Conformisme atlantiste des médias sur l'Ukraine

Chronique de José Fontaine

La semaine passée, introduisant aux événements d'Ukraine, le pourtant excellent journaliste François Brigode de la RTBF, a pu penser pouvoir résumer la situation en disant que Poutine était «seul contre le reste du monde». On sait aussi qu'Hilary Clinton a comparé Poutine— elle n'a pas été la seule— à Hitler.
Irréflexion
Je n'ai aucune raison de soutenir Poutine. Mais il me semble qu'il faudrait que d'autres Européens disent que l'affaire d'Ukraine est à replacer dans le cadre de l'après-guerre froide. J'avais à peine 10 ans, lors de l'affaire de Suez en 1956. J'entendais les adultes autour de moi comparer Nasser à Hitler simplement parce qu'il affrontait les Français et les Britanniques sur la question du canal de Suez.
Je cite l'anecdote dans la mesure où depuis, dès que l'Occident se découvre un ennemi on le compare à Hitler. Il y a actuellement en Europe un conformisme extraordinaire sur l'affaire d'Ukraine. C'est comme si l'Europe toute entière était menacée par les mesures prises par la Russie pour défendre ses intérêts géopolitiques non pas même dans sa zone d'influence, mais à ses frontières.
Je parle de géopolitique non pas parce que cela fait bien mais parce que c'est bien. Tout pays de quelque importance a des frontières officielles et puis des frontières plus floues qui correspondent à son histoire, ses intérêts, la façon dont il se situe dans le monde. La France a longtemps senti qu'elle avait une responsabilité au Liban et elle le sent toujours pour l'Afrique (de même que la Belgique). Lors de l'affaire des fusées que l'URSS voulait installer à Cuba, les USA ont réagi «en violant le droit international» (je mets les mots entre guillemets parce qu'ils ont été repris avec enthousiasme sur les chaînes de télé européennes pour caractériser l'attitude russe en Crimée). De Gaulle, alors que les USA craignaient ses réactions, le président français développant déjà une attitude d'indépendance totale à l'égard des USA, se rangea immédiatement aux côtés de l'Amérique. Je ne cite pas de Gaulle par hasard. Je vais dire pourquoi.
Vive le Québec libre!

Les réactions dans le monde occidental au discours du général de Gaulle à Montréal en 1967, m'ont fait penser à la mise en quarantaine (symbolique), de Poutine face «au reste du monde».
Je me souviens comme si c'était d'hier de l'extraordinaire rejet de de Gaulle à la suite de cet éclat qui, sans être «une violation du droit international», se jouait de toutes les règles en usage pour dire de manière politiquement incorrecte, la vérité du Québec. Evidemment, dans le cas du Québec (car ici on songera aussi à la Crimée), c'est d'une certaine façon les Québécois qui ont pris l'initiative. S'il n'y avait pas eu au Québec une formidable attente de ce cri —qui, à mes yeux demeure la chose la plus grandiose dans la geste gaullienne avec le 18-juin—s'il n'y avait pas eu l'accueil qui lui était fait sur le chemin du Roy jusqu'à la métropole québécoise, de Gaulle n'aurait jamais dit, du balcon de l'Hôtel de Ville, qu'il se trouvait «dans une atmosphère du même genre que celle de la Libération [[Quand on écoute ce formidable discours, on se rend compte que ce sont ces mots-là qui suscitent la plus formidable adhésion de la foule.]]. » L'initiative de Poutine sur la Crimée est tout à fait autre chose. mais j'évoque de Gaulle en raison de certaines analogies et en raison du conformisme des médias que nous connaissons aujourd'hui en Europe (par rapport aux événements d'Ukraine), conformisme qui a pu atteindre aussi quelqu'un comme le président français. Le conformisme occidental, la soumission des Occidentaux aux Etats-Unis d'Amérique dépassent l'entendement.
Qui est expansionniste en Europe? Et qui viole les droits en Ukraine?
Je lis dans les médias occidentaux que l'Europe (l'Union européenne plus exactement), doit défendre l'Ukraine, qu'il y a à redouter l'expansion russe en Europe. C'est un peu fou. On sait qu'en 1951, étant donné que l'URSS avait soumis à son influence et même à sa domination impérialiste, ce que l'on appelait alors les pays de l'Est ou les « démocraties populaires», une Organisation militaire groupant le Canada, les USA, la France, l'Angleterre, la Belgique, le Luxembourg, les Pays-Bas, l'Italie, le Portugal, le Danemark, l'Islande et la Norvège, fut mise sur pied : OTAN (Organisation du Traité de l'Atlantique Nord). Organisation à laquelle répliqua quatre ans plus tard le Pacte de Varsovie groupant URSS, Pologne, RDA, Hongrie, Tchécoslovaquie, Roumanie et Bulgarie.

On a cru longtemps que lorsque serait terminée la guerre froide, l'OTAN perdrait sa raison d'être d'alliance défensive contre les Soviétiques. Il faut croire que sa raison d'être n'était pas celle-là, puisque l'OTAN n'a jamais regroupé autant de pays dans l'Union européenne, les seuls qui n'y participent pas étant de petits pays neutres comme l'Autriche, l'Irlande, la Suède et la Finlande (et bien sûr la Suisse), mais les pays issus de l'éclatement de l'ex-Yougolsavie pourraient rejoindre l'OTAN et la Slovénie l'a déjà fait.
On a cru longtemps aussi que l'Union européenne était une communauté politique distincte des USA. Mais voici que l'OTAN demeure et que l'Union européenne — dont l'indépendance à l'égard des USA est de plus en plus douteuse avec le départ du dernier président gaulliste en France, Jacques Chirac—va signer un traité de libre-échange avec les Américains.
Il est vrai que l'Union européenne est faite de pays qui se sont réunis librement. On ne peut cependant pas se défendre de l'impression qu'il s'agit pour les Européens de reconstituer une sorte d'Empire qui, après avoir avalé les anciens satellites de l'URSS et même quelques anciennes républiques soviétiques (les trois pays baltes), se pointe maintenant en Ukraine. Quant au traité transatlantique (négocié actuellement par des membres de la Commission européenne qui en cachent certains articles au Parlement européen, d'après Le Monde Diplomatique de mars), on peut douter de sa pertinence. Jean-Pierre Chevènement affirmait récemment dans une interview donnée au journal Le Figaro : «Depuis huit mois, Européens et Américains négocient un accord commercial baptisé « Traité transatlantique », qui vise à améliorer les conditions du libre-échange entre les deux rives de l'Atlantique : avons-nous quelque chose à gagner dans cet accord ? Ma critique fondamentale, c'est que la parité de l'euro avec le dollar peut varier dans une proportion qui va de 1 à 2. L'euro était à 0,82 dollar en 2000, et en 2006 à 1,60 dollar. Alors que signifie dans ces conditions la suppression de ce qui reste de nos droits de douane (3 à 4 %) et l'harmonisation des normes ?» L'ancien ministre français disait aussi que ce traité transatlantique était une manière pour les USA de préparer un XXIe siècle qui serait un tête-à-tête entre la Chine et les States.

Même sans savoir ce qui se passe en Ukraine...
Même sans savoir ce qui se passait exactement en Ukraine, les médias occidentaux auraient pu faire preuve d'esprit critique en se posant des questions sur la présence d'hommes politiques américains et européens de haut rang aux côtés de manifestants violemment hostiles au gouvernement légal de ce pays souverain jusqu'à sa chute, dont par exemple le ministre allemand des affaires étrangères. J'ai été aussi très surpris dans ce que j'ai lu, entendu ou écouté—du moins jusqu'à ce qu'il soit question de la possibilité de la Crimée de se séparer de l'Ukraine—que souvent on se soit contenté de parler de l' Ukraine en général et qu'on n'évoque pas du tout, ou peu, la dualité de cet Etat, alors qu'il est si facile de se procurer une carte des élections présidentielles dans ce pays en 2010 où cette dualité crève les yeux comme on peut le voir sur la carte ci-dessous où les tons bleus indiquent les majorités pro-russes et les tons rouges les majorités devenues pro-UE.

C'était d'autant plus étonnant que l'on avait à sa disposition des cartes fiables elles aussi soulignant la profonde dualité culturelle et linguistique de l'Ukraine. Bien avant tous ces événements, Alexandre Billette écrivait« Si l’ouest de l’Ukraine est massivement peuplé d’Ukrainiens catholiques uniates, la partie orientale compte 40 % de Russes orthodoxes. En Crimée, ces derniers forment même la majorité de la population [[Le Monde Diplomatique, décembre 2006]] .»

A la RTBF-radio quand les insurgés de la place Maïdan ont renversé le gouvernement, j'ai entendu une journaliste manifestement émue saluant «la victoire du peuple ukrainien», ce qui me semble avoir autant de sens que de parler d'un peuple canadien ou d'un peuple belge.
Par contre, dès que l'hostilité de la Crimée aux événements de Kiev s'est exprimée, on a vu les journalistes occidentaux se ruer sur la Crimée et s'y intéresser de très très près à la minorité tatar. Les Tatars sont évidemment une minorité respectable et comme toute minorité celle-ci doit être respectée, bien entendu. Mais les Québécois sont bien placés pour savoir que tout pays dominant qui voit sa domination mise en cause trouvera toujours une minorité à évoquer ou à manipuler pour contester la grande masse de ceux qui veulent se libérer des dominants.
En 2006 toujours, Alexandre Billette écrivait «Dans une Crimée russophile et souvent réfractaire à l’autorité de Kiev, les minorités tatare et ukrainienne de la péninsule ont tout intérêt à s’entendre, même si cette alliance n’a pas, pour le moment, apporté de solutions concrètes aux problèmes de la première. Le soutien, fût-il théorique, du gouvernement central ukrainien aux Tatars permet également à Kiev de prendre pied dans une région où son pouvoir est souvent mis à mal par les dirigeants locaux [[Le Monde Diplomatique, décembre 2006]] .» Les Tatars étaient donc un prétexte pour les Ukrainiens centraux de prendre pied en Crimée où ils n'étaient guère appréciés. Gageons que les insurgés victorieux de Kiev ont dû suggérer aux journalistes occidentaux de s'intéresser de près à ces Tatars — minorité respectable et à respecter, je le redis—qui représentent 12% de la population de l'Ukraine.
Billiette signalait aussi que si l'indépendance de l'Ukraine soumise à référendum avait recueilli en 1991, 90% des voix, ce pourcentage tombait à 54% en Crimée dans le contexte le plus funèbre pour les Russes, soit celui de la dislocation de l'URSS. Un mot de cette dislocation...
Dans son blog, le Professeur Jacques Sapir, économiste et spécialiste de l'URSS, en particulier de son économie, écrivait le 3 mars :« La suppression de la loi garantissant le statut du russe comme langue officielle, suppression prise ces dernières semaines, a été, pour une large part de la population, la preuve ultime que le pouvoir issu de la place Maïdan était tombé aux mains des ultra-nationalistes. Le président du Parlement ukrainien qui exerce les pouvoirs de fait du Président a décidé ce lundi 3 mars de mettre son veto à cette loi. Il a eu entièrement raison, mais c’est probablement trop tard ; le mal est fait. C’est ce qui explique la rupture du pacte fondamental sur lequel était basée l’Ukraine. Il nous reste à voir s’il peut être réparé.» Imaginons au Canada ou en Belgique un parlement supprimant le français par exemple...
Politique américaine vis-à-vis de Gorbatchev, l'Ukraine, l'UE et les Grecs
Jean-Marc Ferry, éminent philosophe politique que je dirais libéral (au sens large du mot) et qui n'a rien d'un bolchevique écrivait dans un livre récent que dès que Gorbatchev apparut, «La Russie fut aussitôt l'objet d'une politique de méfiance à l'égard de toute orientation qui n'épouserait pas le modèle anglo-saxon. Dans les milieux de la CIA et au sein de l'OTAN, on s'est raconté — et on a fait courir la rumeur en conséquence — que Gorbatchev bluffait ; que, sentant que l'Union soviétique ne pourrait suivre, financièrement au moins, la course aux armements high-tech, annoncée par Ronald Reagan, il aurait voulu conjurer l'échec et mat en tentant un échec et pat : d'où une (supposée) simulation de reddition, assortie d'une main tendue aux Etats-Unis et à l'Europe, en attendant de se refaire. Aussi lui opposa-t-on un mur - quitte à soutenir à sa place un jocrisse autoritaire et ivrogne [il veut parler d'Eltsine] , comme s'il s'agissait d'un sympathique démocrate, afin qu'il agence la thérapie de choc qui précipita la Russie dans la débâcle, pour ensuite oublier l'aide Marshall qu'on lui avait promise [[Jean-Marc Ferry, La religion réflexive, Le Cerf, Paris, 2010, p. 246-247.]].»
Ferry cite alors Naomi Klein écrivant : « En abolissant l'Union soviétique, Eltsine désarma le « fusil chargé » qui avait forcé l'adoption du plan [d'aide américaine à l'URSS] [[Naomi Klein, La Stratégie du choc. La montée d'un capitalisme du désastre, trad. Ar Lori Saint-Martin et Paul Gagné, Leméac-Actes-Sud, 2008, p. 305. ]] . » Cette dislocation, toujours selon Ferry, était bien dans les intentions américaines, selon la doctrine qui veut que l'on élimine tout concurrent potentiel, peu en importe le prix. Ferry concluait —ne songeant pas alors au retour en force de la Russie que nous avons sous les yeux — « En s'éduquant mutuellement à la vision réductrice et brutale qui ne considère que l'état instantané des forces, les peuples s'arment les uns contre les autres. Ceux qui sont faibles et dominés engrangent ressentiment et haine, et ceux qui, après avoir été dominés, montent aujourd'hui en puissance, ces peuples « émergents » dont certains se profilent maintenant comme les super-puissances de demain, prendront sur les puissants d'aujourd'hui une revanche sévère. Ils appliqueront aux puissances déchues la même brutale et primitive logique que celle dans laquelle ils ont été formés [[J-M [Ferry,-> La Religion réflexive], ibidem.]]. »

Evidemment, Ferry songeait surtout à la Chine et à l'Inde. Mais la Russie, en quelque mesure est en train de prendre sa revanche sur la manière dont elle a été traitée par les USA et le monde occidental, y compris l'Union européenne. Celle-ci qui court au secours de l'Ukraine pour l'aider économiquement, devrait susciter à Kiev bien des soupçons. On a appris dernièrement qu'en Grèce le chômage des jeunes de moins de 25 ans a atteint le taux record de 54%. Dans la fameuse «Union», les pauvres restent pauvres et les riches restent riches, étant bien entendu également que l'ouverture des frontières à tous les travailleurs de l'Est notamment, dans certains secteurs, menace gravement les salaires, ceux-ci étant bien entendu indexés sur les plus bas.
Invraisemblable «Union européenne» qui conteste la légalité du référendum en Crimée sur la réunion à la Russie, alors que l'on ne compte plus les référendums négatifs à divers traités européens que l'on a fait recommencer au Danemark et en Irlande ou dont, tout simplement, on n'a pas tenu compte, comme en France et aux Pays-Bas, les Français et les Néerlandais ayant «mal voté».
Dans tout ce qui vient d'être dit, il n'y a aucune russophilie. On voudrait simplement que les aspirations des peuples soient mieux respectées, peu importe où. Et on souhaiterait aussi qu'on cesse de donner le beau nom de révolution à des événements, comme ceux d'Ukraine, filmés en continu par toutes les télévisions du monde.
Et d'ailleurs, en conclusion de tout ce que j'ai dit sur l'impérialisme américain agissant en Europe sous le masque de l'UE, il ne faudrait pas négliger que sous le couvert d'un pays à vocation internationaliste (l'URSS étant l'union de «républiques socialistes»), l'impérialisme russe s'est donné libre cours et a focalisé sur lui et le peuple russe des haines formidables dans toute l'Europe orientale. Mais cela ne justifiait pas et ne justifie toujours pas l'humiliation de la Russie telle que l'explique Jean-Marc Ferry ni cette décision aberrante du Parlement de Kiev lorsque la «révolution» l'a emporté de supprimer le russe comme langue officielle en Ukraine. Quant à l'Europe, ce n'est pas d'être trop européenne qu'il faut la critiquer mais de l'être trop peu, non seulement par rapport à l'hégémonie des USA et de l'anglais, mais surtout vis-à-vis d'un Etat social dont la disparition semble être devenue l'un des buts premiers de la soi-disant unification du continent. Toutes les politiques d'austérité en Union européenne suite à la crise bancaire et financière visent à diminuer drastiquement les dépenses sociales au point que Frédéric Lordon parlait dans Le Monde Diplomatique d'avril 2011 d'une extension du domaine de la régression.

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José Fontaine355 articles

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Né le 28/6/46 à Jemappes (Borinage, Wallonie). Docteur en philosophie pour une thèse intitulée "Le mal chez Rousseau et Kant" (Université catholique de Louvain, 1975), Professeur de philosophie et de sociologie (dans l'enseignement supérieur social à Namur et Mirwart) et directeur de la revue TOUDI (fondée en 1986), revue annuelle de 1987 à 1995 (huit numéros parus), puis mensuelle de 1997 à 2004, aujourd'hui trimestrielle (en tout 71 numéros parus). A paru aussi de 1992 à 1996 le mensuel République que j'ai également dirigé et qui a finalement fusionné avec TOUDI en 1997.

Esprit et insoumission ne font qu'un, et dès lors, j'essaye de dire avec Marie dans le "Magnificat", qui veut dire " impatience de la liberté": Mon âme magnifie le Seigneur, car il dépose les Puissants de leur trône. J'essaye...





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2 commentaires

  • Jean Lépine Répondre

    24 mars 2014

    "Comme dans tout épisode géopolitique, les mobiles des différents acteurs se révèlent très différents des mobiles officiels présentés par les médias. Outre la volonté de faire basculer l’Ukraine dans la sphère d’influence américaine via l’OTAN et l’UE, la crise est également l’occasion pour les USA de promouvoir leurs gaz de schiste dont le prix de marché s’est effondré en dessous du seuil de rentabilité. Une Europe coupée du robinet Russe serait une véritable aubaine pour l’industrie étasunienne du gaz de schiste au bord de la faillite…"
    Je fais mien ce court texte parce que des lectures_nombreuses_me portent à facilement l'approuver suite aux recherches de Naomi Klein, La Stratégie du choc. La montée d’un capitalisme du désastre et d'autres faites par Peter Dale Scott.
    Jean Lépine

  • Archives de Vigile Répondre

    14 mars 2014

    Félicitations, monsieur Fontaine, pour cet excellent article.
    Ce n'est pas rien de rompre la presque unanimité à droite et à gauche (quelle gauche ? ou est-elle ?) sur le drame ukrainien. L'Europe cherchait un ennemi pour se donner un peu de cohésion interne et elle a trouvé... la Russie !
    Mais faire l'Europe contre la Russie c'est se mettre pour toujours dans les bras de Washington. C'est comme cela que notre rêve européen est en train de tourner en cauchemar otanique.
    Le Québec est plongé dans des élections importantes, votre texte magnifique risque de passer inaperçu. Merci en tout cas de l'avoir écrit et de nous avoir permis de le lire.
    Mikel Aralar
    Euskadi (Pays basque)