Le «modèle» français

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M. Pratte, lorsque la différence devient agressante et menaçante à ses yeux, la tolérance de la majorité diminue et le droit à la différence devient relatif

La municipalité de Trappes, située 40 kilomètres à l'ouest de Paris, a connu deux nuits de manifestations violentes en fin de semaine dernière. C'est le contrôle d'une femme portant le niqab, en vertu de la loi interdisant la dissimulation du visage, qui a déclenché les troubles. Le conjoint de la dame et les policiers en étaient venus aux coups. L'homme a été arrêté. L'émeute a suivi.
Cet incident, qui s'ajoute à bien d'autres survenus en France au cours des dernières années, rappelle que le modèle français n'offre pas LA solution au problème de la place du religieux dans les sociétés laïcisées. Plusieurs Québécois sont convaincus que des «règles claires», voire une «charte des valeurs québécoises», permettraient d'éviter les «accommodements déraisonnables» qu'ils exècrent. C'est, depuis des décennies, l'approche que la France a adoptée.
Dès 1905, la République a affirmé son caractère laïque dans la Loi sur la séparation des Églises et de l'État. Elle a adopté en 2004 une loi interdisant le port de signes religieux dans les écoles. Trois ans plus tard, elle a publié une Charte de la laïcité dans les services publics. Enfin, en 2010, la Loi interdisant la dissimulation du visage dans l'espace public a été votée.
Cet arsenal n'a pas fait diminuer les tensions. Les cas litigieux demeurent délicats et controversés. En mars dernier, un tribunal a annulé le congédiement d'une éducatrice d'une garderie privée; la femme avait décidé de porter son voile au travail. On a beau dénoncer un peu partout le multiculturalisme, force est d'admettre que, si elle est bien comprise, cette politique produit une intégration plus douce que la méthode française. Lorsqu'on confie à la police le mandat d'interpeller des gens dont le seul crime est d'exprimer leurs convictions religieuses sur la place publique, on crispe les attitudes au lieu de favoriser l'adhésion.
Comme l'avait constaté ici la commission Bouchard-Taylor, en France, selon l'Observatoire de la laïcité, «beaucoup de questions relatives au fait religieux peuvent être réglées - et le sont le plus souvent - par le dialogue». Les cas problèmes sont rares, mais ce sont ceux qui attirent l'attention des médias.
Malgré la multiplication des règles, le président de l'Observatoire, le socialiste Jean-Marie Bianco, parle d'un «manque de repères sur sa portée concrète. Qu'est-ce qui est permis et n'est pas permis? Qu'est-ce qui est acceptable et qu'est-ce qui ne l'est pas?» Et s'il était impossible de tout prévoir, de tout délimiter dans des lois? Si l'on faisait plutôt confiance à la force intégratrice, lente, mais sûre, de la culture commune?
Il faut en tout cas éviter, pour reprendre l'expression du président François Hollande, que la laïcité devienne «la religion de ceux qui n'ont pas de religion.»

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André Pratte875 articles

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[une chronique intitulée « Tout est pourri » (critique de Anne-Marie Gingras) ->http://books.google.fr/books?id=EZWguAMXAtsC&pg=PA27-IA27&lpg=PA27-IA27&dq=pratte+Tout+est+pourri&source=bl&ots=MUti9NTQuH&sig=h2zgJlLgOg844j5ejxnUl4zH2_s&hl=fr&sa=X&ei=73RrT8aQEqnh0QHuh4GyBg&ved=0CEEQ6AEwBQ#v=onepage&q=pratte%20Tout%20est%20pourri&f=false]

[Semaine après semaine, ce petit monsieur nous convie à la petitesse->http://www.pierrefalardeau.com/index.php?option=com_content&task=view&id=30&Itemid=2]. Notre statut de minoritaires braillards, il le célèbre, en fait la promotion, le porte comme un étendard avec des trémolos orwelliens : « La dépendance, c’est l’indépendance ». « La soumission, c’est la liberté ». « La provincialisation, c’est la vraie souveraineté ». « La petitesse, c’est la grandeur ». Pour lui, un demi-strapontin à l’Unesco est une immense victoire pour notre peuple. C’est la seule politique étrangère qu’il arrive à imaginer pour le peuple québécois. Mais cet intellectuel colonisé type n’est pas seul. Power Corp. et Radio-Cadenas en engagent à la poche.





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