Charest d'urgence en France pour le 400e

Michaëlle Jean demande à Sarkozy de regarder «au-delà du Québec»

Québec 400e - imposture canadian

Alors que la gouverneure générale du Canada, Michaëlle Jean, a été accueillie hier en France comme la «presque reine» du 400e de Québec, Jean Charest annoncera aujourd'hui qu'il se rendra du 16 au 19 mai dans l'Hexagone afin de participer à un événement soulignant l'anniversaire de la capitale.
Celui-ci aura lieu à Bordeaux, le samedi 17 mai. En compagnie du maire Alain Juppé, qui l'a invité, M. Charest assistera aux festivités entourant le départ pour Québec du trois-mats Le Belem, qui y sera en escale après avoir pris la mer à La Rochelle, le 8 mai; un appareillage auquel Michaëlle Jean assistera.
Le lundi 19, le premier ministre prononcera un discours à la Chambre de commerce et d'industrie de Paris. Il y présentera le concept de «nouvel espace économique», lequel comprend un accord de reconnaissance réciproque des acquis et des compétences entre la France et le Québec. Il sera de retour au Québec le lendemain. Le vendredi aura été consacré à des «activités privées», a fait savoir son cabinet, mais aucune rencontre avec des autorités politiques n'était prévue hier. Dans l'entourage du premier ministre, on souligne que M. Charest, dans les 12 derniers mois, a déjà rencontré trois fois le président Sarkozy et deux fois le premier ministre François Fillon.
«Il n'y a pas juste nous autres sur la planète», a-t-on argué.
Le cabinet du premier ministre aurait voulu annoncer le voyage hier -- moment de l'arrivée de Michaëlle Jean en France --, mais «certaines choses» restaient à être confirmées. Malgré tout, ce déplacement en France était «prévu depuis plusieurs semaines», a soutenu Hugo D'Amour, attaché de presse du premier ministre. «L'invitation [de l'ex-premier ministre français Alain Juppé] était lancée depuis longtemps.» La conférence de M. Charest devait être annoncée hier sur le site Internet de la Chambre de commerce. «Il faut vendre les billets», a-t-on dit dans l'entourage de M. Charest. Mais au moment d'écrire ces lignes, il n'y avait sur ce site aucune publicité de l'allocution du premier ministre québécois.
Tapis rouge pour la «presque reine»
Quant à Michaëlle Jean, dès son arrivée en France, elle a tenu à placer sa visite officielle de cinq jours sous le signe du 400e anniversaire de la ville de Québec. Sa visite représente, dit-elle, «le coup d'envoi» des festivités marquant 400 ans de présence française en Amérique.
«C'est avec une joie immense que je me retrouve ici en France dans ce moment très particulier où nous célébrons, le Canada et la France, la permanence du fait français aux Amériques et en particulier au Canada», a-t-elle déclaré à sa sortie de l'hôtel de Matignon.
Il y a au moins vingt ans que, dans la Ville lumière, un gouverneur général du Canada n'avait pas eu droit à une telle réception, et encore. Paris a mis les petits plats dans les grands pour accueillir Mme Jean et son mari, Jean-Daniel Lafond.
Dans l'après-midi, la représentante de la reine au Canada a été reçue par le premier ministre François Fillon pendant près d'une heure, soit le même laps de temps que celui qu'avait accordé le premier ministre français à Jean Charest lors de sa dernière visite à Paris en janvier. Alors que la garde républicaine était au garde à vous, la chef d'État a été accueillie au bas des marches de l'hôtel de Matignon, signe d'une attention toute particulière.
Mais c'est aujourd'hui que la gouverneure générale recevra tous les honneurs. Michaëlle Jean doit en effet être reçue par le président Nicolas Sarkozy à l'Élysée. L'ancienne lectrice de nouvelles de Radio-Canada fera aussi la tournée de tout ce que Paris compte de personnalités officielles, du maire Bertrand Delanoë aux présidents de l'Assemblée nationale et du Sénat.
Ce soir, lors d'une réception à l'ambassade du Canada, la gouverneure générale remettra l'Ordre du Canada au journaliste Bernard Pivot. L'ancien animateur des émissions Apostrophe et Bouillon de culture avait reçu l'Ordre du Québec en 2001 des mains de l'ancien premier ministre Bernard Landry. Jugeant ces décorations peu indiquées pour un journaliste, il avait alors affirmé avoir fait une entorse à ses principes.
Celle que le quotidien Le Monde surnomme la «presque reine du Canada» déclare dans la dernière livraison du magazine Le Monde 2 qu'elle caresse ni plus ni moins que l'ambition de «faire du Canada une authentique nation». Dans le même article, elle annonce son intention de demander au président Sarkozy de regarder «au-delà du Québec». La gouverneure veut notamment amener la France à se préoccuper «de l'ensemble des communautés francophones à travers le Canada», a-t-elle déclaré hier.
Signe d'un accueil exceptionnel, demain, le président de la République et la gouverneure générale assisteront ensemble aux cérémonies du 63e anniversaire de la victoire des Alliés en 1945. Ils se rendront ensuite au cimetière militaire de Beny-sur-Mer (Calvados) afin de rendre hommage aux soldats canadiens qui y sont inhumés. La rumeur a même couru que Nicolas Sarkozy songeait à se rendre à La Rochelle jeudi prochain. Mais elle a été démentie par le quotidien Sud-Ouest, publié à Bordeaux.


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1 commentaire

  • Ouhgo (Hugues) St-Pierre Répondre

    7 mai 2008

    Elle est jolie, comment peut-il encore lui plaire(son «Québec libre du temps des Caraïbes)
    Elle au printemps(un peu moins maintenant), lui en hiver(long en Calv…)
    C’est un autre que moi(Généreux Sugar Canada) demain,
    Qui t’amènera loin de la Chaise des Nouvelles SRC vers Royal Rideau Hall
    Prendre non le café-crème mais possession de tous les emblèmes :
    Trône, Toge, Sceptre, Couronne et Bijoux de la Reine.
    Que Charest Son Prince, en prime lui cède le pas
    N’est que pure galanterie. Ni nous Ni Michou ne lui en voudra :
    Un peuple qui aime trop ses chaînes pour s’en défaire
    Aurait mauvaise grâce de regimber et à sa Reine déplaire!