Élection du 8 décembre

Le vide

Opportunisme, populisme et attentisme

Chronique de Louis Lapointe

Dans le cadre de la présente campagne électorale québécoise, le quotidien Le Devoir offre à ses lecteurs le point de vue de trois analystes partisans, deux chroniqueurs et un éditorialiste dans son édition de ce samedi. Voyons ce qu’ils en disent cette semaine:
Les analystes:
John Parizella : « M.Charest a quant à lui réussi à garder le débat sur le contenu et les idées. »
Marie Grégoire : « Je dresse un bilan équilibré de la semaine de Mario Dumont. L’ADQ a mis en place une plateforme électorale très fouillée. On voit la vision derrière chacune des mesures annoncées. »
[Jean- François Lisée->16176] : « Mme Marois réussit pour l’instant à tirer son épingle du jeu, mais elle n’a pas encore dominé. Compte tenu de la faiblesse de ses adversaires, Pauline Marois devrait arriver à dominer le débat et à imposer ses thèmes. »
Les chroniqueurs:
[Michel David->16175] : « Si M. Charest était si pressé de déclencher des élections, ce n'était pas pour sauver leurs emplois, mais plutôt pour se faire réélire avant que la crise financière ne dégénère en récession et que les fermetures d'usines ne se multiplient un peu partout. (…) Remarquez, rien ne laisse croire qu'un gouvernement péquiste ou adéquiste serait plus apte à affronter la crise (…) »
[Gil Courtemanche->16178] : « Pour mettre fin à la crise, (Jean Charest ) déclenche une élection qui a pour effet de suspendre les dépenses pour le programme d'infrastructures, meilleur moyen, dit-il, de lutter contre la récession qui s'annonce. Tant d'opportunisme en période de crise désole et fait frissonner. Voilà de la petitesse. (…) Mario, qui n'a rien appris et qui ne parvient pas à devenir un adulte responsable, qui persiste à se complaire dans la démagogie et le populisme faciles, a quand même soulevé un problème fondamental, celui de l'école publique québécoise. » Probablement parce qu'il n'a rien à dire de négatif à son sujet, aucun mot sur la campagne de Pauline Marois.
***
Il n’y a rien à dire au sujet de cette campagne parce qu’il ne s’y dit rien. Si John Parizella reflète bien l’opportunisme de son chef en essayant de nous faire croire que Jean Charest a des idées, Marie Grégoire prend tout simplement ses rêves pour la réalité en prétendant que l’ADQ a de la profondeur. Le seul à ne pas trop se faire d’illusion au sujet de son chef est Jean-François Lisée qui réussit à dire avec sa diplomatie habituelle que Mme Marois ne s'est pas encore imposée dans la présente campagne.
En fait, selon les chroniqueurs du Devoir, cette campagne révèle la petitesse et l’opportunisme de Jean Charest, le populisme de Mario Dumont et l’attentisme de Pauline Marois. C’est toutefois le directeur du Devoir, Bernard Descôteaux, qui en fait la meilleure analyse.
« [ Grosse fatigue ->16174]. (…) Aucun grand enjeu n'est soumis au débat. S'il y a une chose qui est absente de cette campagne jusqu'ici, c'est le renouveau. Le Parti québécois évoque à peine son projet de souveraineté. Le Parti libéral fait l'impasse sur le renouvellement du fédéralisme. Quant à l'Action démocratique, elle laisse au second plan ses ambitions autonomistes. (…) Ambition zéro. »
Que dire de plus?
Louis Lapointe

Featured bccab87671e1000c697715fdbec8a3c0

Louis Lapointe534 articles

  • 848 861

Autrefois avocat, chroniqueur, directeur de l'École du Barreau, cadre universitaire, administrateur d'un établissement du réseau de la santé et des services sociaux et administrateur de fondation.





Laissez un commentaire



1 commentaire

  • Archives de Vigile Répondre

    15 novembre 2008

    C'est quoi le premier but d'un parti politique ? C'est ça, prendre le pouvoir pour gouverner et réaliser, si possible, ses idées politiques.
    Comment prendre le pouvoir ? S'informer des désirs de la population et tenter, à l'intérieur de ses objectifs, d'y répondre...simple.
    Si la population veut entendre parler seulement de santé, d'économie et d'éducation mais pas de constitution, les partis politiques centrent leurs messages sur ça...point. Après qu'ils sont élus, là, ils peuvent tenter de passer leurs idées en gouvernant mais, s'ils ne sont pas élus ou dans l'opposition, ils peuvent peu, principalement si leur adversaire, le parti élu, est majoritaire.
    Si c'est le PLQ qui gagne, il va tenter alors de faire triompher le fédéralisme, si c'est le PQ, tenter de faire triompher le souverainisme. "Après, pas avant" pour améliorer les chances...genre, me semble.
    Une autre observation ou question ?