Les francophones sont plus prospères qu'il y a 40 ans

Loi 101 - 30e anniversaire - Adoption de la loi 101



L'Institut C. D. Howe souligne le 30e anniversaire de l'adoption de la loi 101, établissant la Charte de la langue française du Québec, en diffusant un document dans lequel il affirme que «le statut social et économique des francophones du Québec s'est grandement amélioré depuis les années soixante, qu'il soit mesuré en termes de revenus, de rendements économiques sur les connaissances linguistiques ou de contrôle de l'économie québécois».
L'adoption de cette charte, dont le père était le Dr Camille Laurin, a suscité de nombreuses vagues, particulièrement dans les milieux anglophones, pendant plusieurs années. Le calme s'est installé avec le temps, comme en témoigne ce «bulletin de recherche» de l'Institut C. D. Howe, qui s'appuie sur des travaux effectués par des chercheurs québécois, soit François Vaillancourt, professeur d'économie à l'Université de Montréal, qui suit depuis longtemps l'évolution des revenus selon les groupes linguistiques et s'est également penché sur la propriété des entreprises, et Dominique Lemay, qui a présenté son rapport de maîtrise en août 2005 sur la différenciation des revenus de travail en fonction des groupes linguistiques. François Vaillancourt fut d'ailleurs son directeur pour cette recherche.
Dans l'analyse des revenus moyens de travail en 2000, Mme Lemay en arrive à la conclusion que les individus bilingues ont un revenu de travail supérieur à celui des unilingues, et ce, qu'il s'agisse des francophones, des anglophones ou des allophones. Les francophones unilingues ont en moyenne un revenu de travail inférieur à celui des anglophones unilingues; les allophones, quant à eux, sont généralement les moins bien rémunérés et l'écart entre leurs revenus et ceux des autres groupes linguistiques n'a cessé de croître entre 1970 et 1990. Depuis, il semble s'amenuiser chez les allophones bilingues et les allophones anglophones. La situation des francophones par rapport à celle des anglophones s'est grandement améliorée entre 1970 et 1980 pour rester relativement stable par la suite. Un francophone bilingue qui gagnait 7360 $ en 1970 contre 8940 $ pour un anglophone bilingue avait rejoint celui-ci en 2000, avec un revenu de 38 850 $ contre 38 745 $.
L'Institut C. D. Howe explique que plusieurs facteurs ont contribué à cette évolution de la situation socioéconomique des groupes linguistiques. Il y a eu le départ de nombreux anglophones et d'un certain nombre de sièges sociaux. Il y a eu aussi la Révolution tranquille et la croissance du secteur public, essentiellement francophone, et enfin l'émergence d'entreprises privées qui ensemble ont fait que la part de l'économie québécoise contrôlée par des francophones est passée de 47 % au début des années 1960 à 67 % en 2003. En revanche, la mainmise étrangère sur l'économie québécoise a diminué de 26 % et celle des Canadiens anglophones a régressé de 44 %.
Qu'en sera-t-il avec la forte vague d'acquisitions qui balaie le monde présentement? Le professeur Vaillancourt constate qu'aucune société de propriété québécoise n'a été vendue depuis au moins cinq ans, la dernière en date étant celle de Provigo, acquis par Loblaw. En revanche, il souligne l'expansion importante à l'étranger de groupes comme Bombardier, Quebecor, Aliments Couche-Tard et Garda.


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