Unanimité contre le plan d'aide aux forestières

Industrie forestière en crise


Le gouvernement Harper a fait l'unanimité dans le milieu syndical au Québec et au Canada contre son fonds d'un milliard en réponse à la crise forestière. Le Conseil de l'industrie forestière du Québec (CIFQ), qui représente les entreprises, est lui aussi très déçu, comme l'est la Fédération québécoise des municipalités, qui représente rien de moins que 900 municipalités, dont plusieurs sont fortement affectées économiquement par cette crise qui prend de l'ampleur depuis quatre ans.
En fin d'après-midi, seul le Conseil du patronat du Québec (CPQ) avait exprimé un certain appui, bien timide d'ailleurs, au plan du gouvernement conservateur. Le CPQ déclare, comme les syndicats, que la répartition de l'aide annoncée est à revoir, le Québec étant proportionnellement plus affecté par la crise forestière et les défis du secteur manufacturier que d'autres régions du Canada. «Il serait normal et souhaitable que la répartition de l'aide gouvernementale reflète cette réalité économique», dit Michel Kelly-Gagnon, président du CPQ. La Fédération des chambres de commerce du Québec a tenu des propos analogues un peu plus tard.
Montants trop faibles
En revanche, tous les leaders des centrales syndicales sans exception dénoncent les trop faibles montants réservés au Québec et, avec autant d'énergie, se disent profondément choqués que le gouvernement fédéral ajoute comme condition que son plan fasse partie du budget devant être adopté par les députés aux Communes. «L'annonce faite ce matin témoigne pour le moins d'une profonde méconnaissance de la gravité des problèmes vécus par les secteurs forestier et manufacturier au Québec. Ou bien il agit par pur calcul politique en se servant des travailleurs comme de vulgaires balles de ping-pong soumises aux aléas d'un vote de confiance au prochain budget. Dans un cas comme dans l'autre, ça nous apparaît inacceptable», affirme Michel Arsenault, président de la FTQ, en notant que 40 % des pertes d'emploi se trouvent au Québec.
Pour Claudette Carbonneau, présidente de la CSN, le montant d'un milliard est «profondément injuste pour les travailleurs et nettement insuffisant». Ce montant, fait-elle valoir, aurait dû être entièrement réservé à l'industrie forestière, mais il ratisse trop large en s'adressant aux villes mono-industrielles confrontées à d'importantes difficultés économiques, soit 40 % des communautés mono-industrielles du Canada.
En l'absence de Guy Chevrette, son adjoint au CIFQ, Jacques Gauvin, a exprimé sa «déception à plusieurs égards». D'abord, le montant n'est pas suffisant, puis on ne sait pas comment cela sera partagé entre les secteurs forestier et manufacturier. M. Gauvin n'en revenait tout simplement pas de constater que le gouvernement ne réservait absolument rien pour les industries elles-mêmes et qu'il laissait les travailleurs en attente avec l'adoption éventuelle de son plan dans le budget.
Renaud Gagné, vice-président au Québec du plus important syndicat dans les pâtes et papiers, s'est dit scandalisé par l'attitude du gouvernement. Le Congrès du travail du Canada supplie le gouvernement Harper de «ne pas enterrer la question dans le prochain budget». «L'annonce faite aujourd'hui ne reconnaît même pas l'existence de la crise dans le secteur forestier. Il ne s'agit que d'une manoeuvre de chantage destinée à faire voter les autres partis politiques en faveur du budget», a soutenu Dave Coles, président du plus grand syndicat du secteur forestier au Canada.


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