François Legault, qui mise sur le développement du potentiel de notre majestueux fleuve.

 

Un article similaire portant sur les phares du Québec est déjà paru en nos pages: Les phares du Québec, un trésor patrimonial à préserver.

 




Featured 08e89f9ca3ccd008612a57afbfe02420

Réjean Labrie513 articles

  • 971 348

Réjean Labrie, né en 1954, est originaire de Québec. Il a fait carrière dans la fonction publique à l’aide sociale. Il est fier d’être un enraciné de la 10ème génération en sol natal.Son élan nationaliste se porte sur la valorisation de la culture québécoise et sur la préservation de l'identité culturelle québécoise et de sa démographie historique. L'icône d'identification montre les fortifications de Québec qui symbolisent notre caractère irréductible et notre résilience face à l'adversité.





Laissez un commentaire



2 commentaires

  • Francis Déry Répondre

    25 mai 2019

    Bonjour m. Labrie,



    Permettez-moi de vous signaler une entrevue de Michael E. Jones qui parle de manière intéressante de notre passé catholique, mais aussi de sa destruction pour permettre l'élaboration d'une réingénierie sociale sans précédente contre les nations.


    Project Baptism w/ EMJ



    • Réjean Labrie Répondre

      25 mai 2019

      Merci M. Déry de cette suggestion.
      Vous avez raison de souligner l'importance de conserver nos racines chrétiennes, l'un de nos ancrages historiques qui a façonné notre identité collective.
      Je renvoie les lecteurs à un autre de mes articles:
      https://vigile.quebec/articles/le-crucifix-un-symbole-a-conserver