Remaniement premier ministériel

2005


lundi 31 janvier 2005
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De la façon dont les choses se dégradent pour le premier ministre Charest, beaucoup se demandent de plus en plus comment son gouvernement va faire pour tenir encore deux ans.
Évidemment, en politique, 24 mois, c'est comme une éternité au cours de laquelle bien des choses peuvent changer, y compris la cote de popularité d'un parti et d'un gouvernement. Mais justement, depuis bientôt 24 mois, c'est irrémédiablement dans les bas-fonds que s'est maintenu le degré de satisfaction envers ce gouvernement qui, de l'avis d'une très grande majorité de nos lecteurs, n'en finit plus d'accumuler bourde par-dessus bourde.
Il faut le faire. Alors que l'année débute à peine, comment est-il possible que le gouvernement Charest ait déjà suscité tellement de mécontentement que chacune de mes trois premières chroniques de l'année ait porté sur l'insatisfaction populaire à son égard? Une insatisfaction qui s'est traduite par la réception de plus de 1000 courriels, en un mois, le critiquant d'une façon ou d'une autre.
Dès les premiers jours de 2005, il y a eu la décision de se contenter d'un don de 100 000 $ pour venir en aide aux victimes du tsunami en Asie. Par la suite, l'ire populaire s'est manifestée au sujet de l'indécision gouvernementale dans l'interminable feuilleton du CHUM. Puis il y a 10 jours, la subvention aux écoles privées juives.
Dans ce dernier cas, il y a bien juste dans le cercle restreint des conseillers du premier ministre où personne n'a été en mesure de prévoir que cette décision allait provoquer un nouveau " tsunami de critiques " contre le gouvernement, obligeant Jean Charest à revenir piteusement en arrière. Ce qui a incité un de nos lecteurs à écrire:
" Une fois de plus, le gouvernement Charest est parvenu à mécontenter la majorité des Québécois. N'existe-t-il pas des procédures auxquelles peuvent recourir les citoyens pour destituer un gouvernement d'une aussi nuisible incompétence? Pourrons-nous supporter encore pendant deux ans les torts irréparables que l'équipe Charest causera aux Québécois, sans que nous puissions agir d'une quelconque manière pour le neutraliser et nous en débarrasser avant le terme de son mandat? " (Normand Guénette, Montréal)
En réalité, à La Presse, on a assisté à un raz-de-marée de courriels de lecteurs en colère, qui rappelait celui de l'an dernier quand la vérificatrice générale, Sheila Fraser, avait déposé son rapport d'enquête sur le scandale des commandites.
Y a-t-il moyen de changer de cap, de prendre un nouveau départ? Beaucoup ont cru, la semaine dernière, que le premier ministre Charest allait procéder à un remaniement ministériel qui aurait pu changer l'image du conseil des ministres. Mais le premier ministre a décidé d'attendre, ce qui a eu l'heure de déplaire (on est maintenant habitué) à un grand nombre de nos lecteurs.
Certains, de façon cynique, ont soutenu que c'est le premier ministre lui-même qui devrait SE remanier:
" Notre cher premier ministre pense à un remaniement. Il devrait penser plutôt à un remaniement premier ministériel car, dans toute l'histoire des premiers ministres québécois, il est le plus mauvais que nous ayons jamais eu. Et Dieu sait que nous en avons eu quelques faibles. " (Jacques Simard)
" M. Charest devrait s'inclure dans le remaniement qu'il se propose de faire car, depuis qu'il est à la tête de l'État, il n'a rien fait qui vaille. Il a perdu la maîtrise de la situation et laisse ses amis de l'establishment financier mener le Québec à leur façon. M. Charest s'entoure de gens comme lui: sans substance et sans vision sinon celle d'empocher des dollars facilement sur le dos des contribuables québécois. " (Manon Côté)
Ce qui fait conclure à d'aucuns:
" Pas de remaniement? Le gouvernement Charest semble vouloir passer à l'histoire comme celui qui aura fait le plus de surplace. Nous entendons souvent que les politiciens savent patiner, mais celui-ci sait piétiner. " (Roger Lafontaine)
" Peut-on se remanier soi-même? Le meilleur remaniement de ministres, c'est malheureusement juste aux prochaines élections que les Québécois vont pouvoir le faire. Nous, nous sommes prêts, M. Charest. " (Frédéric Renaud)
Comme on le voit, peut-être le slogan électoral des libéraux, en 2003, servira-t-il encore à la prochaine élection, mais à contresens...


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