Bilan de Bali

De Kyoto à Bali


Comme c'est devenu une tradition pour ces parties de bras de fer internationales, la conférence de Bali sur les changements climatiques a frôlé l'échec avant de se terminer par un accord obtenu in extremis. Quelque 190 pays se sont entendus pour amorcer dès cet hiver des négociations visant la conclusion d'un traité de réduction des gaz à effet de serre qui succédera au Protocole de Kyoto.


Les péripéties de cette conférence, dont l'objectif était pourtant relativement modeste, montrent combien il sera difficile d'en arriver à une entente qui fixera pour chacun des objectifs précis. Bali a produit une «feuille de route», mais ce n'est que le timide premier pas d'un marathon d'au moins un an.
Tout au long de ces 10 journées, le gouvernement Harper a été vilipendé pour son attitude à Bali. Il est vrai que vue de 15 000 kilomètres de distance, la performance du ministre de l'Environnement, John Baird, n'a pas semblé particulièrement impressionnante. Cela dit, il faut prendre garde à certaines distorsions.
Ceux qui prétendent que le Canada a joué ou aurait pu jouer un rôle décisif lors de cette conférence se font ou entretiennent des illusions. Le Canada ne pèse pas lourd à côté des gros joueurs que sont les États-Unis, la Chine, la Russie, le Japon, l'Europe, le Groupe des 77 (pays en voie de développement). M. Baird n'aurait pas été présent à Bali que le résultat aurait été exactement le même. Le Canada n'était pas plus en mesure de saboter le processus (les écologistes) que de le faire aboutir (Stéphane Dion).
Quoi qu'en disent les écolos, le gouvernement canadien a eu parfaitement raison de s'opposer à l'objectif chiffré que les Européens voulaient inclure dans la déclaration finale (d'ici 2020 dans les pays développés, émissions de gaz à effet de serre de 25% à 40% plus basses qu'en 1990). Le Canada ne peut tout simplement pas atteindre une cible aussi ambitieuse. Ottawa doit éviter de répéter l'erreur du gouvernement Chrétien, qui a endossé le Protocole de Kyoto sans avoir suffisamment tenu compte des circonstances particulières de l'économie canadienne (notamment l'importance considérable de l'exploitation des ressources pétrolières).
Les Canadiens sont naïfs et leurs politiciens aiment bien les flatter dans le sens de ce poil. D'où cette idée que si le Canada et les autres pays riches «donnaient l'exemple», les géants pollueurs suivraient. Pourtant - l'Histoire en offre des millions de preuves - les bons sentiments n'ont pas leur place dans les relations internationales. L'actuel gouvernement canadien a le mérite d'avoir adopté une position franche et réaliste, qui vise à contribuer à la lutte mondiale contre les changements climatiques tout en préservant les intérêts économiques du pays. Des pays présents à Bali, lequel n'était n'est pas animé précisément par les mêmes motifs?
Ce n'est pas en Indonésie que la performance de M. Baird a été décevante, mais ici, au Canada, où sa détermination est loin d'être évidente. Dès son retour, le ministre de l'Environnement doit redoubler d'ardeur pour que les objectifs de son plan de réduction des GES puissent être atteints, voire dépassés.
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André Pratte876 articles

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[une chronique intitulée « Tout est pourri » (critique de Anne-Marie Gingras) ->http://books.google.fr/books?id=EZWguAMXAtsC&pg=PA27-IA27&lpg=PA27-IA27&dq=pratte+Tout+est+pourri&source=bl&ots=MUti9NTQuH&sig=h2zgJlLgOg844j5ejxnUl4zH2_s&hl=fr&sa=X&ei=73RrT8aQEqnh0QHuh4GyBg&ved=0CEEQ6AEwBQ#v=onepage&q=pratte%20Tout%20est%20pourri&f=false]

[Semaine après semaine, ce petit monsieur nous convie à la petitesse->http://www.pierrefalardeau.com/index.php?option=com_content&task=view&id=30&Itemid=2]. Notre statut de minoritaires braillards, il le célèbre, en fait la promotion, le porte comme un étendard avec des trémolos orwelliens : « La dépendance, c’est l’indépendance ». « La soumission, c’est la liberté ». « La provincialisation, c’est la vraie souveraineté ». « La petitesse, c’est la grandeur ». Pour lui, un demi-strapontin à l’Unesco est une immense victoire pour notre peuple. C’est la seule politique étrangère qu’il arrive à imaginer pour le peuple québécois. Mais cet intellectuel colonisé type n’est pas seul. Power Corp. et Radio-Cadenas en engagent à la poche.





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