Le crime du Barreau contre Lu Chan Khuong

Chronique de Louis Lapointe

"Si quelqu'un t'a offensé, ne cherche pas à te venger. Assieds-toi au bord de l'eau, et bientôt tu verras passer son cadavre dans la rivière. Mais s'il est encore en vie, sors-le de l'eau et aide-le !"

Avec l'esprit de l'offensé qui s'assoit au bord de l'eau, je suis allé assister à cette assemblée générale qui a donné raison à la Bâtonnière dans le litige qui l'oppose au CA du Barreau du Québec.

J’y ai rencontré des confrères, des consœurs, des employés du Barreau. Des anciens qui ont quitté cette galère avant d’y laisser leur peau, d’autres qui comme moi ont trop attendu et se sont faits ou se feront briser par le Barreau en raison de leur excès de professionnalisme.

Tout bon dirigeant du Barreau devrait savoir que toute vérité n’est pas bonne à dire au sein de cette institution puisque, tôt où tard, comme un boomerang, elle se retourne contre celui ou celle qui la révèle.

Or, dans le présent cas, le Barreau a péché par excès d’éthique. Il a voulu laver plus blanc que blanc comme nous l’a rappelé Julius Grey en assemblée générale.

Ainsi, au nom de la vérité, le Barreau du Québec a trahi la Bâtonnière.

Comme la mienne jadis, des têtes devront donc rouler !

Celles de ceux qui n’ont pas su fermer les yeux.

Celles de ceux qui n’ont pas su se boucher les oreilles.

Celles de ceux qui n’ont pas su tenir leur langue.

Qu’on se le tienne pour dit, le Barreau n’est pas là pour protéger le public, mais bien pour défendre ses plus éminents membres.

À ce titre, on ne peut faire le procès de la Bâtonnière sur la place publique sans en payer le prix puisqu’elle est de par sa fonction même toujours innocente.

À l’image du pape, celui ou celle qui occupe le poste de Bâtonnier est infaillible.

Le crime du CA du Barreau est d’avoir ignoré cette règle.

Voilà pourquoi la Bâtonnière est innocente et le CA coupable.

Ironique, n'est-ce pas?

***

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Chroniqueur et avocat à la retraite, l'auteur a été directeur de l'École du Barreau du Québec, cadre universitaire, administrateur d'un établissement du réseau de la santé et des services sociaux et administrateur de fondation.





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1 commentaire

  • Jean Lespérance Répondre

    27 août 2015

    Le crime de la Bâtonnière est d'être la conjointe de Marc Bellemare qui en 2010 a dénoncé le processus de nomination des juges lors de la Commission Bastarache-(Charest). Même si elle avait commis tous les crimes du monde, on lui aurait tout pardonné si elle avait été une libérale servile. Le Parti libéral et ses acolytes veulent une bâtonnière qui va soumettre des candidats, candidates serviles envers le Parti libéral pour remplacer les postes vacants de juges. Étant donné qu'elle est la conjointe de Bellemare, le Parti libéral craint son manque de coopération dans la soumission de noms partisans susceptibles de devenir juges.
    Même avec toutes sortes de défaillances, de défauts non démontrés, prouvés, il lui manque le vice principal pour être la Bâtonnière, soit celui d'être libérale. Voilà le fin fond de l'histoire qu'on cache au public.