La Caisse réduit le risque immobilier

La valeur comptable des placements a fondu de 5,7 milliards en six mois

L'affaire de la CDP - les réformes

La Caisse de dépôt et placement du Québec a annoncé hier des changements significatifs d'ordre organisationnel et stratégique pour «repositionner son groupe immobilier» en misant sur une gestion plus prudente. Les changements comprennent la cessation d'investissements dans les prêts immobiliers les plus risqués, soit les prêts «mezzanine», remboursés après les autres prêts et créances lorsque l'emprunteur ne peut plus remplir ses obligations.
La Caisse nomme aussi un nouveau premier vice-président à l'immobilier, René Tremblay, ainsi que deux autres cadres supérieurs pour l'épauler.
Michael Sabia, président de la Caisse depuis mars dernier, a fait part de cette réorientation, hier, en même temps qu'il dévoilait une importante baisse de la valeur non matérialisée des placements moins liquides, en grande partie dans le secteur immobilier. Cette baisse de valeur comptable atteint 5,7 milliards, mais elle pourrait être récupérée éventuellement dans la mesure où le secteur immobilier retrouvera sa force.
Des prêts à risques qui perdent 2,2 milliards en six mois
Au 31 décembre 2008, les dettes immobilières totales détenues par la Caisse sous forme de prêts hypothécaires, de prêts subordonnés et mezzanine et autres placements totalisaient 10,8 milliards. Six mois plus tard, soit à mi-terme de l'exercice financier de 2009, cette dette se retrouvait à 8,6 milliards, en baisse de 2,2 milliards. La direction de la caisse souligne que dans cette dette de 8,6 milliards, moins de 10 % se trouvent dans la catégorie des prêts subordonnés et mezzanine, qui sont les prêts les plus à risque, dits de second rang, et dont le remboursement passe en second lieu, après celui des prêts privilégiés. Un prêt mezzanine est fait au moment de l'achat d'un immeuble pour combler l'écart entre la mise de fonds de l'acquéreur et le montant du prêt hypothécaire obtenu.
Les autres baisses de valeur non matérialisées proviennent de placements en immeubles pour un montant de 1,8 milliard, de placements privés en infrastructures et participations pour un montant de 1,3 milliard et enfin d'une baisse additionnelle de 400 millions dans les papiers commerciaux adossés à des actifs. Le total de ces baisses de valeurs sur papier ou comptable est de 5,7 milliards (dont 70 % sont liés à l'immobilier) et vient annuler le rendement de 5 % que la Caisse a obtenu dans d'autres secteurs, comme ceux des actions et des obligations. Dans les circonstances, la Caisse qualifie son rendement de «neutre» au cours du premier semestre de 2009.
M. Sabia a expliqué que ce repositionnement s'inscrivait dans le plan d'action annoncé en avril dernier. «Ces changements, a-t-il dit, sont apparus nécessaires pour assurer le succès du groupe immobilier dans un contexte de faiblesse du marché immobilier mondial, plus particulièrement aux États-Unis. Ils permettront de concentrer nos efforts dans les métiers qui ont produit d'excellents rendements à long terme, 11,9 % sur cinq ans et 12,1 % sur 10 ans», a mentionné le président de la Caisse.
Il a précisé cependant que la Caisse prévoit que le contexte des placements moins liquides (ce qui comprend le secteur immobilier) «demeurera ardu à moyen terme étant donné la faiblesse de l'économie mondiale». Il a invité les gens à «garder à l'esprit que dans l'ensemble, nos placements moins liquides sont composés d'actifs de qualité dont nous continuons à tirer des revenus réguliers, tels les revenus de location de nos immeubles».
Des changements devenus nécessaires
En 2008, la direction de la Caisse avait confié à une nouvelle filiale, Otéra Capital, sa division Cadim qui jusqu'alors avait la responsabilité des activités d'investissement dans les prêts subordonnés, y compris les prêts mezzanine. Dans le communiqué de presse diffusé hier pour faire état de cette situation comptable, M. Sabia, a présenté l'explication suivante: «Le modèle de banque d'affaires adopté par Cadim reposait sur la recherche d'un rendement supérieur par un risque accru. Dans le secteur du financement immobilier, la stratégie de Cadim se fondait sur l'hypothèse d'une progression marquée du marché des prêts subordonnés. Or, la crise financière est venue bouleverser les conditions du marché propices à un tel scénario, notamment aux États-Unis.» M. Tremblay, le nouveau vice-président, qui occupait déjà cette fonction de façon intérimaire, a pour sa part déclaré: «Cette activité-là a déjà été une bonne activité, mais malheureusement, en fonction de la réalité d'aujourd'hui, on ne doit plus être là-dedans.» Il s'est abstenu par ailleurs de préciser l'ampleur des baisses de valeur dans les prêts mezzanine, se limitant à dire qu'elles étaient «substantielles».
En 2008, la direction de la Caisse avait confié à une nouvelle filiale, Otéra Capital, sa division Cadim qui jusqu'alors avait la responsabilité des activités d'investissement dans les prêts subordonnés, y compris les prêts mezzanine. Dans le communiqué de presse diffusé hier pour faire état de cette situation comptable, M. Sabia, a présenté l'explication suivante: «Le modèle de banque d'affaires adopté par Cadim reposait sur la recherche d'un rendement supérieur par un risque accru. Dans le secteur du financement immobilier, la stratégie de Cadim se fondait sur l'hypothèse d'une progression marquée du marché des prêts subordonnés. Or, la crise financière est venue bouleverser les conditions du marché propices à un tel scénario, notamment aux États-Unis.» M. Tremblay, le nouveau vice-président, qui occupait déjà cette fonction de façon intérimaire, a pour sa part déclaré: «Cette activité-là a déjà été une bonne activité, mais malheureusement, en fonction de la réalité d'aujourd'hui, on ne doit plus être là-dedans.» Il s'est abstenu par ailleurs de préciser l'ampleur des baisses de valeur dans les prêts mezzanine, se limitant à dire qu'elles étaient «substantielles».
M. Tremblay veillera à l'élaboration des stratégies d'investissement et à la coordination des activités des filiales immobilières. Il siégera au comité de direction de la Caisse et présidera les conseils d'administration de SITQ, d'Ivanhoé Cambridge et d'Otéra Capital. Les deux autres nominations annoncées hier ont été celles de Karen Laflamme, vice-présidente principale, immobilier et André Charest, vice-président principal, gestion des risques secteur immobilier.


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