L'impasse de Mathieu Bock-Côté

Affranchissement individuel et libération collective

Le discours de la droite est celui de l'acceptation

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Chronique de Louis Lapointe

En lisant Mathieu Bock-côté ce matin, je me suis demandé sur quelles données scientifiques il s'était fondé pour soutenir que le mouvement indépendantiste s’était affaibli en raison de son virage à gauche. A-t-il des chiffres pour prouver ce qu’il avance ?

«Si le souverainisme a échoué, explique-t-il en long et en large dans les 174 pages de son livre, c’est qu’il s’est allié puis confondu avec celle-ci. L’idée de l’indépendance était née bien avant la Révolution tranquille, rappelle-t-il, mais lorsqu’elle a pris forme en un projet politique réel, elle s’est rapidement « accouplée avec la vision d’une certaine gauche. Décolonisatrice, d’abord, sociale-technocratique ensuite, au point de se confondre avec elle ». Dans la perspective de Bock-Côté, c’est une forme de péché originel. Le germe des échecs référendaires, voire du souverainisme tout court. Et ce n’est pas tellement la faute à René Lévesque, « personnage politique complexe », dont la volonté de faire progresser le Québec ne faisait pas l’impasse sur les racines de ce même Québec.» L’échec du souverainisme, Le Devoir.

S’il avait fait un sondage auprès de la génération qui a vécu cette période intense qui a débuté avec l’élection de 7 députés du Parti Québécois en 1970 et s’est terminée avec le référendum de 1995, la mienne, - j’avais 18 ans en 1976 lors de l’élection du premier gouvernement du Parti Québécois de René Lévesque et 37 ans en 1995 - il aurait probablement appris qu’une très grande majorité des jeunes de cette époque s’était mobilisée non seulement autour de l’enjeu de l’indépendance, mais également autour d’autres enjeux subsidiaires comme celui de la langue, de l’éducation, de la santé, du partage de la richesse, de l’égalité des hommes et des femmes, de l’amélioration des services sociaux, de la paix dans le monde, de l’environnement et j’en passe.

Loin de diviser la jeunesse québécoise, tous ces enjeux dits de gauche nous unissaient parce qu’ils nous affranchissaient de l'oppression qu’avaient connue les générations précédentes.

Pour notre génération, la droite représentait la soumission et la gauche, la libération.

Il était donc normal que le combat pour l’indépendance fût de gauche.

Nous n’étions pas moins individualistes que les jeunes d’aujourd’hui, mais nous savions que si le discours de l’indépendance était ouvert et généreux, il regrouperait forcément plus de jeunes qui voulaient vivre une vie meilleure que celle de leurs parents qui avaient trimé dur, s’étant presque tous fait exploiter par les boss anglais comme le disait avec humour Yvon Deschamps.

Nous savions tous d’instinct que l'atteinte de nos objectifs individuels nécessitait le regroupement de nos forces. La mobilisation était spontanée parce que nous partagions les mêmes idéaux – un consensus lourd - et, en raison de notre nombre, occupions déjà les places publiques, les universités, les cégeps, les rues, les bars et les discothèques. Même l’Église suivait le mouvement avec son discours de la libération inspiré de la vie de Jésus et ses messes à gogo !

Nous n’avons peut-être pas inventé le discours jetant les bases d’une société plus juste et égalitaire – cette entreprise était celle de nos parents - mais nous y avons certainement contribué par notre solidarité dans le combat pour un monde meilleur.

Si la libération n’est pas moins pertinente aujourd’hui, elle n’est pas moins à gauche non plus.

Pour faire avancer la société il faut débattre et combattre et, malheureusement, le discours de droite n’encourage ni au débat, ni au combat. Il est celui de l’acceptation.

L’acceptation du statu quo, l’acceptation du Canada tel qu’il est, l’acceptation de la baisse des impôts des plus riches, l’acceptation de la hausse des tarifs en santé et en éducation, l’acceptation de la paupérisation de la classe moyenne, l’acceptation de l’augmentation des mesures de sécurité et du contrôle policier dans l’espace privé et public, l’acceptation du durcissement des peines de prison, l’acceptation du bellicisme du Canada à l’étranger, l’acceptation de la bilinguisation des personnes, des lieux et des services publics ainsi que l'acceptation de la privatisation des institutions et des territoires, jusqu’à ce jour, propriétés collectives des Québécois.

L'actuel discours de la droite est un discours de la soumission et de la terre brûlée. Il n'y aurait rien à léguer à nos enfants parce que la gauche aurait tout saccagé, alors que c'est la droite qui s'apprête à tout liquider au nom de la productivité.

Notre génération n’a jamais hésité à sortir dans la rue avec fracas pour combattre l’injustice, pour que la santé, l’éducation et les services sociaux soient financièrement accessibles au plus grand nombre de Québécois.

Comme à notre époque, ceux qui, aujourd’hui, défendent bec et ongle la hausse des droits de scolarité universitaires et dénoncent la grève des étudiants au nom de la responsabilisation intergénérationnelle, sont les mêmes qui, hier, prétendaient que l’accès à l’université était un privilège individuel que l’ont méritait qu’au prix de nos efforts personnels et non un bien collectif qui devait profiter à l'ensemble des classes de la société, la rendant plus juste et égalitaire grâce aux bienfaits qu’apporterait un plus haut degré scolarisation du plus grand nombre de Québécois, contribuant ainsi à leur affranchissement, une forme de libération qui s’apparente à celle de l’indépendance du Québec.

Même objectif, même combat!

Contrairement à ce que prétendent les tenants du discours de droite, les combats pour l'indépendance nationale et une plus grande justice sociale ne sont pas antinomiques, ils se complètent. Ils permettent à tous ceux qui veulent léguer un monde meilleur à leurs enfants d'entrevoir l'avenir avec plus d'optimisme.

Donnons-nous collectivement les outils de notre affranchissement individuel, nous pourrons alors vivre ensemble dans un pays où fleuriront l’égalité et la justice .

Donnons nous des filets, nous pourrons pêcher !

***

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Louis Lapointe534 articles

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Chroniqueur et avocat à la retraite, l'auteur a été directeur de l'École du Barreau du Québec, cadre universitaire, administrateur d'un établissement du réseau de la santé et des services sociaux et administrateur de fondation.





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6 commentaires

  • Archives de Vigile Répondre

    15 octobre 2016

    Pour le débat gauche-droite et le lien entre la gauche et le mouvement souverainiste, je pense que l'important est de comprendre qu'actuellement dans la façon donc le mouvement souverainiste à présenter l'option et surtout par les positions du Bloc assez centre-gauche des années Duceppe et par les partis de gauche comme Québec Solidaire et centre-gauche comme Option Nationale, l'option a été largement vendu avec l'objectif de faire avancer le Québec vers une société plus progressiste et plus social-démocrate.
    Un argumentaire de droite ou moins étatiste peut aussi très bien se faire en faveur de l'indépendance du Québec en éliminant un palier de gouvernement et les dédoublements ainsi que les normes fédérales socialistes en santé, etc. Je pense que le PQ doit prendre les bonnes idées qu'elles soient de gauche ou de droite et rester une coalition large mais avec un discours cohérent ce qui peut être difficile mais est possible étant donné le but principal qui est simplement de réussir le projet de pays. Donc, il m'apparait juste de prendre une bonne idée du programme de la CAQ et une bonne idée du programme de Québec Solidaire ou d'Option Nationale si elle est juste.
    Essentiellement, au Québec le débat nationaliste s'est fait comme une suite de la révolution tranquille qui fut une période d'expansion de l'état. Beaucoup d'indécis et de fédéralistes sont dans la case contre la souveraineté de peur de voir un État souverain du Québec plus gros et interventionniste que le Québec actuel et le fédéral combiné compte tenu de la tendance du Québec à grossir sa fonction publique, sa dette nationale, ses subventions aux entreprises et ses programmes plus généreux que dans les autres provinces.
    Le PQ doit donc démontrer qu'il entend bien gérer l'État du Québec et le garder à une taille raisonnable selon notre capacité de payer une fois souverain. Il faudra aussi créer beaucoup de richesse si on veut bonifier les programmes existants et en ajouter de nouveaux. C'est selon moi la principale condition gagnante à faire avec la démonstration qu'un Québec indépendant, pays officiellement francophone et non bilingue comme le Canada, pourra mieux protéger le français, mieux intégrer tous les immigrants et concilier environnement et économie prospère à notre époque de stagnation/faible croissance économique mondiale, de changements climatiques et d'endettement élevé en Occident des nations. Ce pays du Québec interculturel au lieu de multiculturel favorisera le melting pot au lieu du faite comme chez vous chez nous de Trudeau père et fils. Le programme du PQ doit être un compromis actuel entre tous les souverainistes en attendant l'indépendance complète.
    La CAQ qui divise le vote nationaliste dans le Québec fédéré comme j'ai écris récemment dans un article sur vigile sera plus pertinente une fois l'indépendance faite pour unir les conservateurs Québécois et les gens plus à droite au Québec dans un véhicule pour représenter ce segment légitime dans la population comme que le PQ/Option Nationale pourra être vraiment centre-gauche et le PLQ ce qu'il voudra être, etc.

  • Louis Lapointe Répondre

    15 octobre 2016

    Bonjour M. Otis, vous me faites dire ce que je n'ai pas écrit. Je vous invite à lire La meilleure façon de donner au suivant. Peut-être me suis-je mal exprimé.

    "Tout bon parent sait d’expérience que pour devenir un bon étudiant, il faut étudier. De la même façon, pour être un bon nageur, il faut nager. Un musicien qui ne ferait pas chaque jour ses gammes ne sera probablement jamais le bon musicien qu’il voudrait devenir.
    Dans cet esprit, un parent intelligent souhaitera toujours que son enfant consacre davantage de temps à ses études qu’à un emploi.
    Étonnamment, pas plus que les ministres du Gouvernement, les recteurs n’ont encore compris cela.
    Bizarrement, ils ne demandent pas aux étudiants de consacrer plus de temps à leurs études pour qu’ils deviennent de meilleurs étudiants. Ils ne leur demandent pas non plus d’étudier et d’explorer le monde pour devenir des étudiants curieux. Ils ne leur proposent pas de leur donner plus de temps. Ils leur demandent honteusement de l’argent, juste plus d’argent.
    Comment a-t-on pu confier nos universités à des gens qui ne sont pas assez intelligents pour comprendre qu’on ne les paie pas pour qu’ils incitent nos enfants à travailler au dépanneur du coin de la rue, mais à étudier ? Sinon, à quoi servent tous ces impôts que nous déboursons chaque année ?
    Peut-on sérieusement croire un seul instant qu’un parent fortuné et intelligent pourrait demander à ses enfants de consacrer 20 ou 30 heures par semaine à vendre des chaussures ou des vêtements alors qu’ils pourraient consacrer toutes ces heures à leurs études ?
    Voilà pourquoi, dans plusieurs universités du Québec, les enfants des professeurs d’université ne paient pas de droits de scolarité. Pourquoi tous les enfants du Québec n’auraient pas cette même chance ?
    Lorsqu’on veut que nos enfants lisent, on ne leur demande pas d’aller gagner de l’argent pour s’acheter des livres, on met à leur disposition, à la maison et dans les écoles, les meilleurs livres et on les encourage à les lire.
    Pourquoi les recteurs demandent-ils à nos enfants de consacrer tout ce précieux temps à faire d’autres choses que leur métier d’étudiants, alors que leur devoir est de les encadrer le mieux possible pour qu’ils réussissent leurs études ?"

  • Archives de Vigile Répondre

    15 octobre 2016

    [la droite pensant à tort que] l’accès à l’université était un privilège individuel que l’ont méritait qu’au prix de nos efforts personnels et non un bien collectif qui devait profiter à l’ensemble des classes de la société[...]
    Correction:
    L’Université est un bien collectif qui profite à l’ensemble des classes de la société pour autant que ce bien deneure un privilège individuel que l’ont mérite au prix d'efforts personnels. Sinon, on nivelle les institutions par le bas, comme on fait aujourd'hui, avec des diplômes qui ne signifient plus grand chose, ou en fait, qui ne sont plus gages d'intelligence et de savoirs.
    L'Université pour tous et à tout prix, c'est la décadence assurée pour notre société. Niveller par le bas nos institutions dégrade l'ensemble de nos services, y compris ces mêmes institutions. Ce qui était un cercle vertueux se transforme inexorablement en cercle vicieux d'où il sera bientôt impossible de sortir car nos futurs diplômés de l'Université Craker Jack ne seront d'aucune utilité.. C'est ce qu'on nomme "le déclin" n'est-ce pas?
    L'Université doit rester un lieu de hauts savoirs pour les grands esprits et non pas devenir un lieu de savoir commun pour les esprits moyens. Nous avons déjà les CÉGEP pour cela.

  • Archives de Vigile Répondre

    22 février 2012

    Excellente analyse, Monsieur Lapointe.
    Toute lutte pour l'indépendance est une lutte de libération nationale. C'est la lutte d'un peuple colonisé pour en finir avec la domination du colonisateur. Or, les colonisateurs dominent les colonisés de la même façon que les exploiteurs dominent les exploités. C'est pourquoi toute lutte pour l'indépendance, toute lutte de libération nationale a inévitablement un arôme de gauche qu'elle doit assumer sans complexe.
    Comme les exploités, les colonisés se battent pour renverser la domination qui pèsent sur eux. Dans un cas comme dans l'autre, cette domination, politique ou économique, n'est que celle du plus fort et n'a par conséquent, comme l'a déjà brillamment démontré le philosophe Jean-Jacques Rousseau, aucun fondement moral, aucune légitimité. C'est là pourquoi, d'ailleurs, les peuples colonisés tout comme les classes exploitées, les indépendantistes tout comme les socialistes, ont en général pour premier réflexe de mettre en lumière le caractère illégitime du régime qu'ils combattent, le colonialisme dans un cas, le capitalisme dans l'autre.
    Évidemment, dira-t-on, ici comme ailleurs, on n'a plus les indépendantistes ni les socialistes que l'on a déjà eus ! Après quoi on se demande pourquoi ça piétine tant...
    J'ai dit plus haut que nous, indépendantistes, devons assumer sans complexe l'arôme de gauche qui caractérise notre lutte. C'est que, comme nous invitons les nôtres à rejeter un système de domination, le colonialisme, nous ne pouvons quand même pas leur prêcher en même temps la soumission à un autre système de domination, le capitalisme. Cela manquerait de la plus élémentaire cohérence.
    Cela dit, bien sûr, il est entendu que nous ne pouvons quand même pas non plus attendre la fin du capitalisme pour abattre le colonialisme, c'est-à-dire pour faire l'indépendance. D'où la nécessité de distinguer les deux luttes, mais jusqu'à un certain point. Là où sévissent à la fois le colonialisme et le capitalisme, il convient d'abattre d'abord le colonialisme, sans pour autant bénir le capitalisme. C'est que l'Histoire, sauf erreur, nous montre bien, d'une part, que le colonialisme est plus facile à abattre que le capitalisme et, d'autre part, que les peuples affranchis du colonialisme sont mieux armés contre le capitalisme, et cela même si, bien sûr, l'indépendance ne leur apporte pas une protection absolue.
    Subir tout à la fois le colonialisme et le capitalisme, c'est un peu comme souffir de la grippe et de l'hypertension. Il faut certes combattre l'hypertension, mais attendre de l'avoir vaincue pour s'attaquer à sa grippe, c'est plutôt con, non ?
    Enfin, s'il y a dans la lutte pour l'indépendance une dimension qui s'apparente beaucoup à la lutte que mène la gauche socialiste contre le capitalisme, il existe aussi une sorte de gauche dont il convient sans nul doute de se distancer. Je parle ici de cette gauche qui, bien loin de dénoncer la concentration du capital et l'exploitation des travailleurs, se spécialise dans l'apologie d'une modernité ou, peut-être plus encore, d'une postmodernité au nom de laquelle elle n'a de cesse de dénoncer l'attachement des couches populaires à des traditions culturelles dont le seul tort, impardonnable à ses yeux, est d'avoir quelque ancienneté.
    Cette gauche-là, du reste, est-elle bien une gauche ? On peut se le demander, tant sa rhétorique tout axée sur les seuls droits individuels sert à merveille les intérêts des puissances capitalistes. Disons que, à l'exemple du très mal nommé Parti socialiste français et du New Labour britannique, c'est une gauche de droite ! En son temps, Jean-Paul Marat, bien avant son dernier bain, avait su dénoncer l'hypocrisie du père de cette fausse gauche, Voltaire, à qui il préférait bien sûr le père de la vraie, Rousseau.
    Luc Potvin

  • Marcel Haché Répondre

    21 février 2012

    M. Lapointe.
    Je crois bien que Bock Côté est aussi indépendantiste que vous et moi. Je trouve simplement admirable qu’un homme de sa génération cherche à comprendre une époque récente avant lui. Cette recherche n’est pas si facile. Lorsque j’avais 20 ans, quelque part dans l’année de l’Expo, ce n’était pas si facile de bien saisir les contours politiques des années cinquante. Les canadiens-français, issus des pouvoirs politiques et économiques du temps, n’avaient pas été si bavards de leurs expériences, comme le sont devenus plus tard les québécois. Plusieurs de ma génération, ne l’ayant pas vécu adulte, se contentaient de répéter que les bleus de Maurice Duplessis avaient instauré la « grande noirceur ». Ce qu’elle nous a aveuglé cette Grande Noirceur ! Et, l’histoire se répétant… plusieurs n’ont jamais cessé depuis de le répéter en tous temps, et jusqu’à nos jours.
    Je suis simplement stupéfait qu’un homme de la génération de Bock Côté soit capable de manier si adroitement, avec une telle précision, si respectueusement aussi, toute notre histoire récente du passage de canadien-français à québécois. C’est ce très lourd passage qui est, à mon sens le déterminant de la question nationale québécoise. Bien avant, et bien plus encore que la montée (puis sa stagnation) de l’idée de gauche, qui garde indéniablement son importance, mais qui n’est pas Le déterminant qu’on aimerait, car c’est effectivement l’époque de la québécétudisation de la question nationale qui est le bon (ou le mauvais) déterminant. C’est cela avant toute chose qui ferait le cycle.
    Bock Côté se questionne souvent sur ce qui n’a pas marché pour notre indépendance. Il donne une piste : la trop grande proximité entre l’idée de l’indépendance et l’idée la « gauche » serait à l’origine de l’échec des indépendantistes. Peut-être bien…de cette gauche des années soixante, en tous les cas, certainement, pas toute omnibulée mais influencée qu’elle était par les expériences cubaines et chinoises. Quoi qu’il en soit, il est absolument indéniable que le péquisme ait été l’unique porteur de ballon de la social-démocratie et du Pays.
    Une révolution tranquille a façonné le Québec d’aujourd’hui, mais il semble bien que la social-démocratie n’ait pas été en mesure de porter l’idée de l’indépendance à son terme. À moins d’être complètement débranché de la réalité, comme dirait notre humoriste en chef, toujours plus de social-démocratie ne peut plus inéluctablement mener à l’indépendance. Certains indépendantistes, il est vrai, persévèrent et croient encore au pouvoir de la social-démocratie comme porteur de l’idéal. Mais vrai aussi que certains indépendantistes croient encore aux vertus du référendum….Et si ces deux croyances faisaient déjà partie du cycle précédent ? Que, très possiblement, l’électorat serait maintenant rendu ailleurs ? Comment le ramener alors, l’indépendance ne se démodant jamais ? Avec du « more of the same » ?
    Les nationalistes dénoncent avec raison le multiculturalisme à la canadienne, son rejeton, l’immigration, elle aussi à la canadienne, mais n’en prennent pas l’exacte mesure. Ils se croient trahis alors que des forces considérables de dilution agissent contre Nous.


    La fin d’un cycle, prétend Bock Côté. Je crois qu’il a raison.
    Est-ce qu’au fond, nous n’assistons pas surtout, Surtout, à la fin de ce vieux péquisme, et, au-delà, à un indépendantisme à la dérive, qui auraient très longtemps et très habilement confondu à leur profit « toujours plus d’état », ce que Nous avons finalement, à « Notre État », ce que Nous n’avons pas encore ?

  • Archives de Vigile Répondre

    21 février 2012

    En somme, la droite accepte la disparition du peuple du Québec.