Quel avenir pour l'autonomisme adéquiste?

Quel avenir pour les tiers-partis



Il y a de ces combats qui méritent que l'on s'implique car ils ne peuvent qu'améliorer la société dans laquelle nous vivons. Depuis 1994, sous l'impulsion de deux visionnaires, un nouveau parti politique axé sur le gros bon sens et la réalité crue a vu le jour.
Depuis, plus de 700 000 Québécois et Québécoises se disent adéquistes, soit ouvertement, ou discrètement dans leurs conversations de salons. Qui plus est, de ce nombre, quelques centaines de candidats ont décidé, avec panache dans certains cas, maladroitement dans d'autres, de braver l'opinion publique, les médias, leurs amis et leurs ennemis de façon à propager ce message autonomiste souvent mal aimé, mais probablement plutôt mal compris parce que maladroitement présenté.
Car le message autonomiste est important et il pourrait bien s'avérer l'ultime porte de sortie pour nos gouvernements trop interventionnistes et trop centralisateurs. Il est probablement là, le fondement de la pensée adéquiste. En fait, ce message est à la base du profond bouleversement que le parti propose à une société surendettée et qui fait face à l'une des pires crises économiques des 80 dernières années.
Il va sans dire que la plupart de ceux qui portaient à bout de bras le parti n'avaient probablement pas tous le verbe facile, la réplique assassine et la profondeur intellectuelle pour porter haut et fort ce qui pourrait bien devenir le terme le plus puissant d'un avenir post-crise économique dans quelques années. C'est normal et c'est aussi le lot de la jeunesse et de l'inexpérience. Qu'à cela ne tienne, ils ont réussi à imposer, malgré la récente déconfiture, une troisième voie. Une troisième voie qui, en fait de bouleversement, peut s'apparenter pratiquement à la troisième voie proposée par Émile Colas en 1972, pour le Canada lui-même. L'autonomisme de l'ADQ proposait ni plus ni moins qu'une refonte complète de notre État de la société canadienne en général.
Au fond, il y a fort à parier que les deux partis au pouvoir ne pourront jamais transformer le modèle de gestion québécoise, à moins de réussir une profonde refonte, qui irait au-delà d'une simple transformation de certains programmes gouvernementaux. Il n'est pas certain non plus que la génération au pouvoir maintenant osera faire les changements nécessaires. Il y aura donc inévitablement d'ici quelques années (deux, trois, peut-être) cette ultime nécessité, un besoin de changement brutal du mode de fonctionnement et de gestion de l'État, tel qu'il a été pensé et proposé par Jean Allaire et Mario Dumont. Oser dire que l'ADQ a été et est encore en avant de son temps n'est pas qu'une politesse; c'est une vérité que même les adversaires de l'ADQ constatent et ne peuvent qu'encourager.
L'autonomisme est à la fois l'avenir de notre pays (le Canada) et l'avenir de la sauvegarde des régionalismes partout au pays, de la protection de la société distincte québécoise et de la sauvegarde du pouvoir d'achat, du développement économique et ultimement de la protection de la culture québécoise et des valeurs sociales portées par le Québec. Toutes ces valeurs qui font l'envie des plus grandes sociétés occidentales du monde développé seront portées par l'autonomisme.
Probablement que l'autonomisme proposé par l'ADQ sera responsable de la mort annoncée du Parti québécois d'ici quelques années car, il ne faut pas se le cacher, cette souveraineté n'arrivera jamais et ne sera jamais une option, surtout après la crise économique qui nous affecte en ce moment. C'est peine perdue pour les tenants de la souveraineté à tout prix.
Il y a aussi fort à parier qu'un jour, pas si lointain selon moi, les Desmarais, Péladeau et autres grandes familles et groupes corporatifs influents du Québec vont comprendre et approuver la puissance mercantile de l'autonomisme prôné par Mario Dumont et peut-être même l'adopter. Devant la convergence et le contrôle social et économique du Québec, l'autonomisme pourrait être une arme redoutable afin d'assurer à la fois la diffusion des messages et la prospérité du Québec à l'intérieur du Canada, en plus de protéger leur puissance économique grâce au régionalisme. Ils seront à même de le juger lorsqu'ils auront saisi la puissance des concepts autonomistes.
Qui plus est, c'est probablement le genre de position politique qui se défendrait très bien à la Trilatérale ou même au sein du Groupe de Bilderberg. Pourquoi? Parce que le modèle autonomiste garantit le développement socioéconomique d'une région, équilibre les forces et les faiblesses de tout un pays et assure le développement du plein potentiel des citoyens, la maximisation de l'utilisation des ressources naturelles d'une région et crée, ultimement, une prospérité locale à l'épreuve des soubresauts de l'économie mondialisée. Pour les environnementalistes, l'autonomisme favorise l'achat local et par conséquent l'économie verte. Les décisions sont localisées, plus citoyennes, et par conséquent elles rallient aussi la gauche citoyenne à la droite lucide.
Pour les grands penseurs de la mondialisation (Trilatérale et Bilderberg), l'autonomisme assure la paix et favorise la prospérité régionale. C'est ce dernier concept qui permettra au monde de s'en sortir, car il y a là une recette gagnante pour la stabilité du monde occidental.
Parions aussi que plusieurs provinces canadiennes (au moins sept) seront d'avis que la formule proposée par l'ADQ est probablement la meilleure option pour leur propre modèle de développement et qu'elles joindront facilement les rangs de gouvernements autonomistes. Ce qui peut paraître dichotomique, en ce sens que l'autonomisme et la régionalisation permettent l'unité nationale, n'est peut-être pas si loin de la vérité. Le fameux «divide and conquer» ou «divide et impera» est transposable en image dans le contexte autonomiste puisqu'il favorise l'émergence des régionalismes qui permettent ainsi à une société d'être moins dépendante de la seule décision centralisée d'un chef d'État trop contrôlant. Et à ce propos, même Victor-Lévy Beaulieu devra être d'accord. C'est une partie du parti des régions tel qu'il l'a lui-même si bien imaginé.
C'est cette pyramide inversée qui va assurer notre avenir à tous. L'ADQ prône que les citoyens sont à même de se prendre en main, de se gérer et de se développer tout en mettant en commun les forces vives des régions (Montréal et Québec étant aussi des régions, n'en déplaise au Plateau) afin de favoriser la prospérité et de diviser le risque parmi plusieurs. Le meilleur exemple, aussi banal qu'il puisse paraître, est de dire qu'il aurait été beaucoup plus sage d'investir 225 millions de dollars dans 225 PME plutôt que d'engouffrer 225 millions dans une seule Gaspésia. Cet exemple, tout le monde le comprend.
Parions aussi que la nouvelle équipe qui prendra le pôle au sein du parti pourra beaucoup plus facilement mettre en place un programme stratégiquement défendable parce qu'il sera complètement autonome avec le départ du principal fondateur qui aura forcé un renouvellement nécessaire du message. Et cela est tout à son honneur, soit dit en passant.
Il faut maintenant éviter le plus possible que des personnages d'extrême droite préhistoriques mais médiatiquement populaires prennent le contrôle du message adéquiste, car l'ADQ est beaucoup, beaucoup plus qu'une banale représentation de la droite. C'est un nouveau modèle de société inclusif qui prône l'autonomie et fait confiance au citoyen lui-même.
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Pierre Harvey, Ex-candidat de l'ADQ dans la circonscription d'Orford


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