Boisclair demande aux militants d'avoir le courage de rester

Le président démissionnaire de la région de Québec compare le PQ à l'Union nationale

PQ - leadership en jeu - la tourmente


Québec -- À la suite de la démission fracassante du président du Parti québécois de la région de Québec, Philippe-Edwin Bélanger, le chef du PQ, André Boisclair, a demandé aux militants péquistes d'avoir «le vrai courage» de ne pas quitter le parti et de faire corps avec le caucus.

«Le défi, en ce moment, ce n'est pas de partir. Le défi, c'est de travailler ensemble et de faire équipe comme jamais», a affirmé André Boisclair au cours d'un point de presse tenu après une réunion de deux jours du caucus des 36 députés du PQ. Le chef péquiste était accompagné de la leader parlementaire, Diane Lemieux, et de la présidente du caucus, Agnès Maltais.
Tous les autres députés ont évité la presse, se campant dans le mutisme, la nouvelle consigne qui a cours au sein du caucus du parti. «Les Québécois sont fatigués de voir les membres du Parti québécois se disputer sur la place publique», a dit M. Boisclair, reprenant le message lancé jeudi par son disciple, le député de Gouin, Nicolas Girard. Selon le chef péquiste, il y a «une tradition au sein du Parti québécois qui veut que, parce que quelqu'un a sa propre idée, il oublie la situation de l'équipe et du parti dans son ensemble. Ce comportement doit cesser.»
Jeudi, Philippe-Edwin Bélanger, élu président de la région de Québec en 2005 et vice-président pour la mobilisation à l'exécutif national, a remis sa démission. Il demeure toutefois membre du parti.
En raison de l'instabilité propre à la situation d'un gouvernement minoritaire, Philippe-Edwin Bélanger est partisan de la tenue rapide d'un congrès national -- en 2007 ou tôt en 2008 -- au cours duquel le chef pourrait présenter les nouvelles orientations qu'il entend donner au parti mais où il serait aussi soumis à un vote de confiance. André Boisclair et sa garde rapprochée préfèrent respecter l'échéancier prévu dans les statuts du parti et ne tenir un congrès national qu'en 2009.
«C'est ce que prévoient nos statuts et règlements», a répété à deux reprises André Boisclair. Le vote de confiance pourrait être repoussé aux calendes grecques advenant le déclenchement d'élections hâtives avant le congrès.
«Ce n'est pas parce que, parfois, nous pouvons diverger d'opinion que, pour autant, il faut quitter le parti», a soutenu le chef péquiste. Il s'est défendu de vouloir «faire le ménage» au PQ en se débarrassant des éléments qui le contestent. «Jamais de la sainte vie», a lancé le chef péquiste.
Après avoir affirmé qu'il aurait «le goût de proposer, dans les prochaines semaines, des orientations nouvelles pour le Parti québécois», André Boisclair s'est ravisé: les contours de ce «nouveau PQ» dont il parlait à l'ouverture de la réunion du caucus jeudi ne seront connus que bien plus tard, à l'automne, croit-on.
Le chef péquiste, qui affirmait lors de l'assermentation de ses députés mercredi qu'il fallait «aller chercher des pouvoirs», a réitéré hier son intérêt de faire progresser le dossier constitutionnel. Il a toutefois tiqué lorsqu'un journaliste a assimilé cette démarche à «l'affirmation nationale» préconisée par Pierre Marc Johnson en 1987. «J'ai, à cet égard, un appui très ferme des députés du Parti québécois pour vous dire que la souveraineté du Québec continue d'être au coeur de notre démarche politique, a-t-il dit. Faites confiance aux 36 députés qui sont avec nous pour que jamais on ne rejoue dans ce film-là.»
Quant à la question de son leadership, M. Boisclair a souligné qu'au caucus, personne n'a été «à la recherche d'une solution miracle» pour le parti, personne n'a tenté «de trouver des solutions simples à des problèmes qui sont excessivement complexes». Il a toutefois évoqué le fait que son leadership puisse faire partie du problème. «Les gens comprennent que le problème, ce n'est pas que le chef de l'équipe, que la difficulté ne se trouve pas que là. Elle se situe aussi beaucoup sur le fond des choses.»
Pour Philippe-Edwin Bélanger, la goutte qui a fait déborder le vase, ce fut d'entendre André Boisclair affirmer jeudi qu'il «persiste et signe» en faisant porter la responsabilité des mauvais résultats du PQ dans la région de Québec aux instances locales, qui ont refusé les candidats-vedettes choisis par lui. «Cette semaine, il a encore tapé sur Québec. C'est un diviseur, ce n'est pas un rassembleur.» M. Bélanger accuse le chef d'avoir «torpillé» les candidats à Québec avant, pendant et après la campagne.
Puisqu'il est partisan de la tenue rapide d'un congrès, M. Bélanger n'avait d'autre choix que de partir. «Que ce soit dans le rôle de Brutus ou dans celui du chien docile qui rentre dans le rang, dans les deux cas, ça ne m'intéressait pas», a-t-il dit.
Le militant estime que l'histoire fera sans doute d'André Boisclair un autre Pierre Marc Johnson. Mais le véritable rapprochement qui s'impose, c'est entre le PQ d'aujourd'hui et l'Union nationale des années 70. «L'Union nationale qui a incarné le pouvoir pendant de nombreuses années s'est fait doubler par la gauche, par le PQ, et s'est éteinte. C'est peut-être ce qui nous guette au PQ. Mais on se fait doubler par la droite cette fois-ci.»


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