M. Dumont et les tarifs

ADQ - De l'identité à l'autonomisme - La souveraineté confuse



Dans un discours à Québec mercredi, le chef de l'ADQ, Mario Dumont, a souhaité que les politiciens reprennent le contrôle des tarifs imposés par divers organismes publics, notamment la Société de l'assurance automobile du Québec. Venant de M. Dumont, cette position est franchement incohérente.
Voici un politicien qui n'a cessé de déplorer le mauvais état des finances publiques. Qui a dénoncé la «lâcheté et l'électoralisme» dont ont fait preuve les libéraux et les péquistes dans le passé en décrétant des gels de tarifs. Dont la dernière plate-forme électorale soutient qu'«une véritable politique de prix et de tarification permet une consommation plus éclairée, diminue le gaspillage des ressources et du patrimoine collectif». Et il voudrait que les élus contournent les mécanismes neutres - régies et autres - qui ont enfin été mis sur pied pour régir les tarifs?
Selon M. Dumont, les politiciens doivent redevenir responsables des décisions politiquement difficiles: «Ils ne peuvent pas se laver les mains du sort du monde» en se réfugiant derrière les décisions des régies. Ce point de vue ne tient pas debout. L'histoire des trois dernières décennies montre qu'en matière de tarification les politiciens, de quelque couleur qu'ils soient, sont rarement capables de prendre les décisions difficiles. Ils privilégient les décisions populaires en dépit de leur impact néfaste sur les finances publiques. C'est à cause de cette poltronnerie politicienne que les péages ont été abolis sur les autoroutes, que les tarifs d'électricité ont été longtemps gelés, que les droits de scolarité universitaires et les tarifs des garderies publiques le sont encore.
M. Dumont s'est engagé à combattre les hausses de primes annoncées par la SAAQ. Or, ces hausses visent à éviter que la situation financière du régime d'assurance-automobile se dégrade au point qu'il ne puisse plus satisfaire à ses obligations. Les calculs de la SAAQ ont été soumis à des experts. Il y a eu une consultation publique. La SAAQ a retardé et étalé les hausses prévues de sorte que l'équilibre nécessaire entre les rentrées de fonds et les indemnités payées ne sera atteint qu'en 2011. Que propose M. Dumont, cinq, dix années supplémentaires de déficits? Faut-il lui rappeler que les contributions à l'assurance auto sont gelées depuis presque 20 ans?
Les régimes publics d'assurance doivent être gérés selon des normes strictes permettant de garantir leur pérennité, non en fonction des humeurs des politiciens. Quant aux autres services de l'État auxquels les citoyens sont appelés à contribuer, les tarifs devraient être indexés à la hausse des coûts de ces services, de sorte que les parts assumées respectivement par l'usager et par l'État soient stables dans le temps.
Mario Dumont s'est longtemps présenté comme un politicien qui avait le courage de dire «les vraies affaires» aux Québécois. Ses dernières déclarations au sujet des tarifs indiquent qu'en cette matière, il ne se différencie pas du tout des «vieux» politiciens. Serait-ce que le courage du chef adéquiste s'effrite à mesure qu'il s'approche du pouvoir?

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André Pratte876 articles

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[une chronique intitulée « Tout est pourri » (critique de Anne-Marie Gingras) ->http://books.google.fr/books?id=EZWguAMXAtsC&pg=PA27-IA27&lpg=PA27-IA27&dq=pratte+Tout+est+pourri&source=bl&ots=MUti9NTQuH&sig=h2zgJlLgOg844j5ejxnUl4zH2_s&hl=fr&sa=X&ei=73RrT8aQEqnh0QHuh4GyBg&ved=0CEEQ6AEwBQ#v=onepage&q=pratte%20Tout%20est%20pourri&f=false]

[Semaine après semaine, ce petit monsieur nous convie à la petitesse->http://www.pierrefalardeau.com/index.php?option=com_content&task=view&id=30&Itemid=2]. Notre statut de minoritaires braillards, il le célèbre, en fait la promotion, le porte comme un étendard avec des trémolos orwelliens : « La dépendance, c’est l’indépendance ». « La soumission, c’est la liberté ». « La provincialisation, c’est la vraie souveraineté ». « La petitesse, c’est la grandeur ». Pour lui, un demi-strapontin à l’Unesco est une immense victoire pour notre peuple. C’est la seule politique étrangère qu’il arrive à imaginer pour le peuple québécois. Mais cet intellectuel colonisé type n’est pas seul. Power Corp. et Radio-Cadenas en engagent à la poche.





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